05.06.2008

La nouvelle durée de la semaine scolaire

Le décret est tombé le 18 mai 2008. L’organisation de la semaine scolaire D'Ernest et Edmonde s’appliquera dans les maternelles et les écoles, dès la rentrée 2008. Ce sera effectif pour le collège à la rentrée 2009.

1. La durée de la semaine scolaire sera de 24 heures pour tous les élèves.
2. Il y aura désormais 4 jours d’école pour tous les écoliers : les lundis, mardis, jeudis et vendredis.
3. Les journées scolaires seront de 6 heures.
4. Les élèves en difficulté pourront accéder à 2 heures de soutien personnalisé, avec l’accord du ou des parents.

La répartition horaire de la semaine
En CP et CE1, les élèves accompliront :
• 10 heures en français,
• de 5 heures en mathématiques,
• et de 9 heures réparties entre : l’éducation physique, la langue vivante, les pratiques artistiques, l’histoire des arts et la découverte du monde.

En CE2, CM1 et CM2, ils auront :
• 8 heures en français,
• 5 heures en mathématiques
• 11 heures réparties entre : l’éducation physique, la langue vivante, les sciences expérimentales, la technologie, la culture humaniste (pratiques artistiques et histoire des arts), l’histoire-géographie-instruction civique et la morale.

Le conseil d’école pourra demander à déroger à ces règles nationales, mais il semble que la procédure sera plutôt contraignante et l’accord des autorités (Education nationale et mairies, en charge des écoles) distribué au compte-gouttes. Mais nous sommes en France, et les requêtes ne sauraient tarder…

Un petit point de vue
Un fois de plus, ce n'est pas le rythme de l'enfant qui est vraiment au centre de cette organisation. Depuis les travaux du Pr. Montagner dans les années 80', il a pourtant été démontré que des journées plus courtes sur plus de jours seraient meilleures pour bien apprendre.
D'autre part, les matières en élémentaire n'ont cessé de croitre : sciences et vie de la terre (SVT), initiation aux langues étrangères, à l'informatique, à la sécurité routière. Comment faire tenir tout cela en 4 jours ? Cela risque d'être fait au pas de charge.
Enfin, et cela étant dit sans perfidie, le mercredi matin aurait pu être réinvesti pour éviter deux réalités :
- Ernest et Edmonde "gardés" par la télé pendant toute une journée ;
- ou des mamans en 4/5èmes, bien loin d'augenter leur pouvoir d'achat avec les nouvelles heures supplémentaires ou de cotiser à taux plein pour leur future retraite...

20.11.2007

Entrée en 6ème : accompagner la métamorphose

21e615e1b8d23ada0822fdbe2db47cf8.jpgLe "Guide de la réussite scolaire", édité par L'Express & L'Etudiant est paru.
J'y participe à travers un long article sur l'entrée en 6ème.
Comment la préparer en cm2, pourquoi les enfants appréhendent ce qu'ils maîtriseront pourtant le mieux et le plus vite ? Quels sont les incontournables de la réussite de cette rentrée au collège ? Comment négocier ce premier tournant d'émancipation ? Que de questions ! ... et quelques réponses que j'ai rassemblées après enquête auprès de parents, de collégiens, de fédérations de parents, d'un sociologue qui s'est immergé un an durant dans un collège pour étudier ce passage rituel... En vente dans tous les kiosques.

15.11.2007

Parenthèse : la radio de la famille

b096622de4c330772338260e6c0aa3f6.jpgParenthèse radio a été lancée cet automne. Futurs parents, parents de tout petits et de plus grands, grands-parents : Parenthèse vous donne la parole pour dialoguer de tous les sujets qui vous concernent. 60 heures de direct chaque semaine, 7 experts invités chaque jour.

Il vous suffit d'aller sur le site, de choisir l'émission et le thème qui vous concerne et de laisser votre question.

Il est également possible si on ne les capte pas, d'écouter les archives... passionnant !

DIFFUSION : dans l’Est parisien, à Creil (101.3 MHz), Meaux (101.3 MHz) et Melun (97.6 MHz)
et à Clermont-Ferrand (88.1 MHz) et Limoges (90.5 MHz). Mais c'est aussi possible d'y accéder dans le bouquet de l'opérateur FREE / CanalSat.

A découvrir et à utiliser : le site Internet = http://parentheseradio.fr

26.07.2007

Quand Duras parlait d'être heureux à l'école... par l'effort

Aux hasards d'une relecture de Duras, j'ai découvert un article qu'elle avait écrit sur l'école en 1957, dans France Observateur, sur le fait d'évoluer en élève heureux. Curieusement, elle reprenait totalement à rebours l’idée qu’être né dans un milieu aisé serait un avantage dans les petites classes. Elle en faisait d’ailleurs de même de la précocité, triant la véritable de l’artificielle. C’est lumineux.

« Elève Dufresne pourrait mieux faire »
C’est le titre de l’article. Nous apprenons d’ailleurs en amorce de ce texte les conditions d’accueil des enfants à la fin des années 50 et le niveau de maths en CP :

« Dufresne, sept ans, joues de bébé, cheveux en brosse, demande pour la troisième fois d’aller « au petit coin ». Le maître refuse. L’heure est grave : aujourd’hui, on explique « le truc additionnel avec retenue », épreuve du troisième trimestre du cours préparatoire. Cinquante enfants sont là… Le maître commence. »


La bourgeoisie intellectuelle dont est issue Dufresne est démontée comme un cocon qui extrait Dufresne de l’effort et l'entretient comme une plante irriguée par la pensée des adultes cultivés qui l’entourent. Dufresne n’a ni besoin de faire, ni nécessité d’apprendre. Il vit de la pensée des autres. Sa précocité est un leurre.
Fournier son copain de classe, fils de commerçant, travaille et est avide de connaissance. Habitué tout petit à l’effort intellectuel, cela fait partie de sa nature. Apprendre l’enthousiasme. C’est chez lui exponentiel. Il vit l’intellectualité de l’intérieur. Il forge sa pensée. Heureux, le Fournier !

Que vous soyez parent, éducateur, ministre ou journaliste, relisez ce texte de Duras. C’est avant tout bien écrit, perspicace, léger et puissant. Mais c’était en 1957, quand les écrivains étaient éditorialistes de presse…

En parcourant Duras :
- l’article est extrait de "Outside", recueil de ses articles pour la presse, ses écrits "du dehors" comme elle les nommait pour les différencier de l’écriture pure, celle élaborée dans la solitude intérieure. Juste après Dufresne, l’article sur l’illettrisme vécue par une femme interviewée est formidable, (Folio) ;
- Pour ceux qui se demandent ce qu’écrire veut dire : « Ecrire » (Folio) ;
- Pour l’été et ceux qui changeraient bien de vie ou d’orientation : « Le marin de Gibraltar » s’impose, (Folio).

14.05.2007

A Paris, une curieuse enquête sur les enfants

medium_MGEN_Entreprise.jpgDERNIERE MINUTE : cette enquête a été suspendue à la demande de la FCPE, le 21 mai 2007. Je laisse mon article pour qu'il soit possible de juger sur pièce...

Cela s'appelle "Etude sur la santé des enfants dans les écoles primaires parisiennes". De fait, la Ville de Paris et la fondation MGEN entreprise diffusent auprès des parents parisiens une étude que je trouve pour ma part abusive.
Car sous couvert d'enquête anonyme, il y a un N° de référence et l'indication que l'enquête sera reconduite dans 5 ans.

En quoi la mort de l'animal de la famille ? le divorce des parents ? de savoir si un enfant a récemment dormi dans le lit de ses parents et si l'on est dans un état de fatigue ou d'anxiété au moment de remplir ce formulaire a une réelle pertinence ???
Je vous laisse juge : à lire, le questionnaire en direction des parents
Il y a aussi un questionnaire pour les enseignants

J'oubliais. l'enquête ne serait pas parfaite sans l'adjonction du bilan fait par le médecin scolaire. Cela ressemble vaguement à un passage au crible avant une incarcération !!!

23.04.2007

Le vote manuel, belle leçon de citoyenneté

medium_France_tricolore.jpgLe débat est enclenché sur le vote électronique. Il semble tout de même curieux que cette disposition soit sortie au grand jour, à trois semaines du premier tour à la présidentielle et sans que les électeurs aient encore reçu leur carte électorale.

Côté éducation, je prône le vote manuel. Il me semble essentiel de maintenir cette ballade en famille un peu particulière. Vous vous rappelez sans doute vous-même comme un vrai souvenir d’enfance, d’avoir accompagné vos parents à l’école municipale du quartier (tout un symbole, ceci dit en passant) pour les voir voter.

En France, on vote le dimanche, contrairement à beaucoup de pays où cela se passe en semaine, en glissant son bulletin dans l’urne, avant ou après sa pause déjeuner.
Nous, en France, on vote le dimanche. Avant ou après le Poulet-Belle-mère. Du coup, les enfants sont aussi là pour nous accompagner. Et nous avons beaucoup à leur dire à ce moment-là. C’est complémentaire à l’éducation civique scolaire. Parents, une fois de plus, prenez votre part… transmettez !

Donc, on entre dans la cour (super propre la cour), on cherche son bureau de vote. Là, il y a des gens comme nous, enfin encore mieux que nous puisqu’ils passent leur dimanche à proposer des bulletins à l’entrée à leurs concitoyens. Acte gratuit, si il en est.
« Et pourquoi y’en a d’autres à l’autre bout de la pièce qui prennent des notes ? Et pourquoi y’en a un (une) qui reste debout en répétant sans cesse « a voté » devant une grande boîte en plastique ? », s’interrogent la petite Raymonde et l’espiègle Gilbert qui soulève le rideau de l’isoloir comme la jupe d’une fille !. « Non, Gilbert, le vote, c’est secret ». Maman a-t-elle dit « c’est secret », ou « c’est sacré » ? C'est pas le moment de la faire répéter : elle est concentrée. Le p’tit Gilbert sent bien qu'il faut lâcher sur la pitrerie. Les parents ont expliqué à table à quel point c'est du sérieux.

Et bien voilà : voter, c’est exprimer sa voix, tous les citoyens ont une voix et elle compte la même chose, elle a le même poids que celle du jeune black, celle du pâtissier et celle de la mamie qui font ensemble la queue pour atteindre l’urne.
C’est à la fois très secret (son choix) et très public : le nom de papa ou de maman a été prononcé bien haut, avec l’adresse même, et 4 personnes au moins ont été témoins du vote.
Impressionnant.

Face à la dématérialisation étendue de nos actes – écrire une lettre d’amour, retirer de l’argent, payer ses impôts – il est vraisemblable que nous aurons droit au vote électronique généralisé pour la prochaine présidentielle. Outre le risque évident de fraude, il faut s’inquiéter de cette virtualisation de la voix du peuple qui, en France et en Europe, a un privilège si rare en ce bas monde : voter.
Nos enfants doivent être convaincus que notre devoir citoyen est aussi… un droit. Eux aussi demain, auront leur mot à dire…

NB : A lire, et méditer : l'exemple fameux du vote électronique au Brésil.

22.03.2007

Le budget de l'éducation et la cour d'école

medium_cour_d_école.jpgQu’est-ce que les grands chiffres du budget de l’Etat peuvent bien avoir comme rapport avec un parent et un enseignant se rencontrant dans la cour de l’école à propos de ce cher petit Odilon qui a des problèmes en classe ? Rien ? Et bien si tout de même, cela a directement une incidence.
Tenez, je pose le chiffre de 97%, là devant nous. Je le pose en réserve. Nous y reviendrons.

Retour dans la cour de l’école. Dans cette rencontre si banale et si souvent vécue – un parent et un prof « face à face » – il y a dès le début la représentation que chacun se fait de l’autre.

Disons-le, le parent se dit que l’enseignant va remettre en cause son héros de fils. D’abord, le connaît-il ? et puis, cette convocation à 16h30, c’est bien une idée de quelqu’un qui ne travaille pas dans des bureaux ! d’ailleurs, les profs ont beaucoup de vacances ! et ils braillent toujours qu’ils n’ont pas de moyens… alors qu’on en est à 62 milliards d’euros pour le 1er budget de l’Etat ! … Voilà… le disque démarre en même temps que l’enseignant a commencé de poser le problème que rencontre notre cher petit Odilon.

Ca n’empêche pas le prof d’exposer son point de vue, tout en se demandant comment le parent va prendre tout ça. Au lieu de l’écouter sur les soucis de Odilon, un truc dans le regard lui laisse comprendre que le parent pense aussi à autre chose… il le remet peut être en cause, lui, le prof. De toute façon, pour le suivi personnalisé d’Odilon, il faudrait déjà que sa famille ne soit pas en puzzle, que ses parents cessent de se déchirer l'enfant ou d'être des speedés du boulot. Pour Odilon, à la maison comme à l’école, il faudrait plus de temps, des moyens dans l’école, dans cette école.

Or, il y a une instit en congé maternité, le directeur qui a du mal à faire sa classe tout en dirigeant l’école, les livres obsolètes dont on attend la nouvelle édition, le manque de crédits pour faire une sortie avec les enfants.

Et voilà, le bal des représentations est lancé. Odilon irait bien jouer au foot dans la cour avec les copains. Mais les adultes disent qu’il a des problèmes. Lui, il aimerait bien qu’on fasse plus rapide. Pour en finir, quoi.

Ah ! j’oubliais. Les 97% ?

Et bien c’est la masse salariale des personnels sur le budget de l’Education nationale. Reste 3% pour le fonctionnement. Pas du tout dans mon esprit de penser qu’ils seraient trop payés !!!! ou trop nombreux. Contrairement à nos idées reçues, en élémentaire, les instits français sont ceux qui font le plus d’heures en Europe.

Mais il faut avoir ces chiffres en tête pour percevoir qu’un enseignant qui dit manquer de moyens ne dit pas une absurdité. Et que les parents contribuables exaspérés n’ont pas non plus tout à fait tort.

Voilà un casse-tête chinois sans délocalisation possible. Plaçons-le tout en haut de la pile des devoirs du prochain gouvernement. Mais alors... Tout en haut !

NB : Photo Jérôme Charré

20.03.2007

La francophonie : source de biodiversité culturelle

medium_Francophonie.jpgLe 20 mars, partout dans le monde, les 200 millions de francophones célèbrent leur langue maternelle ou acquise. Comme il n’est pas certain que vos enfants en entendent parler en classe, (en tapant le mot « francophonie » dans le site du ministère, on tombe sur le communiqué de presse 2006 du festival « francofffonie » (sic)), je vous propose quelques indices à glisser au dîner de ce soir (demain, vous évoquerez le printemps et la détérioration du climat, vous aurez aussi de quoi faire !!!).

Donc la francophonie, ce sont 200 millions de personnes dans le monde, ce qui n’est pas rien. Avec l’Anglais, le Français est l’une des rares langues étudiées dans tous les pays du monde et l’une des 10 langues les plus parlées sur la planète. Respect.

Son unité est dense car au gré de l’histoire, cette langue s’est harmonisée jusqu’à (c’est une tristesse pour certains d’entre nous) avoir gommé presque tous les accents des terroirs. Plus d’écrivains français à la télé ayant l’accent bourguignon de Colette !
Sa diversité est aussi immense car au gré du temps, certaines appropriations ont donné le créole, le québécois, le Français de Louisiane ou d’Afrique, par exemple. Là les accents et intonations gardent leurs reliefs. Le français est aussi une des langues diplomatiques internationales et la langue officielle des jeux olympiques.

Autant d’occasions d’évoquer aussi l’histoire (parfois dure) de cette présence du français dans le monde. Mais il serait dommage d’enfermer la francophonie dans ses racines coloniales, même s’il faut dénoncer ce passé avec force, ce que quelques auteurs francophones célèbres viennent de faire dans le Monde (édition du 16 mars 2007). Des écrivains qui n’ont pas songé à écrire leur pamphlet ailleurs que dans le quotidien bien parisien du soir, ce qui n’est pas … « fair-play » : cela aurait eu plus de panache dans le Messager du Cameroun, Walf Fajri du Sénégal ou L’Orient-le Jour de Beyrouth, journal dont la lecture est indispensable pour comprendre l’actualité moyen-orientale.

Oui, la francophonie n’est plus ce qu’elle était, et c’est heureux : la mère patrie française enseignant aux peuples ignorants. La francophonie moderne - d'ailleurs fondée par le Sénégalais Senghor, le Tunisien Bourguiba et le Nigérien Diori - est une réalité bien vivante, à faire découvrir d’urgence à nos petits citoyens du monde. Par Internet, par les voyages, par la télévision, ils ont beaucoup à découvrir de ce pays intellectuel partagé au delà des territoires. C’est une ouverture magnifique pour nos enfants que de l’apprendre.

Quelques sources à consulter avec vos enfants :
Toutes les ressources francophones sur Internet. Cela devrait vous contenter tous : parents, enfants, ados et enseignants !
Quelques radios francophones.
Le Messager du Cameroun
Walf Fajri du Sénégal
L'Orient-Le Jour de Beyrouth
L'organisation internationale de la Francophonie, présidée par M Abou Diouf. A lire, une interview de ce dernier inquiet du désamour des Français pour la Francophonie.
Et enfin, l'excellente télévision TV5Monde et son site Internet.

12.03.2007

Le calcul à l'école? La réponse limpide de l'Académie

En vous disant « Un avis de l’Académie des Sciences… », je vous vois déjà tomber en narcolepsie. Et bien réveillez vos préjugés, je vous offre un petit texte limpide. Thème ? Ce que nos académiciens les plus matheux pensent de la place que le calcul devrait réellement avoir dans le parcours scolaire de nos petits enfants.

En relisant cette préconisation, je repense à la fin du film « Le bonheur est dans le pré » : les protagonistes questionnent agacés, un monsieur qui avait la solution à tous leurs problèmes :
- « Ben, pourquoi vous n’avez rien dit ? »
- - Ben, parce qu’on ne me l’avait pas demandé ! ».

Ici, un ministre - M. de Robien, avant d'entreprendre ses cartons - a eu l’idée de questionner des gens pertinents et peu tapageurs. Il faut farfouiller au fond du site Internet de l’Académie des sciences (à découvrir) pour extraire cette pépite intelligente, du reste bien tournée. « Elèves scientifiques de haut niveau, maîtrisant très bien la langue française et sachant travailler en groupe ». 20/20 pour nos académiciens ! Voici leur copie :

1. « L’amélioration souhaitable des performances en calcul à l’issue de l’école primaire requiert des mesures significatives mais prudentes, accompagnées d’analyses plus approfondies et d’expérimentations.

2. Le calcul doit s’enseigner en étroit contact avec les autres matières : français, sciences de la nature, géographie, musique, sport, afin de se référer à des situations concrètes, indispensables compléments et supports du développement des capacités abstraites.

3. Son apprentissage, s’appuyant sur une intuition arithmétique présente chez tous les
jeunes enfants, suppose effort mais aussi jeu. La mise en place d’automatismes
s’accompagne de représentations mentales nouvelles, elle implique réflexion et
compréhension. L’automatisation ne peut qu’être le résultat ultime et naturel d’une
pratique régulière et bien comprise du calcul.

4. L'enseignement du calcul doit commencer par une pratique simultanée de la numération et des quatre opérations, une gradation en complexité se faisant entre maternelle et fin de primaire, jusqu’aux nombres décimaux et aux fractions.

5. La capacité en calcul se développe selon plusieurs modalités, toutes pertinentes, nécessaires et complémentaires :
- calcul mental,
- calcul posé écrit,
- calcul approché,
- calcul instrumenté.
Le premier, omniprésent dans la vie quotidienne, développe la mémoire ; le deuxième, riche de développements ultérieurs, est important pour la structuration des connaissances ; le troisième est essentiel dans les sciences de la nature et la manipulation des ordres de grandeur ; le quatrième doit trouver sa juste articulation avec les autres modalités. Toutes ces modalités de calcul doivent être maîtrisées par le citoyen.

6. L’apprentissage du calcul ne saurait être développé indépendamment de celui de la géométrie. Les liens entre géométrie et calcul doivent être introduits très tôt, d’autant plus que tous ne sont pas immédiats pour l’enfant.

7. L’importance de la proportionnalité dans plusieurs champs disciplinaires, et singulièrement les sciences de la nature, requiert une maîtrise solide de la règle de trois en fin de primaire, et donc d’une certaine manipulation des fractions.

8. Tous les enfants peuvent calculer comme tous les enfants peuvent nager. C’est affaire de volonté, de travail et de plaisir. Les enfants aiment jouer, les jeux sont une source naturelle de calculs, parfois naïfs, parfois subtils, et le calcul lui-même peut devenir un jeu. Nous devons et pouvons avoir l’ambition que tous les enfants aiment le calcul.

08.12.2006

Apprendre la géographie sans perdre le nord !

medium_carte_france.jpg La géographie est une matière du cycle 3 (CE2-CM1-CM2) à la fois enthousiasmante et rébarbative. Comme je le soulignais dans une note précédente sur la dématérialisation de l'argent, le terrain, les fleuves, les monts, les bocages sont plus de l'ordre de l'abstraction que du ressenti. Il est certain que les voyages en voiture sur autoroutes, avec visionnage de dvd incorporé, n'amènent nous plus souvent à parler à de notre petit Gabin et sa soeur Marguerite, des paysages qui défilent et se succèdent.

La géographie est donc pour beaucoup d'entre eux un enseignement purement théorique et difficile à appréhender. Il est donc important que les exemples donnés soient précis. Voilà donc ma surprise en découvrant une carte de France marquée d'une diagonale Sud Ouest / Nord Est expliquant aux enfants qu'à droite, dans la partie sud, se trouvent les montagnes de haute altitude et qu'à gauche, dans la partie Nord se trouvent les plaines.
Ainsi Bordeaux est au nord et le jura au Sud, tandis que le Massif Central fait partie des hauts sommets ! je ne suis pas pour contredire les leçons des enseignants, mais parfois, il faut bien tout de même re-préciser les choses. L'axe virtuel dessiner n'est pas une frontière étanche.Bref, un petit passage par le géonétrie pour rappeler ce qu'est un axe.

Quelques pistes pour que Marguerite et Gabin soient heureux d'apprendre la géographie :
- On regrettera le formidable jeu "Bonjour la France" (de Michèle Finger en 1967) encore présent parfois sur ebay. C'est un jeu de plateau en trois parcours : placer tous les départements / placer tous les chefs lieux / placer toutes les traditions culinaires.
- Actuellement, Nathan commercialise une version très bien faite : le "jeu de la France", à glisser sous le sapin (de quelle région, le sapin ?)
- Enfin, il y a aussi l'initiative d'un professeur vraiment calé en pédagogie et en géographie hexagonale, Bernard Dupriez. J'ai découvert son site par hasard : "Connais-tu la France ?" (www.france.learningtogether.net). Gros travail pour nous offrir une utilisation ludique.