22.07.2008
Devoirs d'été : le chic, c'est le socle !!!
A la rentrée, vous entendrez parler du « Socle commun de connaissances » qui s’applique à tout le primaire. Donc à votre magnifique Auguste et sa soeur, la sportive Muguette. Profitons-en pour en découvrir les grandes lignes et y puiser quelques idées simples et efficaces pour réviser cet été avec les enfants.
Socle commun de connaissances : de quoi s’agit-il ?
Le ministère Robien avait déjà entamé des recentrages en matière de pédagogie et d’objectifs : retour à la dictée, à la méthode de lecture syllabique (bien qu’avec un peu de démarrage global…),etc… Va entrer aussi en lice la refonte de la grammaire pour revenir à des principes plus traditionnels.
Dans ce cadre, la formulation d’un socle commun de connaissances et de compétences se donne pour objectif d’uniformiser et mieux évaluer les acquis des élèves.
Voici les 7 piliers, non de la sagesse, mais du socle :
1. La maîtrise de la langue française
2. La pratique d’une langue vivante étrangère
3. Les principaux éléments de mathématiques et la culture scientifique et technologique
4. La maîtrise des techniques usuelles de l’information et de la communication
5. La culture humaniste
6. Les compétences sociales et civiques
7. L’autonomie et l’initiative
Quel rapport avec nos vacances ?
Et bien, qui dit vacances prolongées des enfants, dit petits devoirs en famille. Pas dans les premiers jours, voués à la décompression des pneus de nos bolides d’enfants. Ils en ont fortement besoin. Mais après quelques semaines, nous parents, nous demandons bien quoi leur faire faire. Il y a toujours les cahiers de vacances, qui contiennent plus de vignettes à regarder que d’exercices.
Solution efficace et pas chère
L’une des solutions les plus efficaces est de plonger dans les cahiers que les enfants ont rapporté à la maison aux derniers jours de l’école et de choisir 10 règles de base pour l’été : en français, grammaire, arithmétique, dates d’histoire, définitions de géographie, mots de langue étrangère. Pas plus ? Non… pas plus. C’est en fait déjà beaucoup. Recopiez le tout dans VOTRE cahier et achetez un cahier par enfant pour faire des exercices écrits, type dessins géométriques, frises (parfaites !), conjugaisons, petites opérations...
Mode d’emploi
On peut opter pour le « tout par cœur », mais juste quelques règles. Par exemple : l’adjectif qualificatif, le passé composé, les formes géométriques (définitions du carré, du rectangle, du triangle, des parallépipèdes, selon le niveau. Choisir du « pratique illustré » en histoire & géo. Interrogez sur les mots d’anglais, style à table : « Comment se dit un couteau, une fourchette, une pomme, une chaise ? ».
L’important, c’est d’entretenir ces 10 règles que vous vous êtes fixées durant l’été. Moins besogneux que le cahier de devoirs. Vous allez apporter votre petite pierre au socle commun de connaissances et de compétences de votre infatigable crawleuse de Muguette et de ce génie du pâté de sable à créneaux qui s'est révélé cet été en la personne d’Auguste. Vous avez vraiment de quoi être fiers !
A lire également :
- Faites ensemble la cuisine pour réviser les notions essentielles
- Pourquoi les voyages forment-ils la jeunesse ?
- Merveilleux calcul mental : combien de fois notre coeur bat-il par jour ?
10:45 Publié dans Devoirs & leçons | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : devoirs, été, 2008, histoire, vacances, enfant, famille
24.04.2008
La transversalité donne du sens aux savoirs
Le côté « disciplines » gagne le primaire qui ainsi copie beaucoup le secondaire. C’est là son plus vilain défaut. Pourtant, seule la transversalité contrecarre l’empilement des savoirs qui vide de sens tout apprentissage.
Matière ou discipline, chacun chez soi
Travailler les savoirs en transversalité n’est pas toujours de mise en classe. Et c’est bien dommage car c’est la seule manière de donner du sens à l’école, du moins à l’idée que les enfants s’en font. Pratiquons donc ensemble, à la maison, cette cohésion des savoirs.
La transversalité… ou l’émulsion des neurones
Apprendre ses multiplications, c’est obligé…
Mais ça sert A QUOI ?
Comprendre en SVT comment « marche » le corps humain, c’est bien… Mais pas toujours facile à appréhender… Ainsi, Muguette et Nicomède pensent sincèrement qu’un ordinateur, c’est plus performant en tant que machine qu’un cœur, par exemple. Allez, jouez la carte de la transversalité.
Question à lancer comme un dé, entre les pâtes au fromage et la compote de pommes (maison ;) :
- « D’après vous, les enfants, un cœur d’homme (ou de femme), ça bat combien de fois par minute ? »
Muguette lève le nez de son assiette et ose : « 20 fois ? »
Nicomède fait monter les enchères : « 100 fois ? »
- Non, en moyenne 70 fois par minute (je choisis 70 pour la table de 7).
« Bon alors, ça nous fait combien de fois par heure ? Et d’abord quelle opération allez-vous faire ? »
- « 70 par 60, normal 60 minutes dans une heure », brandit Muguette, la main levée haut comme en classe, la fourchette en plus.
Sans mentir, vous êtes fier(e) de ce raisonnement… Donc, 4.200 fois par heure. Pas mal, ce cœur…
Et voilà, ainsi de suite : en une heure, en un jour (je vous le dis tout de suite : notre cœur bat 100.000 fois par jour !!!), en une année, en 10 ans et… en 100 ans ?
Nicomède s’interroge : « ça bat aussi vite petit que vieux, un cœur ? »
« Non, cher ami, mais pour l’exemple, il fallait une constante. Les variables et les probabilités, tu verras cela plus tard. »
Muguette, elle, plonge plutôt dans l’anatomie : « C’est incroyable tous ces millions de battements pour une seule machine. Ca ne tombe pas souvent en panne… C’est pas comme ton ordi »…
Nicomède, statisticien, s’interroge encore : « Faudrait aussi savoir combien de fois on a été amoureux en 100 ans, pour que le compte soit juste ! ». Nicomède ne sait pas encore que toutes les amours (féminin !) ne font pas taper le coeur à la même vitesse… question d’expérience…
Oui, la multiplication peut révéler de grandes réalités anatomiques… sans la table de 7, on n’en aurait rien su.
C’est pourquoi, chère Muguette, cher Nicomède, il est vital de l’apprendre cette table de 7 et toutes ses soeurs… par cœur !
17:15 Publié dans Devoirs & leçons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : apprendre ses leçons, devoirs, multiplication, tables, maths, SVT, anatomie
20.03.2008
Pourquoi une mauvaise note est une chance
Georgette a rapporté un zéro (0/20)* de l’école et rase les murs, index vissés aux oreilles pour anticiper vos hurlements. « C’est quoi cette note ??? »... Georgette a tout faux car vous allez la surprendre.
« Il faut que je te dise… »
C’est un signe, Georgette tourne autour du pot et vous sentez bien qu’elle a quelque chose à dire. Elle éviterait sans doute d’évoquer ce sujet pénible s’il n’était pas couronné d’une torture finale : vous demander de signer le chef d’œuvre. Par un phénomène bien connu d’interaction, elle s’attend à vous entendre monter sur vos grands chevaux et à, soit :
- fermer les écoutilles en attendant que l’orage passe ;
- pleurer d’angoisse ou de tristesse en espérant percer le front orageux et attendrir votre cœur de parent, déjà si moelleux…
Dans tous les cas, à l’intuition, elle sait que le temps fera le reste, punition ou pas punition à la clé. Vous criez, elle se recroqueville : c’est interactif. Ce qui est certain, c’est que rien n’aura été réglé… Jusqu’à la prochaine copie colorée en rouge…
Changement de stratégie
Et si on décontenançait Melle Georgette ? Car en tant qu’adulte, nous savons bien qu’une mauvaise note n’est pas la fin du monde (après tout, nous l’avons vécu, n’est-ce pas ? ;). Trouver le pourquoi de la mauvaise note avec l’enfant va permettre deux choses :
- lui éviter de s’enfermer dans la confusion entre soi et la note qui consiste à dire « je suis nul(le) ». Non, c’est la note qui est nulle, pas toi. Le « de tout façon, je suis nul(le) », c’est mauvais pour l’estime de soi et fataliste…
- l’obliger avec sérénité mais fermement à remetttre en cause ce qui s’est passé. Cela demande un peu d’honnêteté et d’engagement : il va être question d'effort.
Poser ensemble le diagnostic
Là, il faut bien poser le cadre : "Je ne te crie pas dessus mais je prends du temps pour toi. Tu respectes donc ce temps de discussion. Autrement, j’en reviens à la punition bête et méchante et c’est idiot, pour toi comme pour moi". Les enfants adhèrent à ce contrat parce qu'il est sensé. Alors ? C’est quoi le problème ? Voici quelques pistes à explorer. Une mauvaise note, cela peut venir de savoirs non acquis ou d’une attitude erronée.
Lacunes et savoirs non acquis
C’est donc la preuve que, quand on dit qu’il faut apprendre ses leçons, ce n’est pas pour embêter les enfants mais parce que cela a des conséquences. (oui, à l'école comme dans la vie, il y a des conséquences à ce qu'on fait ou ne fait pas).
Où se trouve la difficulté ? Soit en tant que parent, on a les moyens de reformuler ; soit il faut trouver quelqu’un (voisin, parent, organisme ou même l’enseignant) pour ré-expliquer. Donc, une mauvaise note, c’est aussi l’alerte d’une lacune et le moment de ne pas la laisser s'incruster. Merci la mauvaise note de nous l’avoir fait remarquer.
Un problème d’attitude ?
C’est l’autre axe d’exploration. Il y a des enfants qui ont les connaissances mais ne savent pas les mettre en œuvre.
- l’enfant lit trop vite l’énoncé (certains pensent que finir le 1er le contrôle, c'est être 1er de la classe !)
- il n’a pas compris l’exercice et part sur de fausses pistes. Il s’entête sur une base absurde et tout est faux. Georgia, prends le temps ! Fais comme au Cluedo, relis 2 fois l'énoncé !
- il est dans la lune et démarre trop tard, tel le lièvre de la fable. Il a fait à peine la moitié des exercices. La moitié des réponses bonnes sur la moitié de faites, ça fait vite 1/4 de la note = 5/20 ;(((
- C’est un grand paniqueur ! cela requiert parfois l'aide d'un thérapeute = à la moindre question, c'est la tétanie. Manque de confiance en soi, pas de place légitime dans ce monde, sentiment d'être usurpateur, estime de soi à zéro... Vous avez dit zéro ????
Autant de pistes qui expliquent le problème de la note en forme de "0".
Créer un chemin ensemble
Lui offrir l’idée que dans la vie, tout le monde un jour « se plante » et que la note (ou l’erreur) doit maintenant appartenir au passé. Qu’est-ce qu’on va construire ensemble, maintenant ? Quel chemin pour changer son attitude devant l’interro ? Ou pour désormais vraiment apprendre ses leçons ?
Vous n’avez pas criez. Georgette n’en est pas revenue. Elle a du entrer dans l’univers de sa note et comprendre qu’elle a un défi à relever et que vous allez l’aider à le relever. Moins de cris, moins de panique, moins de fatalisme. Un chemin, avec du travail nécessaire, pas des punitions en plus. Au boulot, Georginetta !
* Nota bene : le zéro est peu pratiqué de nos jours… quoique ...
17:10 Publié dans Education Maison | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : enfant, école, devoirs, note, dans la lune, élève, carnet scolaire
18.02.2008
La fin de la grammaire générative ?
Le retour à la grammaire classique "sujet-verbe-complément" est donc annoncé. Pour les parents qui ne s'en sortent pas avec les groupes nominaux et autres déterminants, voici un petit rappel du problème à travers deux textes de ce blog.
Qu'en est-il de la grammaire générative ?
Le groupe nominal sujet : notion et fonction
L'année scolaire étant loin d'être terminée, tous les lecteurs de ce blog seront ravis (moi aussi !!!) de profiter de vos lumières et astuces pour gérer efficacement ces leçons de grammaire actuelle.
11:35 Publié dans Cahier de français | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grammaire, français, groupe nominal sujet, devoirs, école, parents, enfants
22.01.2008
Faut-il utiliser Internet pour les devoirs ?
Un exposé sur les gastéropodes ? Fastoche. Tu ouvres Internet et tu pioches ! En es-tu bien sûr Ernest ?
Super pratique le copié collé !
Plus besoin de loucher sur la copie du voisin. Un bon copié collé à la maison et voilà la moitié du devoir de fait. Les enfants raffolent de ce sport adossé à l’idée qu’Internet leur « ouvre l’esprit ». Utiliser comme ça, cela ressemble plutôt à un distributeur de bananes pour singes !
Internet n’est pas une encyclopédie !
Tout d’abord, il faut avoir à l’esprit cette réalité : ce n’est pas parce que des informations sont en libre service qu’elles sont de qualité. Une information de qualité, c’est un contenu vérifié dans sa forme orthographique comme dans la véracité des idées mises en ligne. Le grand « dealer » de ressources documentaires de nos enfants s’appelle « Wikipédia ». Bien que des modérateurs soient venus récemment mettre un peu d’ordre dans les contenus, le nom même du site l’indique : le « wiki », c’est une forme de publication d’infos partagées et partageables offrant la possibilité à tout internaute de modifier une page pour agréger du texte ou corriger. Quelle est l’évaluation mondiale des contributeurs ? Mystère et boule de gomme. Tout au plus le respect des bonnes mœurs est surveillé. Mais une date de naissance de personnage célèbre erronée, la présence de tel ou tel animal sur tel continent. Qui le vérifie ?
Les enseignants surfent aussi
N’oubliez pas de le rappeler à votre cher Georges et aussi à Mam’zelle Marthe : leurs profs surfent aussi et tapent les mêmes mots clés dans les moteurs de recherche. Car nos petits héros, non contents de pomper, pompent la plupart du temps sur la première page de résultats ! En copiant collant à l’inverse un morceau de texte du prétendu devoir, les enseignants ont tôt fait de remonter au texte en ligne… Fastoche aussi dans ce sens-là !
Chercher, c’est aussi apprendre
Au-delà de ces facilités qui pourraient faire sourire, il est urgent de prendre conscience de l’importance d’apprendre à chercher, trier l’information, la hiérarchiser. Par exemple, trouver les caractéristiques essentielles à retenir sur la morphologie et le comportement des lézards, sujet d’exposé de George. Ecarter la digestion si ce n’est pas important, retenir la perte de la queue en cas de danger, car c’est rare et significatif. Autrement, devant tous les médias à venir (leur téléphone portable est la prochaine cible), ils se comporteront comme des little monkeys prêts à appuyer sur n'importent quelle touche pour une info promise et peut-être tordue. Chercher, trier, articuler l'info... leur offrir l'opportunité de l'apprendre, c'est leur permettre aussi, demain, de ne pas gober n'importe quoi sous l'injonction d'un "CLIQUER ICI !".
14:17 Publié dans Devoirs & leçons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Internet, 2008, école, famille, société, devoirs, Enfants
14.01.2008
Le groupe nominal sujet : notion et fonction
Bon. Ceci est un casse-tête chinois pour parents désemparés… avec solution intégrée. Je vous propose une piste d’explication pour apaiser petits et grands. J’avais déjà traité du GN (groupe nominal). Quid du GNS ?
Envergure du problème
Nous en sommes tous passés par là : la grammaire n’est plus celle que nous avons apprise. Je reviens sur le GNS, autrement dit le groupe nominal sujet car la confusion règne. J’avoue avoir mis un peu de temps à faire le tri.
Deux concepts, une confusion
D’abord, il faut poser le 1er concept. Qu’est-ce qu’un groupe nominal ? « C’est un groupe de mots dont le CHEF est un nom ». Soit : « le petit garçon ». « Garçon » est le chef du GN.
Là où les enfants décrochent, c’est que l’enseignant passe souvent dans la foulée au 2ème concept : le groupe nominal sujet.
GROSSE ERREUR de communication ! Car le 1er concept, c’est la CONSTRUCTION du groupe nominal, alors que le 2ème concept, c’est l’une des FONCTIONS que peut prendre ce groupe nominal. Hors, faute d’en faire la remarque à Yvonne et Prosper, ces derniers (et tous leurs copains) traduisent que ce sont là deux sortes de groupes nominaux distincts.
Exemple : « le petit garçon » va à l’école
- « Le petit garçon » est un groupe nominal. Il se trouve que ce groupe nominal est sujet de la phrase.
Exemple : « Nous avons vu le petit garçon »
« Le petit garçon » est toujours un groupe nominal. Mais sa fonction est d’être ici complément.
Repartons maintenant du sujet
Pour éclairer la lanterne d’Yvonne et Prosper, repartons du sujet qui peut être de 4 natures différentes : un nom propre, un groupe nominal, un article, un verbe à l’infinitif. Nos deux piou-piou peuvent vérifier par eux-mêmes que :
§ Un groupe nominal peur avoir fonction de sujet
§ Mais que tous les sujets ne sont pas des groupes nominaux
§ un groupe nominal peut avoir un autre rôle dans la phrase que d’être un sujet.
Cette clarification est essentielle pour que les enfants n’apprennent pas ces leçons de grammaire dans la confusion la plus complète. Elaborer une phrase, faire les accords (on accorde avec le CHEF du groupe nominal), c’est bien difficile si on confond construction et fonction, n’est-ce pas ?
Si vous avez des pistes d’explication pour d’autres notions, n’hésitez pas !
Voici un premier texte de ce blog sur la grammaire casse-tête :
Qu'en est-il de la grammaire générative ?
11:45 Publié dans Cahier de français | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : grammaire, français, groupe nominal sujet, culture, leçons, école, devoirs
07.04.2007
Vacances de Printemps, de l'air et quelques devoirs
Les vacances de printemps se vivent sous le signe du plein air. Les enfants ont besoin de se dégourdir et ces 15 jours sont les bienvenus. Sans jouer les rabat-joie, aidons-les à ne pas perdre le fil de l’école.
Les enfants ont tendance à penser qu’après ces vacances dites autrefois « de Pâques », l’année scolaire s’achève. Certes, le mois de mai et ses ponts, juin et ses dimanches occupés à fêter les mamans, les papas, les jeunes mariés, les communiants, tout cela inondé d’un beau soleil, laisse penser que la boucle est bouclée.
Et bien, loin de là. Et surtout pour les enfants un peu – ou beaucoup – en difficulté. Une bonne dernière période, ça ne doit pas se négliger.
Sur 15 jours de vacances, retirons 2 jours d’allers et venues : restent 13 séances. A raison de 20 mn la séance, cela fait un peu plus de 4H de travail. Avec des séances d’une demie-heure, cela fait 6,5 heures. Cela suffit amplement.
L’important est de ne pas en faire trop, mais d’imposer une grande régularité, sous forme d’un contrat qui ne se re-négocie pas : « Tous les matins après le p’tit déj, on s’y met pour 20 mn. » Ou si les parents travaillent, « 20 mn avant le bain du soir ».
Quoi faire ? Le mieux est de prendre les cahiers et livres de classe et de se préparer sur un cahier un petit bouquet des « essentiels » à réviser. A moins qu’il y ait des devoirs, cela évite d’emporter le cartable en vacances.
Evidemment, il faut privilégier les notions où l’enfant semble avoir des difficultés (relisez les commentaires). C’est le moment, calmement, de revoir ensemble le rôle du groupe nominal, le système des retenues ou les différents types d’angles.
Quelques petites leçons de grammaire ou un peu de conjugaison. Autre sujet, les tables de multiplication : les savoir, puis gagner en fluidité pour les réciter sans hésiter. Avec un chronomètre, ça peut devenir un jeu aussi drôle qu’un Pictionnary!
Et puis, ancrez ces notions dans le concret : faites leur compter mentalement le prix de la tournée de glaces avant que le marchand ne donne la solution, pesez ensemble des aliments, faîtes leur écrire 3 phrases sur ce qu’on a fait hier, ce qu’on est en train de faire, ce qu’on fera demain, ce qu’on ferait si… Et soulignez-leur bien que toutes ces notions servent dans la vraie vie.
Enclencher à Pâques ce petit réflexe, c’est aussi engranger pour les grandes vacances. J’insiste sur la légèreté de la démarche : faites 10 mn si 20 paraissent conflictuelles. Mais faites-le.
Pour les parents qui ont eux-mêmes du mal avec ces savoirs ou ne sont pas très à l’aise pour expliquer, il y a parfois des soutiens extérieurs. Je ne m’attarderai pas sur les entreprises cotées en Bourse (le procédé m’agace un peu), mais l’entraide bénévole existe aussi. Il ne faut pas hésiter à chercher.
Enfin, acheter des livres en début de vacances, ce serait aussi un bon petit plan ;))
08:29 Publié dans Devoirs & leçons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : devoirs, vacances, école, parents, enseignants, grammaire, calcul
14.11.2006
Ces chers cours de soutien scolaire faits par des profs
Loin de moi de vouloir entrer dans le débat politique. Mais pour avoir interviewé quelques-uns des acteurs du marché du soutien scolaire, je peux témoigner que leur argument de vente auprès des parents, c'est que eux proposent du "vrai" soutien, c'est-à-dire avec des enseignants en exercice (ou à la retraite), et pas avec des étudiants.
Ces entreprises qui jouent parfois un rôle mais jouent surtout avec la hantise de l'échec scolaire sont désormais de bonnes affaires cotées en Bourse où elles font merveille, d'ailleurs. Leurs prestations via le CESU, sont défiscalisables, pour les familles qui le peuvent.
Comment des parents entrent-ils dans cette logique : mon enfant a de mauvais résultats à l'école, donc je paie un enseignant d'ailleurs qui fait des piges pour lui faire refaire ce que l'enseignant en titre ne parvient pas à faire ??? Sans doute le prof de soutien est-il lui-même mis en cause par certaines familles de ses propres élèves !!! On pourrait imaginer qu'un jour, ce soit une seule et même personne qui officie en classe et joue les sauveurs le soir, comme un comédien joue plusieurs rôles. Cela s'appelle un cercle vicieux.
Cela soulève bel et bien, en tout cas, que la qualité relationnelle y est pour quelques chose.
Au lieu de nier en bloc ce qu'une responsable politique a posé sur la table, et qui est une évidence, mieux vaudrait gérer ces réalités-là :
- il y a des profs qui arrondissent leurs fins de mois par cette activité ;
- il y a des familles ayant le sentiment que quand "ça ne va pas à l'école", ce n'est pas à l'école qu'ils trouveront la solution.
Des remèdes ?
09:25 Publié dans Devoirs & leçons | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : devoirs, soutien scolaire, ségolène royal, enseignant, prof, éducation, école
03.10.2006
Devoirs : petites recettes pour apprendre un poème
Hugo (ou Léna, ou...) rentre à la maison avec un poème à apprendre. L’intéressé(e) est plutôt réfractaire, ascendant « De toute façon, j’y arriverai pas !». Non pas qu’il soit, d’emblée, un opposant farouche à la poésie du monde.
Non. C’est qu’il ne sait tout simplement pas comment gérer cet exercice de mémorisation.
Tiens, avant de vous en prendre à sa mauvaise volonté, une question personnelle : de quand date le dernier poème (ou autre) que vous avez appris, vous, par cœur ?
Allez… quelques pistes pour aider notre petit écolier :
+ D’abord, c’est un exercice de mémoire. Donc, on coupe la musique et la télé, on s’assoit bien confortablement. Pour les plus bloqués, on respire bien profondément 2 ou 3 fois pour lâcher les tensions.
+ Ensuite : on observe le texte, sa construction, comme un alpiniste repère sa voie royale. Un poème, cela s’organise en strophes et en phrases qui riment. Autant de points d’ancrage pour mémoriser.
+ Combien de strophes, et dans chaque strophe, combien de vers ? Ca y est, il va être possible de découper pour mieux mémoriser. D’autant plus que bien des poèmes contiennent des répétitions de vers (une fois repérées, c’est autant de lignes en moins à retenir).
+ Autre chose à dire à l’enfant : il faut lire plusieurs fois, à haute voix. Pourquoi ? parce que tes yeux enregistrent les mots comme une caméra et que ta voix permet à ton cerveau d’enregistrer comme un magnéto. Qu’il soit plutôt visuel ou auditif, l’enfant ainsi s’adapte.
+ Enfin, ne pas hésiter à lire une première fois le poème avec l’enfant, lui faire visualiser les images voulues par le poète : c’est plus facile d’apprendre quand on a l’image d’un petit cheval blanc qui avait du courage sous le mauvais temps. On peut aussi mimer la scène, ils adorent : la tempête, l’ogre ou le renard alléché…
+ Dernière piste : s’assurer que l’enfant a bien compris tous les mots : c’est très dur d’apprendre du charabia ! ainsi, dans l’exemple ci-dessous, le mot crêpe n’est pas un dessert breton !
A l'enterrement d'une feuille morte
Deux escargots s'en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes
Ils s'en vont dans le soir
Un très beau soir d'automne
Arrêtez le Sudoku, essayez vous-même d’apprendre un poème de vos enfants. C’est rouillé là-haut ? il est temps de vous intéresser à votre mémoire !!!
12:20 Publié dans Devoirs & leçons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poème, pédagogie, école, éducation, mémoire, devoirs
19.09.2006
Rentrée scolaire : premier bilan à la maison
Deux bonnes semaines que nos héros sont rentrés en classe. Avec plus ou moins de bonheur. C’est donc pour nous, parents, le moment de faire un peu le point. Oui, cela fait parti de notre rôle de maintenir un cadre sans pression mais qui tranquillise notre enfant. Petit tour d’horizon :
D’abord, le matériel :
- a-t-il tout ce qu’il faut dans sa trousse ? Faire le point avec le dit propriétaire de la trousse, censé en devenir aussi le gestionnaire ;) Mais s’il est petit, normal qu’il oublie de vous dire que son bâton de colle est fini ou qu’il en a perdu le bouchon.
- Les cahiers et livres : sait-il rapporter les bonnes affaires ?
Puis les consignes :
- Ait-il dans le rythme de sa classe. Pour le savoir, mieux vaut en douceur lui donner un signal fort. Nous nous sentons concernés par son travail. Pourquoi ne note-t-il pas ses devoirs ? Oublie ses affaires ? Peut-être est-il trop lent ? Ou sans conscience qu’à l’école, « c’est obligé de le faire » ?
Le travail scolaire :
- Ca lui plaît ? Vous pouvez être emphatique et le féliciter avec bonheur. Ils adorent notre adhésion, en général.
- Mais, si ça lui plaît « moyen »… Pourquoi ? Ne laissons pas filer le temps. Interviewé votre enfant. Surtout, laissez des blancs dans la conversation, incitez-le à « dire », en le réconfortant. Cela vous permettra de préparer le 4ème point ci-dessous
Et la maîtresse :
Utilisez le carnet de correspondance et proposez-lui un rendez-vous. Pas pour brailler, j’espère ! Mais pour entamer une relation constructive. Si vous avez bien cerné le problème de début d’année avec votre enfant, je parie que vous serez étonné : elle aussi, la maîtresse a des trucs à dire et souvent les mêmes.
Bon, on respire bien, on met ses bras en avant, un peu arrondis comme pour enlacer quelqu’un et on imagine qu’au milieu de ce cercle, il y a la scolarité de son enfant. Protéger, entourer, mais laisser de l’air. Emouvant et passionnant, non ?
18:13 Publié dans Devoirs & leçons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Education, élève, enseignant, devoirs, école, psychologie, enfant







