01.09.2008

Rentrée scolaire : cadrez, organisez, parlez !

Les cartables sont au carré, la semaine de 4 jours entre en vigueur. Chaque rentrée a son millésime, côté institution scolaire. Et vous, quelles seront vos bonnes résolutions ?

Côté parent : encadrez pour rassurer
L’école fait son job que vous jugez à votre convenance. Mais de votre côté, comment allez-vous lancez cette année scolaire ? Le plus beau cadeau que vous puissiez faire à Achille et Solange, c’est de créer pour eux un cadre dès aujourd’hui. Notez que « cadre » est une notion d’espace ; « aujourd’hui » une notion de temps. Les deux ont de l’importance. Dès maintenant, posez ce qui sera possible ou non, accepté ou interdit dans la semaine scolaire. Ecrivez-le pour vous-même avant d’engager la conversation avec vos jeunes héros. Par exemple :

- L’heure de réveil et l’heure de coucher ;
- Les modalités de retour à la maison ;
- La place des devoirs : faites en sorte d’installer une suite logique : tu rentres, tu goutes, tu joues 20 minutes. Là, les devoirs. Ce ¼ d’heure ou cette heure ne se renégocie plus de toute l’année.
- La venue des copains ;
- Le choix du sport de l’année,
- Les petits "plus" du mardi soir (pas d’école le lendemain) sans faire n’importe quoi, au risque de massacrer leur biorythme. etc…


Evidemment, il y a des risques de dérapage en cours d’année, mais ce cadre une fois posé, tel un contrat de confiance, va vous permettre de re-cadrer, c’est le cas de le dire, si besoin est. Et, cela se vérifie dans la vraie vie : c’est très rassurant pour les enfants.

Organisez ensemble
Là encore, il est peu probable que votre Achille, 7 ans sous la toise, sache comment gérer sa chambre qui est aussi son lieu de travail. Ou que Solange 10 ans, mette en place des temps dévolus au téléphone avec ses copines. A vous d’organiser, de structurer les placards et les tiroirs du bureau, d’aménager un peu de place pour les classeurs. Ne rangez pas forcément à leur place, n’organisez pas sans eux. Mais pilotez l’opération pour qu’on soit bien d’accord sur quoi se range où. Cela évitera les matins paniqués où les chaussures de foot ou la palette de peinture sont introuvables.

Parlez !
Parlez de l’école avec vos enfants, un petit peu chaque jour. A mesure qu’ils grandissent, ils apprécient moins l’exercice. Perfusez quand même la conversation familiale de questions sur les profs, la maîtresse, les difficultés du moment. Question bête : « Où te sens-tu le moins à l’aise ? ». « Quelle est la notion, la leçon, la plus dure à comprendre pour toi ? ». Etonnamment, vos enfants vous livreront un très bon diagnostic. Vous y gagnerez pas mal de temps pour mettre en place de l'aide.

Voilà, ce ne sont que quelques pistes pour bien débuter l’année. Tout ce qui aura été négocié en amont facilitera le quotidien. Il ne sera plus question de revenir là-dessus. Le confort, quoi !

A lire aussi, mes notes de l'année dernière qui n'ont pas vraiment vieilli :
"Temps scolaire : c'est la journée qu'il faut changer !"
"Trop de rabâchage, pas assez de soutien"
"Ne ratez pas la réunion parents-profs de la rentrée !"

16.05.2008

Lire Heureux à l'école à partir de ses héros

Cette page vous permet de lire le blog autrement, et de retrouver tous les héros du blog...
La liste est loin d'être exhaustive et sera complétée au fur et à mesure. Laissez vos commentaires au gré de vos lectures...

Achille et Solange = "Rentrée scolaire, cadrez, organisez, parlez !"
Adolphine = "Le cahier", film à voir et discuter avec vos enfants
Anatole et Philiberthe = Contre la violence sur enfants prônée par Naouri
Anselme = T'en veux une ? Non merci
Arsène et Jeanine = Temps scolaire : comment situer nos enfants dans la durée ?
Christiane et Roger = Ricochet, le portail européen de la culture jeunesse
Ernest et Calixte = ils donnent tout sur "recupe.net" !
Eustache et Adèle découvrent les Fourberies de Scapin
Garance = , en CE1 et ses heures de devoirs !
Gaston et Simone = Nos enfants se dispersent : nous optons pour le zen
Georges et Marthe = Faut-il utiliser Internet pour les devoirs ?
Georgette = Pourquoi une mauvaise note est une chance
Georgette et Marcellin La passion Léonard de Vinci
Germain Contradiction 5 nos enfants et les déclages horaires
Honorine et Barnabé adorent voyager en voiture pour jouer aux "Yeux de lynx"
Jacotte Les enfants, l'argent et le virtuel
Louisette, Madeleine, Gaston et Gustave Pourquoi les voyages forment-ils la jeunesse ?
Mathurin et Adélie Parrainent un enfant du monde pour grandir solidaires
Marius L'orthographe, les parents et la citoyenneté
Muguette et Nicomède La transversalité donne du sens aux savoirs
Odilon Le budget de l'éducation et la cour de l'école
Raymonde et Gilbert assistent à un vote manuel : belle leçon de démocratie
Suzanne et Gibus Apprendre l'anglais avec Nintendo
Yolande et Firmin La géolocalisation pour faire... pipi
Yvette = MP3 : injectez de la culture musicale
Yvonne et Prosper = Le groupe nominal sujet : notion et fonction

20.03.2008

Pourquoi une mauvaise note est une chance

Georgette a rapporté un zéro (0/20)* de l’école et rase les murs, index vissés aux oreilles pour anticiper vos hurlements. « C’est quoi cette note ??? »... Georgette a tout faux car vous allez la surprendre.

« Il faut que je te dise… »
C’est un signe, Georgette tourne autour du pot et vous sentez bien qu’elle a quelque chose à dire. Elle éviterait sans doute d’évoquer ce sujet pénible s’il n’était pas couronné d’une torture finale : vous demander de signer le chef d’œuvre. Par un phénomène bien connu d’interaction, elle s’attend à vous entendre monter sur vos grands chevaux et à, soit :
- fermer les écoutilles en attendant que l’orage passe ;
- pleurer d’angoisse ou de tristesse en espérant percer le front orageux et attendrir votre cœur de parent, déjà si moelleux…

Dans tous les cas, à l’intuition, elle sait que le temps fera le reste, punition ou pas punition à la clé. Vous criez, elle se recroqueville : c’est interactif. Ce qui est certain, c’est que rien n’aura été réglé… Jusqu’à la prochaine copie colorée en rouge…

Changement de stratégie
Et si on décontenançait Melle Georgette ? Car en tant qu’adulte, nous savons bien qu’une mauvaise note n’est pas la fin du monde (après tout, nous l’avons vécu, n’est-ce pas ? ;). Trouver le pourquoi de la mauvaise note avec l’enfant va permettre deux choses :
- lui éviter de s’enfermer dans la confusion entre soi et la note qui consiste à dire « je suis nul(le) ». Non, c’est la note qui est nulle, pas toi. Le « de tout façon, je suis nul(le) », c’est mauvais pour l’estime de soi et fataliste…
- l’obliger avec sérénité mais fermement à remetttre en cause ce qui s’est passé. Cela demande un peu d’honnêteté et d’engagement : il va être question d'effort.

Poser ensemble le diagnostic
Là, il faut bien poser le cadre : "Je ne te crie pas dessus mais je prends du temps pour toi. Tu respectes donc ce temps de discussion. Autrement, j’en reviens à la punition bête et méchante et c’est idiot, pour toi comme pour moi". Les enfants adhèrent à ce contrat parce qu'il est sensé. Alors ? C’est quoi le problème ? Voici quelques pistes à explorer. Une mauvaise note, cela peut venir de savoirs non acquis ou d’une attitude erronée.

Lacunes et savoirs non acquis
C’est donc la preuve que, quand on dit qu’il faut apprendre ses leçons, ce n’est pas pour embêter les enfants mais parce que cela a des conséquences. (oui, à l'école comme dans la vie, il y a des conséquences à ce qu'on fait ou ne fait pas).
Où se trouve la difficulté ? Soit en tant que parent, on a les moyens de reformuler ; soit il faut trouver quelqu’un (voisin, parent, organisme ou même l’enseignant) pour ré-expliquer. Donc, une mauvaise note, c’est aussi l’alerte d’une lacune et le moment de ne pas la laisser s'incruster. Merci la mauvaise note de nous l’avoir fait remarquer.

Un problème d’attitude ?
C’est l’autre axe d’exploration. Il y a des enfants qui ont les connaissances mais ne savent pas les mettre en œuvre.
- l’enfant lit trop vite l’énoncé (certains pensent que finir le 1er le contrôle, c'est être 1er de la classe !)
- il n’a pas compris l’exercice et part sur de fausses pistes. Il s’entête sur une base absurde et tout est faux. Georgia, prends le temps ! Fais comme au Cluedo, relis 2 fois l'énoncé !
- il est dans la lune et démarre trop tard, tel le lièvre de la fable. Il a fait à peine la moitié des exercices. La moitié des réponses bonnes sur la moitié de faites, ça fait vite 1/4 de la note = 5/20 ;(((
- C’est un grand paniqueur ! cela requiert parfois l'aide d'un thérapeute = à la moindre question, c'est la tétanie. Manque de confiance en soi, pas de place légitime dans ce monde, sentiment d'être usurpateur, estime de soi à zéro... Vous avez dit zéro ????
Autant de pistes qui expliquent le problème de la note en forme de "0".

Créer un chemin ensemble
Lui offrir l’idée que dans la vie, tout le monde un jour « se plante » et que la note (ou l’erreur) doit maintenant appartenir au passé. Qu’est-ce qu’on va construire ensemble, maintenant ? Quel chemin pour changer son attitude devant l’interro ? Ou pour désormais vraiment apprendre ses leçons ?

Vous n’avez pas criez. Georgette n’en est pas revenue. Elle a du entrer dans l’univers de sa note et comprendre qu’elle a un défi à relever et que vous allez l’aider à le relever. Moins de cris, moins de panique, moins de fatalisme. Un chemin, avec du travail nécessaire, pas des punitions en plus. Au boulot, Georginetta !

* Nota bene : le zéro est peu pratiqué de nos jours… quoique ...

22.02.2008

Rentrée scolaire 2008 : qui est vraiment contre ?

Annoncée en février, le retour aux traditions fait râler un peu. Juste un peu. Car dans le fond, enseignants et parents ne sont pas si mécontents que cela.

Nouvelle répartition horaire
• Les horaires reviennent se caler sur les matières. Cela est moins favorable à l’interdisciplinaire mais c’est plus lisible.
• Français et mathématiques redeviennent les « matières premières » : cette idée n’est pas une nouveauté car ces matières l’ont toujours été.
• Le Français est doté de 10 hebdomadaires en cycle 2 et de 8 heures en cycle 3 (du CE2 au CM2).
• Le sport passe de 3 à 4 heures par semaine. S’ils avaient pu transformer cela en une vraie après-midi de sport gratuit le mercredi et ainsi favoriser une heure de moins par journée d'école… nous aurions fait un grand pas dans les rythmes scolaires et l’occupation des enfants en milieu de semaine. (Les mamans retireraient aussi ½ journée de temps partiel, donc augmenteraient leur pouvoir d'achat).

Les disciplines sur le chemin des traditions
• La grammaire revient au sujet-verbe-complément. Vous connaissez ma démonstration sur la grammaire générative ;)
• L’orthographe redevient un exercice à part entière. Oui, mais il faudrait être honnête. Les enfants acquièrent surtout l’orthographe dans leurs 1ères années de lecture. L’orthographe, cela s’incorpore par la lecture, avant une explication structurelle rébarbative.
• Les enfants doivent savoir leurs conjugaisons à tous les temps de l’indicatif (futur antérieur et plus-que-parfait y compris). Franchement, si on comprend la construction du passé composé (auxiliaire au présent + participe passé), on peut retenir le futur antérieur (auxiliaire au futur + participe passé).
• La récitation et les rédactions reprennent du service. Les poètes sont si peu achetés en livres de nos jours que leur reconnaissance culturelle à l'école est un beau geste. Savoir utiliser sa mémoire et rédiger, cela permettra toujours de survivre quand l'électricité et tous nos joujous électroniques seront en panne...
• Les 4 opérations de calcul et la règle de trois doivent être maîtrisées. Cette perte de compétence est issue depuis 40 ans de la montée en puissance des machines. Pourquoi apprendre à calculer mentalement ? Pour ne pas se faire berner, pour compter ses sous, pour se situer citoyennement, pour peut-être inventer les machines de demain et bricoler plus efficacement…
• L’Histoire redevient une vraie discipline… traitée de manière chronologique en s’appuyant sur les grandes figures. De la chronologie oui, mais des mauvaises photocopies non ! Les enfants d’aujourd’hui vivent avec d’autres supports. Arrêtez cet enseignement rebutant ! Vite, un quizz Histoire sur Nintendo !!!

Deux nouvelles disciplines
• L’Histoire de l’art fait une entrée remarquée dès le CP et se trouve reliée aux périodes de l’Histoire. 20 heures annuelles sont prévues en cycle 3. Pour avoir dispenser des cours d’Histoire de l’art dans une école d’ados en échec scolaire, je peux affirmer que l’art permet de faire passer beaucoup, beaucoup de savoir et… ouvre le regard.
• Le développement durable s’invite aussi tant dans les cours de géographie qu’en science. Là aussi, il faut changer les supports d’activité.

Promotion du civisme
Cela s’appelle « l’instruction civique et morale ».
• On revient aux grandes maximes : « La liberté de l’un s’arrête où commence celle d’autrui »).
• Les enfants découvrent les règles qui régissent la société et les institutions.
• Des notions comme la France, la nation, l’Europe, la francophonie doivent être connues.

Attention soutenue à la maternelle
Elle prépare explicitement les enfants à l’apprentissage du Français et des mathématiques.

20.02.2008

"Le cahier", film à voir et discuter avec vos enfants

9324238a0ea1df900dbc32e30b92e544.jpgSi Adolphine, votre ado en vrac, râle pour aller en cours, invitez-la à un rendez-vous cinoche décapant. « Le cahier » de Hana Makhmalbaf est totalement bouleversant.

Le cahier est une fiction mais le décor afghan, au pied des grottes aux bouddhas dynamités où survivent des gens abîmés par le chaos, dit combien la réalisatrice colle à la réalité effarante de cette région.

Au bas des montagnes, une petite fille de 6 ans entend son voisin du même âge réciter l’alphabet. C’est décidé, par tous les moyens, elle va trouver des sous pour acheter SON cahier et aller à l’école. Le film raconte son épopée, entre tendresse et saccage perpétuel d’une envie d’apprendre, entre paysages absolus et destin implacable : pas moyen d’aller naturellement à l’école quand on est une petite afghane et que les garçons du village jouent à jouer aux Talibans, en la traitant d’impie. Et lui piquent son cahier. Non, ils ne le piquent pas : ils le déchirent sous ses yeux. Les mêmes plus tard, joueront à jouer aux Américains en la traitant de dangereuse musulmane.

Il est bien difficile avec des mots sur un petit blog de raconter le vertige de ce film. Le titre en anglais en dit plus long que le minimalisme de la traduction française : « Buddha collapsed out of shame » : « Boudha s’effondra de honte ». Il y a de quoi.

Adolphine, en sortant de là, ne doit pas pour autant porter toute la culpabilité du monde sur son dos. Ce n’est pas ce qu’il faut imposer à nos enfants. Ni la torture faite jadis aux enfants, ni la souffrance des vivants. Mais comprendre qu’il faut, comme disait Yourcenar vivre debout, « les yeux ouverts », et réinvestir, pour soi, le goût d’apprendre. Pour enrichir sa vie plutôt que pour faire plaisir aux profs ou aux parents. Ou, dans une équivalence symétrique, pour les "emmerd....".

Côté savoir, toujours, c'est de soi-même dont il s'agit. De sa propre trajectoire, de sa propre émancipation : la petite fille du film le cahier nous en persuade implacablement.

Je vous propose, en guise de lien, un site pour ouvrir les yeux sur la francophonie : le site français des iranophiles qui cite ce film : www.mizerhger.com. Allez en découvrir le forum plein de surprises.

Et puis la bande annonce. Je ne vois pas comment vous allez faire pour ne pas y aller !

18.02.2008

La fin de la grammaire générative ?

Le retour à la grammaire classique "sujet-verbe-complément" est donc annoncé. Pour les parents qui ne s'en sortent pas avec les groupes nominaux et autres déterminants, voici un petit rappel du problème à travers deux textes de ce blog.

Qu'en est-il de la grammaire générative ?

Le groupe nominal sujet : notion et fonction

L'année scolaire étant loin d'être terminée, tous les lecteurs de ce blog seront ravis (moi aussi !!!) de profiter de vos lumières et astuces pour gérer efficacement ces leçons de grammaire actuelle.

22.01.2008

Faut-il utiliser Internet pour les devoirs ?

Un exposé sur les gastéropodes ? Fastoche. Tu ouvres Internet et tu pioches ! En es-tu bien sûr Ernest ?

Super pratique le copié collé !
Plus besoin de loucher sur la copie du voisin. Un bon copié collé à la maison et voilà la moitié du devoir de fait. Les enfants raffolent de ce sport adossé à l’idée qu’Internet leur « ouvre l’esprit ». Utiliser comme ça, cela ressemble plutôt à un distributeur de bananes pour singes !

Internet n’est pas une encyclopédie !
Tout d’abord, il faut avoir à l’esprit cette réalité : ce n’est pas parce que des informations sont en libre service qu’elles sont de qualité. Une information de qualité, c’est un contenu vérifié dans sa forme orthographique comme dans la véracité des idées mises en ligne. Le grand « dealer » de ressources documentaires de nos enfants s’appelle « Wikipédia ». Bien que des modérateurs soient venus récemment mettre un peu d’ordre dans les contenus, le nom même du site l’indique : le « wiki », c’est une forme de publication d’infos partagées et partageables offrant la possibilité à tout internaute de modifier une page pour agréger du texte ou corriger. Quelle est l’évaluation mondiale des contributeurs ? Mystère et boule de gomme. Tout au plus le respect des bonnes mœurs est surveillé. Mais une date de naissance de personnage célèbre erronée, la présence de tel ou tel animal sur tel continent. Qui le vérifie ?

Les enseignants surfent aussi
N’oubliez pas de le rappeler à votre cher Georges et aussi à Mam’zelle Marthe : leurs profs surfent aussi et tapent les mêmes mots clés dans les moteurs de recherche. Car nos petits héros, non contents de pomper, pompent la plupart du temps sur la première page de résultats ! En copiant collant à l’inverse un morceau de texte du prétendu devoir, les enseignants ont tôt fait de remonter au texte en ligne… Fastoche aussi dans ce sens-là !

Chercher, c’est aussi apprendre
Au-delà de ces facilités qui pourraient faire sourire, il est urgent de prendre conscience de l’importance d’apprendre à chercher, trier l’information, la hiérarchiser. Par exemple, trouver les caractéristiques essentielles à retenir sur la morphologie et le comportement des lézards, sujet d’exposé de George. Ecarter la digestion si ce n’est pas important, retenir la perte de la queue en cas de danger, car c’est rare et significatif. Autrement, devant tous les médias à venir (leur téléphone portable est la prochaine cible), ils se comporteront comme des little monkeys prêts à appuyer sur n'importent quelle touche pour une info promise et peut-être tordue. Chercher, trier, articuler l'info... leur offrir l'opportunité de l'apprendre, c'est leur permettre aussi, demain, de ne pas gober n'importe quoi sous l'injonction d'un "CLIQUER ICI !".

17.01.2008

La géolocalisation pour faire... pipi

600b513163b6bd453ac2cc1018b22974.jpgNous le faisions enfants, nos enfants le font aujourd'hui : demander n'importe où et n'importe quand à aller aux toilettes, de préférence de manière urgentissime !!!

Rien n'arrêtant la sagacité des acteurs de l'Internet, voici un site finalement très utile. Il s'agit, grâce à la géolocalisation, de trouver en quelques secondes, là où l'on se situe en France, la Sanisette la plus proche. Géopipi, c'est le site, propose aussi une prcision pour les toilettes accessibles aux handicapés.

Must, ce sera bientôt sur nos téléphones portables et le service s'étend à la Suisse et à la Belgique... Chaque internaute est invité à contribuer à cet étrange édifice virtuel en apportant des précisions sur les lieux "visités".

Donc, plus de panique quand la petite Yolande et son frère Firmin se tortillent sur place ;D ... Bien des balades familiales vont pouvoir être menées - enfin ! - à terme...

14.01.2008

Le groupe nominal sujet : notion et fonction

Bon. Ceci est un casse-tête chinois pour parents désemparés… avec solution intégrée. Je vous propose une piste d’explication pour apaiser petits et grands. J’avais déjà traité du GN (groupe nominal). Quid du GNS ?

Envergure du problème
Nous en sommes tous passés par là : la grammaire n’est plus celle que nous avons apprise. Je reviens sur le GNS, autrement dit le groupe nominal sujet car la confusion règne. J’avoue avoir mis un peu de temps à faire le tri.

Deux concepts, une confusion
D’abord, il faut poser le 1er concept. Qu’est-ce qu’un groupe nominal ? « C’est un groupe de mots dont le CHEF est un nom ». Soit : « le petit garçon ». « Garçon » est le chef du GN.

Là où les enfants décrochent, c’est que l’enseignant passe souvent dans la foulée au 2ème concept : le groupe nominal sujet.

GROSSE ERREUR de communication ! Car le 1er concept, c’est la CONSTRUCTION du groupe nominal, alors que le 2ème concept, c’est l’une des FONCTIONS que peut prendre ce groupe nominal. Hors, faute d’en faire la remarque à Yvonne et Prosper, ces derniers (et tous leurs copains) traduisent que ce sont là deux sortes de groupes nominaux distincts.

Exemple : « le petit garçon » va à l’école
- « Le petit garçon » est un groupe nominal. Il se trouve que ce groupe nominal est sujet de la phrase.

Exemple : « Nous avons vu le petit garçon »
« Le petit garçon » est toujours un groupe nominal. Mais sa fonction est d’être ici complément.

Repartons maintenant du sujet
Pour éclairer la lanterne d’Yvonne et Prosper, repartons du sujet qui peut être de 4 natures différentes : un nom propre, un groupe nominal, un article, un verbe à l’infinitif. Nos deux piou-piou peuvent vérifier par eux-mêmes que :

§ Un groupe nominal peur avoir fonction de sujet
§ Mais que tous les sujets ne sont pas des groupes nominaux
§ un groupe nominal peut avoir un autre rôle dans la phrase que d’être un sujet.


Cette clarification est essentielle pour que les enfants n’apprennent pas ces leçons de grammaire dans la confusion la plus complète. Elaborer une phrase, faire les accords (on accorde avec le CHEF du groupe nominal), c’est bien difficile si on confond construction et fonction, n’est-ce pas ?

Si vous avez des pistes d’explication pour d’autres notions, n’hésitez pas !

Voici un premier texte de ce blog sur la grammaire casse-tête :
Qu'en est-il de la grammaire générative ?

29.11.2007

Mon fils, hyperactif et absent a des problèmes en classe

Cet article est une réponse que je souhaite faire à Sylvie, à la suite de son "commentaire" posté sur un autre article où je traitais du "peuple des enfants dans la lune"

Mon fils a huit ans et est souvent absent. Il a une hyperactivite cerebrale qui lui pose beaucoup de problemes a l école. Que faire ?


Chère Sylvie,

Votre commentaire en forme de question induit bien des pistes.
Je vais tenter d’aborder certains points, en espérant que cela permettra à d’autres parents de se poser aussi ces questions, en les hiérarchisant un peu. En la matière, il n’y a pas tant de certitude et c’est bien le drame de beaucoup de parents. De spécialiste en spécialiste, on ne leur dit pas la même chose et ils restent, comme vous, désemparés.

Il faut donc apprendre à opérer un repérage par soi-même. Cela demande de ne pas enfermer son enfant dans une identité : toi tu es rêveur, toi tu es ceci, toi tu es cela. C’est en quelque sorte l’enfermer dans cette identité. C’est fermer les portes d’un possible changement. C’est jouer le fatalisme, alors que l’éducation, somme toute, consiste à dire aux enfants que tout est possible, tout est ouvert, si l’on s’y met ensemble. Mieux vaut donc partir à la découverte. Regarder agir son enfant, prendre des notes. Quand est-il agité ? quand est-il rêveur ? partout ? chez vous, en classe ? est-il différent avec les adultes et les enfants ? ou pareil ? est-il sportif, lecteur ? sait-il se concentrer et sur quoi ? un livre d'astronomie ou sa Gamboy ? Est-il physiologiquement sensible aux jeux vidéo ?Notez au fil des jours. Un peu tous les jours sans vous relire. En quelques semaines vous aurez de quoi réfléchir… et sans doute pour poser autrement vos questions aux spécialistes sollicités.

Vous parlez aussi d’«hyperactivité cérébrale ». Est-ce un diagnostic posé par une équipe médicale ? Si non, ne confondez-vous pas hyperactivité et agitation ? Si oui, un traitement a-t-il été préconisé ? Sans doute pas car les médicaments employés (la fameuse et terrible Ritaline) sont des camisoles chimiques.
S’il s’agit d’agitation forte que vous ne maîtrisez pas, puis-je me permettre d’avancer que c’est l’autorité des adultes qu’il disqualifie ? Ne seriez-vous pas vous-même soulagée de faire appel à une tierce personne, un psychologue, pour lui apprendre à canaliser son énergie, à vous respecter ?

Vous dites aussi qu’il est « absent ». Les enfants « absents », dans la lune, sont souvent assez statiques. C’est d’ailleurs leur grand problème. Ils ne connectent pas la pensée et le geste. Sans dire que c’est la panacée, j’ai eu l’occasion de vérifier que les séances de psychomotricité font parfois merveille. Ils découvrent qu’ils ont un corps, qu’un geste d’eux produit un « phénomène » d’action, donc des conséquences. C’est souvent une prise de conscience majeure dans leur vie. Une découverte.

D’ailleurs absent à quoi ? à qui ? Les absents sont parfois des « rêveurs », (ce qui se comprend à 8 ans), des anxieux que toute relation angoisse et qu’ils évacuent en restant dans leur tête, des enfants qui s’ennuient en classe et « s’échappent », parfois des enfants précoces qui ont besoin de beaucoup plus intellectuellement.

Encore une fois, je débroussaille des pistes. Si j’y apporte un point de vue plus personnel, j’ai précisé bien des choses dans mon livre « Heureux à l’école ». Et je dis ici à nouveau qu’il faut consulter dans un esprit de prospection, mais surtout pas tout systématiquement médicaliser autour de son enfant. On n'est pas hyperactif. On n’est pas précoce. On a une hyperactivité du comportement. On a un haut potentiel. Cela change tout. Bon courage. Revenez nous donner des nouvelles !

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