26.03.2009
"Le cahier" de Hana Makhmalbaf en DVD
Je vous ai fait déjà l'éloge du "Cahier", magnifique film de Hana Makhmalbaf sur l'histoire d'une petite afghane qui VEUT aller à l'école. Cette fiction qui a remporté le Grand Prix du festival de San Sebastian, (entre autres), est sorti le 2 avril 2009 en DVD. Vraiment, pour moins de 20 €, vous aurez beaucoup à dire et à échanger avec vos enfants. Les petits comme les grands. Commentaires bienvenus.
Hana Makhmalbaf, née en 1988, n'avait que... 18 ans quand elle a entrepris son long métrage. Pour découvrir cette jeune cinéaste, voici son parcours et celui de sa famille. Son père étant Mohsen Makhmalbaf.
Pour les passionnés de cinéma, je vous recommande le récit de ce cinéaste iranien, devenu professeur de cinéma. Sa plus jeunes élève avait 8 ans. C'était Hana.
16:00 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, afghanistan, scolarité des afghanes, guerre, école, hana makhmalbaf
15.12.2008
Le peuple des enfants dans la Lune : comment être solidaire ?
Pendant des siècles, les gens se sont demandés s’il y avait des gens qui vivaient sur la Lune. La science a prouvé que non. Pourtant, il existe bel et bien un peuple innombrable et finalement méconnu : les enfants dans la Lune. C’est fou comme ils sont nombreux, combien ils perdurent au fil des générations. Pourtant, pour les parents, c’est à la fois un grand mystère et une interrogation de tous les jours.
Qu’est-ce qui fait qu’un enfant « n’est pas là », « dans la Lune », « inscrit aux abonnés absents », « ailleurs » ?
L’enfant qui vit dans sa bulle semble donc avoir trouvé refuge et avec toute sa candeur, s’être unilatéralement autorisé à ne pas participer à des réalités pourtant obligatoires (vu du point de vue des parents !) : l’école, le dîner en famille, et parfois même les copains à la maison.
Cette stratégie d’évitement n’est pas forcément « contre » les autres. Non, le besoin de penser par soi-même, de vivre dans l’imagination, collé au plafond de ses propres histoires plutôt que contraint par la réalité et ses semelles de plomb.
Pas facile pour les parents : une telle attitude laisse présager une belle capacité de créativité. Pourquoi la casser ? Mais c’est aussi un véritable handicap social : comment les aider à revenir dans la partie. Ecouter. Participer.
Il n’y a pas de solution toute faite : mais j’ouvre juste une porte… Essayer de pratiquer avec son enfant un repositionnement. Lui apprendre à « ne pas partir dans la Lune ». Pratiquer avec lui le « Ici et maintenant ». Tu fais telle action, là, ici maintenant, on se concentre ensemble. C’est très difficile au début mais cela peut être un chemin.
Lui conseiller, aussi, de se construire des astuces pour rester accroché au sol, à la réalité. Dès que tu sens ton esprit vagabonder, essaie de te poser la question : la maîtresse, elle est habillée en quelles couleurs ? Elle vient de dire quoi exactement ? Mais là réside tout le problème : cet instant magique et fascinant (mais pas drôle du tout) où ils switchent vers la Lune.
En tout cas, ils ont besoin de notre aide. Car un enfant dans la Lune est bien obligé d’atterrir, secoué par les adultes qui s’impatientent. Et là, voyageur sans billet, l’enfant lunaire se sent illégitime, décalé, pris en faute, pas au courant de ce qui vient de se passer. Son stress est total. Ce n’est donc pas un sujet à laisser en suspens. (Vos commentaires et partages d'expérience concernant ce sujet sont les bienvenus).
Bref, une étude et des chemins appropriés seraient vraiment nécessaires.
11:35 Publié dans Côté pédagogie | Lien permanent | Commentaires (34) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : enfant lunaire, manque de concentration, trouble, attention, pédagogie, rêveur, école, psychomotricité
01.09.2008
Rentrée scolaire : cadrez, organisez, parlez !
Les cartables sont au carré, la semaine de 4 jours entre en vigueur. Chaque rentrée a son millésime, côté institution scolaire. Et vous, quelles seront vos bonnes résolutions ?
Côté parent : encadrez pour rassurer
L’école fait son job que vous jugez à votre convenance. Mais de votre côté, comment allez-vous lancez cette année scolaire ? Le plus beau cadeau que vous puissiez faire à Achille et Solange, c’est de créer pour eux un cadre dès aujourd’hui. Notez que « cadre » est une notion d’espace ; « aujourd’hui » une notion de temps. Les deux ont de l’importance. Dès maintenant, posez ce qui sera possible ou non, accepté ou interdit dans la semaine scolaire. Ecrivez-le pour vous-même avant d’engager la conversation avec vos jeunes héros. Par exemple :
- L’heure de réveil et l’heure de coucher ;
- Les modalités de retour à la maison ;
- La place des devoirs : faites en sorte d’installer une suite logique : tu rentres, tu goutes, tu joues 20 minutes. Là, les devoirs. Ce ¼ d’heure ou cette heure ne se renégocie plus de toute l’année.
- La venue des copains ;
- Le choix du sport de l’année,
- Les petits "plus" du mardi soir (pas d’école le lendemain) sans faire n’importe quoi, au risque de massacrer leur biorythme. etc…
Evidemment, il y a des risques de dérapage en cours d’année, mais ce cadre une fois posé, tel un contrat de confiance, va vous permettre de re-cadrer, c’est le cas de le dire, si besoin est. Et, cela se vérifie dans la vraie vie : c’est très rassurant pour les enfants.
Organisez ensemble
Là encore, il est peu probable que votre Achille, 7 ans sous la toise, sache comment gérer sa chambre qui est aussi son lieu de travail. Ou que Solange 10 ans, mette en place des temps dévolus au téléphone avec ses copines. A vous d’organiser, de structurer les placards et les tiroirs du bureau, d’aménager un peu de place pour les classeurs. Ne rangez pas forcément à leur place, n’organisez pas sans eux. Mais pilotez l’opération pour qu’on soit bien d’accord sur quoi se range où. Cela évitera les matins paniqués où les chaussures de foot ou la palette de peinture sont introuvables.
Parlez !
Parlez de l’école avec vos enfants, un petit peu chaque jour. A mesure qu’ils grandissent, ils apprécient moins l’exercice. Perfusez quand même la conversation familiale de questions sur les profs, la maîtresse, les difficultés du moment. Question bête : « Où te sens-tu le moins à l’aise ? ». « Quelle est la notion, la leçon, la plus dure à comprendre pour toi ? ». Etonnamment, vos enfants vous livreront un très bon diagnostic. Vous y gagnerez pas mal de temps pour mettre en place de l'aide.
Voilà, ce ne sont que quelques pistes pour bien débuter l’année. Tout ce qui aura été négocié en amont facilitera le quotidien. Il ne sera plus question de revenir là-dessus. Le confort, quoi !
A lire aussi, mes notes de l'année dernière qui n'ont pas vraiment vieilli :
"Temps scolaire : c'est la journée qu'il faut changer !"
"Trop de rabâchage, pas assez de soutien"
"Ne ratez pas la réunion parents-profs de la rentrée !"
11:55 Publié dans Education Maison | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : rentrée scolaire, rythme, encadrer, organiser, parler, école
16.05.2008
Lire Heureux à l'école à partir de ses héros
Cette page vous permet de lire le blog autrement, et de retrouver tous les héros du blog...
La liste est loin d'être exhaustive et sera complétée au fur et à mesure. Laissez vos commentaires au gré de vos lectures...
Achille et Solange = "Rentrée scolaire, cadrez, organisez, parlez !"
Adolphine = "Le cahier", film à voir et discuter avec vos enfants
Anselme = T'en veux une ? Non merci
Arsène et Jeanine = Temps scolaire : comment situer nos enfants dans la durée ?
Christiane et Roger = Ricochet, le portail européen de la culture jeunesse
Ernest et Calixte = ils donnent tout sur "recupe.net" !
Eustache et Adèle découvrent les Fourberies de Scapin
Gabin et Marguerite apprennent la géographie... sans perdre le Nord !
Garance = , en CE1 et ses heures de devoirs !
Gaston et Simone = Nos enfants se dispersent : nous optons pour le zen
Georges et Marthe = Faut-il utiliser Internet pour les devoirs ?
Georgette = Pourquoi une mauvaise note est une chance
Georgette et Marcellin La passion Léonard de Vinci
Germain Contradiction 5 nos enfants et les déclages horaires
Honorine et Barnabé adorent voyager en voiture pour jouer aux "Yeux de lynx"
Isaure et Gustin deviennent fans de maths grâce à Thérèse Eveilleau
Jacotte Les enfants, l'argent et le virtuel
Louisette, Madeleine, Gaston et Gustave Pourquoi les voyages forment-ils la jeunesse ?
Mathurin et Adélie Parrainent un enfant du monde pour grandir solidaires
Marius L'orthographe, les parents et la citoyenneté
Muguette et Nicomède La transversalité donne du sens aux savoirs
Odilon Le budget de l'éducation et la cour de l'école
Raymonde et Gilbert assistent à un vote manuel : belle leçon de démocratie
Suzanne et Gibus Apprendre l'anglais avec Nintendo
Viviane et Roméo ne veulent pas lire les livres d'enfance de leurs parents !
Yolande et Firmin La géolocalisation pour faire... pipi
Yvette = MP3 : injectez de la culture musicale
Yvonne et Prosper = Le groupe nominal sujet : notion et fonction
17:35 Publié dans Avec les héros du blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : blog, école, famille, parents, bernard duriez, enfants, pédagogie
20.03.2008
Pourquoi une mauvaise note est une chance
Georgette a rapporté un zéro (0/20)* de l’école et rase les murs, index vissés aux oreilles pour anticiper vos hurlements. « C’est quoi cette note ??? »... Georgette a tout faux car vous allez la surprendre.
« Il faut que je te dise… »
C’est un signe, Georgette tourne autour du pot et vous sentez bien qu’elle a quelque chose à dire. Elle éviterait sans doute d’évoquer ce sujet pénible s’il n’était pas couronné d’une torture finale : vous demander de signer le chef d’œuvre. Par un phénomène bien connu d’interaction, elle s’attend à vous entendre monter sur vos grands chevaux et à, soit :
- fermer les écoutilles en attendant que l’orage passe ;
- pleurer d’angoisse ou de tristesse en espérant percer le front orageux et attendrir votre cœur de parent, déjà si moelleux…
Dans tous les cas, à l’intuition, elle sait que le temps fera le reste, punition ou pas punition à la clé. Vous criez, elle se recroqueville : c’est interactif. Ce qui est certain, c’est que rien n’aura été réglé… Jusqu’à la prochaine copie colorée en rouge…
Changement de stratégie
Et si on décontenançait Melle Georgette ? Car en tant qu’adulte, nous savons bien qu’une mauvaise note n’est pas la fin du monde (après tout, nous l’avons vécu, n’est-ce pas ? ;). Trouver le pourquoi de la mauvaise note avec l’enfant va permettre deux choses :
- lui éviter de s’enfermer dans la confusion entre soi et la note qui consiste à dire « je suis nul(le) ». Non, c’est la note qui est nulle, pas toi. Le « de tout façon, je suis nul(le) », c’est mauvais pour l’estime de soi et fataliste…
- l’obliger avec sérénité mais fermement à remetttre en cause ce qui s’est passé. Cela demande un peu d’honnêteté et d’engagement : il va être question d'effort.
Poser ensemble le diagnostic
Là, il faut bien poser le cadre : "Je ne te crie pas dessus mais je prends du temps pour toi. Tu respectes donc ce temps de discussion. Autrement, j’en reviens à la punition bête et méchante et c’est idiot, pour toi comme pour moi". Les enfants adhèrent à ce contrat parce qu'il est sensé. Alors ? C’est quoi le problème ? Voici quelques pistes à explorer. Une mauvaise note, cela peut venir de savoirs non acquis ou d’une attitude erronée.
Lacunes et savoirs non acquis
C’est donc la preuve que, quand on dit qu’il faut apprendre ses leçons, ce n’est pas pour embêter les enfants mais parce que cela a des conséquences. (oui, à l'école comme dans la vie, il y a des conséquences à ce qu'on fait ou ne fait pas).
Où se trouve la difficulté ? Soit en tant que parent, on a les moyens de reformuler ; soit il faut trouver quelqu’un (voisin, parent, organisme ou même l’enseignant) pour ré-expliquer. Donc, une mauvaise note, c’est aussi l’alerte d’une lacune et le moment de ne pas la laisser s'incruster. Merci la mauvaise note de nous l’avoir fait remarquer.
Un problème d’attitude ?
C’est l’autre axe d’exploration. Il y a des enfants qui ont les connaissances mais ne savent pas les mettre en œuvre.
- l’enfant lit trop vite l’énoncé (certains pensent que finir le 1er le contrôle, c'est être 1er de la classe !)
- il n’a pas compris l’exercice et part sur de fausses pistes. Il s’entête sur une base absurde et tout est faux. Georgia, prends le temps ! Fais comme au Cluedo, relis 2 fois l'énoncé !
- il est dans la lune et démarre trop tard, tel le lièvre de la fable. Il a fait à peine la moitié des exercices. La moitié des réponses bonnes sur la moitié de faites, ça fait vite 1/4 de la note = 5/20 ;(((
- C’est un grand paniqueur ! cela requiert parfois l'aide d'un thérapeute = à la moindre question, c'est la tétanie. Manque de confiance en soi, pas de place légitime dans ce monde, sentiment d'être usurpateur, estime de soi à zéro... Vous avez dit zéro ????
Autant de pistes qui expliquent le problème de la note en forme de "0".
Créer un chemin ensemble
Lui offrir l’idée que dans la vie, tout le monde un jour « se plante » et que la note (ou l’erreur) doit maintenant appartenir au passé. Qu’est-ce qu’on va construire ensemble, maintenant ? Quel chemin pour changer son attitude devant l’interro ? Ou pour désormais vraiment apprendre ses leçons ?
Vous n’avez pas criez. Georgette n’en est pas revenue. Elle a du entrer dans l’univers de sa note et comprendre qu’elle a un défi à relever et que vous allez l’aider à le relever. Moins de cris, moins de panique, moins de fatalisme. Un chemin, avec du travail nécessaire, pas des punitions en plus. Au boulot, Georginetta !
* Nota bene : le zéro est peu pratiqué de nos jours… quoique ...
17:10 Publié dans Education Maison | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : enfant, école, devoirs, note, dans la lune, élève, carnet scolaire
22.02.2008
Rentrée scolaire 2008 : qui est vraiment contre ?
Annoncée en février, le retour aux traditions fait râler un peu. Juste un peu. Car dans le fond, enseignants et parents ne sont pas si mécontents que cela.
Nouvelle répartition horaire
• Les horaires reviennent se caler sur les matières. Cela est moins favorable à l’interdisciplinaire mais c’est plus lisible.
• Français et mathématiques redeviennent les « matières premières » : cette idée n’est pas une nouveauté car ces matières l’ont toujours été.
• Le Français est doté de 10 hebdomadaires en cycle 2 et de 8 heures en cycle 3 (du CE2 au CM2).
• Le sport passe de 3 à 4 heures par semaine. S’ils avaient pu transformer cela en une vraie après-midi de sport gratuit le mercredi et ainsi favoriser une heure de moins par journée d'école… nous aurions fait un grand pas dans les rythmes scolaires et l’occupation des enfants en milieu de semaine. (Les mamans retireraient aussi ½ journée de temps partiel, donc augmenteraient leur pouvoir d'achat).
Les disciplines sur le chemin des traditions
• La grammaire revient au sujet-verbe-complément. Vous connaissez ma démonstration sur la grammaire générative ;)
• L’orthographe redevient un exercice à part entière. Oui, mais il faudrait être honnête. Les enfants acquièrent surtout l’orthographe dans leurs 1ères années de lecture. L’orthographe, cela s’incorpore par la lecture, avant une explication structurelle rébarbative.
• Les enfants doivent savoir leurs conjugaisons à tous les temps de l’indicatif (futur antérieur et plus-que-parfait y compris). Franchement, si on comprend la construction du passé composé (auxiliaire au présent + participe passé), on peut retenir le futur antérieur (auxiliaire au futur + participe passé).
• La récitation et les rédactions reprennent du service. Les poètes sont si peu achetés en livres de nos jours que leur reconnaissance culturelle à l'école est un beau geste. Savoir utiliser sa mémoire et rédiger, cela permettra toujours de survivre quand l'électricité et tous nos joujous électroniques seront en panne...
• Les 4 opérations de calcul et la règle de trois doivent être maîtrisées. Cette perte de compétence est issue depuis 40 ans de la montée en puissance des machines. Pourquoi apprendre à calculer mentalement ? Pour ne pas se faire berner, pour compter ses sous, pour se situer citoyennement, pour peut-être inventer les machines de demain et bricoler plus efficacement…
• L’Histoire redevient une vraie discipline… traitée de manière chronologique en s’appuyant sur les grandes figures. De la chronologie oui, mais des mauvaises photocopies non ! Les enfants d’aujourd’hui vivent avec d’autres supports. Arrêtez cet enseignement rebutant ! Vite, un quizz Histoire sur Nintendo !!!
Deux nouvelles disciplines
• L’Histoire de l’art fait une entrée remarquée dès le CP et se trouve reliée aux périodes de l’Histoire. 20 heures annuelles sont prévues en cycle 3. Pour avoir dispenser des cours d’Histoire de l’art dans une école d’ados en échec scolaire, je peux affirmer que l’art permet de faire passer beaucoup, beaucoup de savoir et… ouvre le regard.
• Le développement durable s’invite aussi tant dans les cours de géographie qu’en science. Là aussi, il faut changer les supports d’activité.
Promotion du civisme
Cela s’appelle « l’instruction civique et morale ».
• On revient aux grandes maximes : « La liberté de l’un s’arrête où commence celle d’autrui »).
• Les enfants découvrent les règles qui régissent la société et les institutions.
• Des notions comme la France, la nation, l’Europe, la francophonie doivent être connues.
Attention soutenue à la maternelle
Elle prépare explicitement les enfants à l’apprentissage du Français et des mathématiques.
15:45 Publié dans Education Maison | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : école, darcos, enseignement, discipline, enfants, éducation, Histoire
20.02.2008
"Le cahier", film à voir et discuter avec vos enfants
Si Adolphine, votre ado en vrac, râle pour aller en cours, invitez-la à un rendez-vous cinoche décapant. « Le cahier » de Hana Makhmalbaf est totalement bouleversant.*
Le cahier est une fiction mais le décor afghan, au pied des grottes aux bouddhas dynamités où survivent des gens abîmés par le chaos, dit combien la réalisatrice colle à la réalité effarante de cette région.
Au bas des montagnes, une petite fille de 6 ans entend son voisin du même âge réciter l’alphabet. C’est décidé, par tous les moyens, elle va trouver des sous pour acheter SON cahier et aller à l’école. Le film raconte son épopée, entre tendresse et saccage perpétuel d’une envie d’apprendre, entre paysages absolus et destin implacable : pas moyen d’aller naturellement à l’école quand on est une petite afghane et que les garçons du village jouent à jouer aux Talibans, en la traitant d’impie. Et lui piquent son cahier. Non, ils ne le piquent pas : ils le déchirent sous ses yeux. Les mêmes plus tard, joueront à jouer aux Américains en la traitant de dangereuse musulmane.
Il est bien difficile avec des mots sur un petit blog de raconter le vertige de ce film. Le titre en anglais en dit plus long que le minimalisme de la traduction française : « Buddha collapsed out of shame » : « Boudha s’effondra de honte ». Il y a de quoi.
Adolphine, en sortant de là, ne doit pas pour autant porter toute la culpabilité du monde sur son dos. Ce n’est pas ce qu’il faut imposer à nos enfants. Ni la torture faite jadis aux enfants, ni la souffrance des vivants. Mais comprendre qu’il faut, comme disait Yourcenar vivre debout, « les yeux ouverts », et réinvestir, pour soi, le goût d’apprendre. Pour enrichir sa vie plutôt que pour faire plaisir aux profs ou aux parents. Ou, dans une équivalence symétrique, pour les "emmerd....".
Côté savoir, toujours, c'est de soi-même dont il s'agit. De sa propre trajectoire, de sa propre émancipation : la petite fille du film le cahier nous en persuade implacablement.
Je vous propose, en guise de lien, un site pour ouvrir les yeux sur la francophonie : le site français des iranophiles qui cite ce film : www.mizerhger.com. Allez en découvrir le forum plein de surprises.
Et puis la bande annonce du film "Le cahier" . Je ne vois pas comment vous allez faire pour ne pas y aller !
* Attention : sortie du DVD le 2 avril 2009
11:30 Publié dans Un peu de cinéma | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : afghane, cinéma, solidarité, école, filles, scolarité, makhmalbaf
18.02.2008
La fin de la grammaire générative ?
Le retour à la grammaire classique "sujet-verbe-complément" est donc annoncé. Pour les parents qui ne s'en sortent pas avec les groupes nominaux et autres déterminants, voici un petit rappel du problème à travers deux textes de ce blog.
Qu'en est-il de la grammaire générative ?
Le groupe nominal sujet : notion et fonction
L'année scolaire étant loin d'être terminée, tous les lecteurs de ce blog seront ravis (moi aussi !!!) de profiter de vos lumières et astuces pour gérer efficacement ces leçons de grammaire actuelle.
11:35 Publié dans Cahier de français | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : grammaire, français, groupe nominal sujet, devoirs, école, parents, enfants
22.01.2008
Faut-il utiliser Internet pour les devoirs ?
Un exposé sur les gastéropodes ? Fastoche. Tu ouvres Internet et tu pioches ! En es-tu bien sûr Ernest ?
Super pratique le copié collé !
Plus besoin de loucher sur la copie du voisin. Un bon copié collé à la maison et voilà la moitié du devoir de fait. Les enfants raffolent de ce sport adossé à l’idée qu’Internet leur « ouvre l’esprit ». Utiliser comme ça, cela ressemble plutôt à un distributeur de bananes pour singes !
Internet n’est pas une encyclopédie !
Tout d’abord, il faut avoir à l’esprit cette réalité : ce n’est pas parce que des informations sont en libre service qu’elles sont de qualité. Une information de qualité, c’est un contenu vérifié dans sa forme orthographique comme dans la véracité des idées mises en ligne. Le grand « dealer » de ressources documentaires de nos enfants s’appelle « Wikipédia ». Bien que des modérateurs soient venus récemment mettre un peu d’ordre dans les contenus, le nom même du site l’indique : le « wiki », c’est une forme de publication d’infos partagées et partageables offrant la possibilité à tout internaute de modifier une page pour agréger du texte ou corriger. Quelle est l’évaluation mondiale des contributeurs ? Mystère et boule de gomme. Tout au plus le respect des bonnes mœurs est surveillé. Mais une date de naissance de personnage célèbre erronée, la présence de tel ou tel animal sur tel continent. Qui le vérifie ?
Les enseignants surfent aussi
N’oubliez pas de le rappeler à votre cher Georges et aussi à Mam’zelle Marthe : leurs profs surfent aussi et tapent les mêmes mots clés dans les moteurs de recherche. Car nos petits héros, non contents de pomper, pompent la plupart du temps sur la première page de résultats ! En copiant collant à l’inverse un morceau de texte du prétendu devoir, les enseignants ont tôt fait de remonter au texte en ligne… Fastoche aussi dans ce sens-là !
Chercher, c’est aussi apprendre
Au-delà de ces facilités qui pourraient faire sourire, il est urgent de prendre conscience de l’importance d’apprendre à chercher, trier l’information, la hiérarchiser. Par exemple, trouver les caractéristiques essentielles à retenir sur la morphologie et le comportement des lézards, sujet d’exposé de George. Ecarter la digestion si ce n’est pas important, retenir la perte de la queue en cas de danger, car c’est rare et significatif. Autrement, devant tous les médias à venir (leur téléphone portable est la prochaine cible), ils se comporteront comme des little monkeys prêts à appuyer sur n'importent quelle touche pour une info promise et peut-être tordue. Chercher, trier, articuler l'info... leur offrir l'opportunité de l'apprendre, c'est leur permettre aussi, demain, de ne pas gober n'importe quoi sous l'injonction d'un "CLIQUER ICI !".
14:17 Publié dans Devoirs & leçons | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Internet, 2008, école, famille, société, devoirs, Enfants
17.01.2008
La géolocalisation pour faire... pipi
Nous le faisions enfants, nos enfants le font aujourd'hui : demander n'importe où et n'importe quand à aller aux toilettes, de préférence de manière urgentissime !!!
Rien n'arrêtant la sagacité des acteurs de l'Internet, voici un site finalement très utile. Il s'agit, grâce à la géolocalisation, de trouver en quelques secondes, là où l'on se situe en France, la Sanisette la plus proche. Géopipi, c'est le site, propose aussi une prcision pour les toilettes accessibles aux handicapés.
Must, ce sera bientôt sur nos téléphones portables et le service s'étend à la Suisse et à la Belgique... Chaque internaute est invité à contribuer à cet étrange édifice virtuel en apportant des précisions sur les lieux "visités".
Donc, plus de panique quand la petite Yolande et son frère Firmin se tortillent sur place ;D ... Bien des balades familiales vont pouvoir être menées - enfin ! - à terme...
17:32 Publié dans Bien-être des enfants | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : santé, enfants, famille, école, internet, web, géolocalisation







