13.02.2007

Offrez "Le convive comme il faut", de Philippe Dumas

medium_Le_concive_comme_il_faut.gifJ'ai une prédilection pour ce livre formidable, drôle et terriblement efficace. Un éminent professeur dénommé Paul Hitaisse, (l'humour submerge parfois l'orthographe), expose à nos enfants cette idée toute simple : "Manger est un plaisir. Encore faut-il que ce plaisir ne soit pas gâché par quelqu'un qui vous coupe l'appétit".
S'ensuit textes et dessins mêlés l'exploration de tout ce qui se fait - et qui ne se fait pas ! - à table.

Les parents eux-mêmes convives de banquets à 8 couverts seront ravis de savoir comment négocier la dégustation des asperges ou gérer son voisin de table.

Au lieu des fameuses litanies "Ferme ta bouche" / "Sers-toi de ton couteau", optez pour ce grand classique de la littérature enfantine, qui existe en grand format et en version poche (collection Lutin poche). Bref, 5,50 € de pur bonheur.

"Le convive comme il faut", de Philippe Dumas, L'Ecole des loisirs, 2005, 5,50 €.

24.11.2006

Salon de la littérature de jeunesse : ils dévorent !

medium_affiche_1_.gifIl est parfois dit – ou craint – que les enfants lisent moins qu’avant, étant très sollicités par les nouveaux médias.
La réalité est plus contrastée que ça. En fait, il y a de bons, de très grands lecteurs. Et des enfants qui n’accèdent pas ou peu aux livres.

Dans la première catégorie, il y a beaucoup d’enfants vivant dans un contexte familial où le livre a sa place. Leurs parents leur lisent très tôt des histoires, ils fréquentent des bibliothèques municipales, bref, l’objet livre leur est totalement familier, avant même de savoir lire. Le tout est pour certains assorti de peu de télé à la maison. Ceux-là, bien sûr, dévorent. Les éditeurs ne sont pas restés sans le savoir et l’édition du livre de jeunesse est particulièrement dynamique en France : 10.000 nouveautés par an !

Dans la seconde catégorie, il y a des enfants moins favorisés dans ce domaine de la lecture. Certains parviennent en CP sans avoir vraiment jamais plongé dans l’univers des contes et des histoires dédiées aux petits. Parfois, leurs parents sont un peu démunis pour les aider. Souvent la téloche ronronne jusque dans leur chambre. C’est plus facile que de lire, ce support hypnotisant. Enfin, les consoles de jeux et même Internet viennent occuper pas mal de temps de loisir.

Ceux-là doivent être aidés. A l’école, (donnez vos vieux livres aux écoles qui en ont besoin !), dans les quartiers, en rejoignant des associations comme « Lire et faire lire » de Alexandre Jardin. Et puis, inciter tous ces enfants à aller dans les bliothèques et médiathèques municipales. C'est gratuit. Les communes font de gros efforts sur ce plan.

Dernier poncif à briser : non, ils ne sont pas tous plongés dans leur console de jeux. Seulement 12% des joueurs en France ont moins de 12 ans, alors qu’un ¼ a 35 ans. Leurs parents, peut-être ???

Salon de Montreuil, du 22 au 27 novembre 2006 : lectures, rencontres, expositions, animations, dédicaces, etc... avec 250 exposants. Les auteurs dédicacent sur place. Revenir à la maison avec un message personnel de son auteur favori, ça rend fier ;))

13.09.2006

La lecture, les frères et les soeurs

La lecture a vraiment quelque chose à voir avec les fratries (et les fratries ont aujourd'hui de telles géométries variables !).

Vis-à-vis de la technique de lecture, des sujets, des temps consacrés aux livres, il y a déjà beaucoup de différences garçons/filles.
La littérature des filles tourne beaucoup autour des copines, des petites affaires de coeur. Même les couvertures sont "rose Barbie". Super formatage, déjà. Les garçons, entend-t-on, préfèrent le foot : il suffit de s'installer dans les couloirs d'une Fnac pour réfuter ce cliché. La collection Chair de Poule de Bayard, les orphelins Baudelaire, laissent supposer qu'ils aiment bien se faire peur sans trop explorer les affaires de coeur proposées aux girls.

Mais les fratries aussi ont donc de l'influence. Un vrai questionnement pour les parents.
Il y a les aînés lecteurs et les cadets qui bloquent pour se démarquer,... ou l'inverse. C'est une très bonne piste pour comprendre le désintérêt d'un enfant pour la lecture.
Il y a aussi le démarquage par les titres lus, l'un engloutissant Potter et le suivant décrétant que jamais il ne lira "ça" puisque l'autre et les films ont déjà décrit l'histoire, (là il faut vite s'inscrire à la bibliothèque municipale pour juguler le double budget en nombre de titres).
Il y a, (c'est beau quand cela arrive) les grands qui lisent aux petits ou les mêmes classes d'âge qui lisent collées sur le même tapis.

C'est vrai de toutes les activités des frères et soeurs en rapport et en challenge les uns avec les autres. Mais au moment où, parents, on se demande bien comment les intéresser aux livres, l'observation de sa couvée ne manque pas d'intérêt.

Au fait, avez-vous pensé à leur demander de quoi parle leur dernier livre ?

28.04.2006

Devenir lecteur : comment lui prouver qu'il réussit ?

L'apprentissage de la lecture est un gros effort mental et psychologique pour l'enfant. Essayez dans une langue étrangère, devant des gens qui vous regardent vous dépatouiller, et vous saisirez mieux ce dont je parle.
Dans cette phase d'acquisition, il n'est pas toujours fait beaucoup de place à la notion de conquête : alors, voilà un petit truc.
Prenez un livre pour débutants lecteurs. Un vieux livre des frères et soeurs ou un exemplaire acheté pas cher dans une braderie, car il va falloir écrire dessus et le "sacrifier".
Vous offrez ce livre à votre enfant avec un... surligneur type Stabylo et vous lui dites : "chaque fois que tu rencontres un mot que tu sais lire, même une syllabe, tu surlignes".
Cet objectif, curieusement, devient comme un jeu, et dépolarise l'enfant de l'obligation de résultat. Il lit, il lit, il stabylobosse, c'est euphorisant tout ce qu'il sait et découvre qu'il sait !
Peu à peu, les pages sont plus colorées. L'apprenti(e) lecteur(rice) revient en arrière sur ses premières pages pas très surlignées. Il visualise ses progrès.
C'est comme pour apprendre le vélo : pédale sans regarder tes pieds. Lis sans te regarder lire. Sans rechercher en même temps l'assentiment des autres. Tu lis, tu es libre. La lecture... quelle merveille. Sa conquête, l'odyssée de l'espace ... et de l'aventure !