01.09.2008

Rentrée scolaire : cadrez, organisez, parlez !

Les cartables sont au carré, la semaine de 4 jours entre en vigueur. Chaque rentrée a son millésime, côté institution scolaire. Et vous, quelles seront vos bonnes résolutions ?

Côté parent : encadrez pour rassurer
L’école fait son job que vous jugez à votre convenance. Mais de votre côté, comment allez-vous lancez cette année scolaire ? Le plus beau cadeau que vous puissiez faire à Achille et Solange, c’est de créer pour eux un cadre dès aujourd’hui. Notez que « cadre » est une notion d’espace ; « aujourd’hui » une notion de temps. Les deux ont de l’importance. Dès maintenant, posez ce qui sera possible ou non, accepté ou interdit dans la semaine scolaire. Ecrivez-le pour vous-même avant d’engager la conversation avec vos jeunes héros. Par exemple :

- L’heure de réveil et l’heure de coucher ;
- Les modalités de retour à la maison ;
- La place des devoirs : faites en sorte d’installer une suite logique : tu rentres, tu goutes, tu joues 20 minutes. Là, les devoirs. Ce ¼ d’heure ou cette heure ne se renégocie plus de toute l’année.
- La venue des copains ;
- Le choix du sport de l’année,
- Les petits "plus" du mardi soir (pas d’école le lendemain) sans faire n’importe quoi, au risque de massacrer leur biorythme. etc…


Evidemment, il y a des risques de dérapage en cours d’année, mais ce cadre une fois posé, tel un contrat de confiance, va vous permettre de re-cadrer, c’est le cas de le dire, si besoin est. Et, cela se vérifie dans la vraie vie : c’est très rassurant pour les enfants.

Organisez ensemble
Là encore, il est peu probable que votre Achille, 7 ans sous la toise, sache comment gérer sa chambre qui est aussi son lieu de travail. Ou que Solange 10 ans, mette en place des temps dévolus au téléphone avec ses copines. A vous d’organiser, de structurer les placards et les tiroirs du bureau, d’aménager un peu de place pour les classeurs. Ne rangez pas forcément à leur place, n’organisez pas sans eux. Mais pilotez l’opération pour qu’on soit bien d’accord sur quoi se range où. Cela évitera les matins paniqués où les chaussures de foot ou la palette de peinture sont introuvables.

Parlez !
Parlez de l’école avec vos enfants, un petit peu chaque jour. A mesure qu’ils grandissent, ils apprécient moins l’exercice. Perfusez quand même la conversation familiale de questions sur les profs, la maîtresse, les difficultés du moment. Question bête : « Où te sens-tu le moins à l’aise ? ». « Quelle est la notion, la leçon, la plus dure à comprendre pour toi ? ». Etonnamment, vos enfants vous livreront un très bon diagnostic. Vous y gagnerez pas mal de temps pour mettre en place de l'aide.

Voilà, ce ne sont que quelques pistes pour bien débuter l’année. Tout ce qui aura été négocié en amont facilitera le quotidien. Il ne sera plus question de revenir là-dessus. Le confort, quoi !

A lire aussi, mes notes de l'année dernière qui n'ont pas vraiment vieilli :
"Temps scolaire : c'est la journée qu'il faut changer !"
"Trop de rabâchage, pas assez de soutien"
"Ne ratez pas la réunion parents-profs de la rentrée !"

21.05.2008

MP3 : injectez un peu de culture musicale

73b56f347209e59d515f08a85f24c2ff.jpgYvette, 10 ans, fait des moulinets dans le salon, se tortille et chante (très faux) « Bette Davis’ eyes », un morceau logé comme une balle dans vos souvenirs de jeunesse. Bette Davis, Kim Carnes et jusqu’au texte n’ont aucun sens pour elle. Peut-être « eyes », retenu au bout de 5 ans d’initiation anglais. Quoique.

La virtualité musicale aplatit la culture
Au siècle dernier, l’industrie musicale avait fait un bond culturel, peu souligné en son temps, en créant le CD à boîte cristal et son livret. Des petits bijoux de mises en page ont alors été élaborés. Des textes de chansons ou de commentaires concouraient à irriguer notre culture musicale. Le tout rangé sur nos étagères confortait notre culturelle livresque, par ordre alphabétique ou chronologique.

Le téléchargement a effacé tout cela. Sur un MP3, on trouve au même rang le gagnant de la Star Ac’ et Mozart, Pink Floyd et Purcell, Dire Straits et Dalida .
Nous, un peu plus vieux, nous nous y retrouvons. Les enfants, eux, gobent tout d’un coup sans chronologie. Ils ne voient d’ailleurs pas l’intérêt de savoir qui était avant qui, et pourquoi le rock d’Elvis doit beaucoup à la culture noire. Je pense pourtant qu’un peu d’histoire de la musique, ce serait mieux. Et si nous prenions le temps de leur signaler deux, trois petits trucs, de la même manière qu’il nous appartient de les aider à se bâtir une culture cinématographique, par exemple*. Notamment, sur Bette Davis…

36ced0a45621870fcba5235b2f68caf2.jpgLa musique à la rescousse de l’anglais
Reste la question du contenu de ce qu’on écoute. Nous en sommes à la 4ème génération de Français qui machouillent des refrains anglophones sans rien y comprendre. Pour vous aider à casser cette logique idiote, profitons-en pour doper leurs MP3 des paroles de leurs chansons préférées. Certaines d’ailleurs ne résistent pas à l’exercice.
J’ai trouvé pour les IPods (désolée, je suis Macintoshophile) de formidables widgets : « Lyrics search » et surtout « Canto Pod». Vous entrez le nom de la chanson et si elle est assez connue, ce petit module télécharge les paroles sur votre Ipod !

Yvette va au moins comprendre quelques mots de ce que Kim Carnes raconte… "She'll take a tumble on you, roll you like you were dice"... Ah, bon ?!
A moins que vous, l'ex-fan des Eighties, ne découvriez enfin que ce n’est pas vraiment un texte pour une petite fille de 10 ans !

"Yvettina ! Pose ce MP3 sur sa base... qu’on profite un peu de la voix rauque de Kim Carnes !"

Pour la culture cinématographique, un livre utile

20.03.2008

Pourquoi une mauvaise note est une chance

Georgette a rapporté un zéro (0/20)* de l’école et rase les murs, index vissés aux oreilles pour anticiper vos hurlements. « C’est quoi cette note ??? »... Georgette a tout faux car vous allez la surprendre.

« Il faut que je te dise… »
C’est un signe, Georgette tourne autour du pot et vous sentez bien qu’elle a quelque chose à dire. Elle éviterait sans doute d’évoquer ce sujet pénible s’il n’était pas couronné d’une torture finale : vous demander de signer le chef d’œuvre. Par un phénomène bien connu d’interaction, elle s’attend à vous entendre monter sur vos grands chevaux et à, soit :
- fermer les écoutilles en attendant que l’orage passe ;
- pleurer d’angoisse ou de tristesse en espérant percer le front orageux et attendrir votre cœur de parent, déjà si moelleux…

Dans tous les cas, à l’intuition, elle sait que le temps fera le reste, punition ou pas punition à la clé. Vous criez, elle se recroqueville : c’est interactif. Ce qui est certain, c’est que rien n’aura été réglé… Jusqu’à la prochaine copie colorée en rouge…

Changement de stratégie
Et si on décontenançait Melle Georgette ? Car en tant qu’adulte, nous savons bien qu’une mauvaise note n’est pas la fin du monde (après tout, nous l’avons vécu, n’est-ce pas ? ;). Trouver le pourquoi de la mauvaise note avec l’enfant va permettre deux choses :
- lui éviter de s’enfermer dans la confusion entre soi et la note qui consiste à dire « je suis nul(le) ». Non, c’est la note qui est nulle, pas toi. Le « de tout façon, je suis nul(le) », c’est mauvais pour l’estime de soi et fataliste…
- l’obliger avec sérénité mais fermement à remetttre en cause ce qui s’est passé. Cela demande un peu d’honnêteté et d’engagement : il va être question d'effort.

Poser ensemble le diagnostic
Là, il faut bien poser le cadre : "Je ne te crie pas dessus mais je prends du temps pour toi. Tu respectes donc ce temps de discussion. Autrement, j’en reviens à la punition bête et méchante et c’est idiot, pour toi comme pour moi". Les enfants adhèrent à ce contrat parce qu'il est sensé. Alors ? C’est quoi le problème ? Voici quelques pistes à explorer. Une mauvaise note, cela peut venir de savoirs non acquis ou d’une attitude erronée.

Lacunes et savoirs non acquis
C’est donc la preuve que, quand on dit qu’il faut apprendre ses leçons, ce n’est pas pour embêter les enfants mais parce que cela a des conséquences. (oui, à l'école comme dans la vie, il y a des conséquences à ce qu'on fait ou ne fait pas).
Où se trouve la difficulté ? Soit en tant que parent, on a les moyens de reformuler ; soit il faut trouver quelqu’un (voisin, parent, organisme ou même l’enseignant) pour ré-expliquer. Donc, une mauvaise note, c’est aussi l’alerte d’une lacune et le moment de ne pas la laisser s'incruster. Merci la mauvaise note de nous l’avoir fait remarquer.

Un problème d’attitude ?
C’est l’autre axe d’exploration. Il y a des enfants qui ont les connaissances mais ne savent pas les mettre en œuvre.
- l’enfant lit trop vite l’énoncé (certains pensent que finir le 1er le contrôle, c'est être 1er de la classe !)
- il n’a pas compris l’exercice et part sur de fausses pistes. Il s’entête sur une base absurde et tout est faux. Georgia, prends le temps ! Fais comme au Cluedo, relis 2 fois l'énoncé !
- il est dans la lune et démarre trop tard, tel le lièvre de la fable. Il a fait à peine la moitié des exercices. La moitié des réponses bonnes sur la moitié de faites, ça fait vite 1/4 de la note = 5/20 ;(((
- C’est un grand paniqueur ! cela requiert parfois l'aide d'un thérapeute = à la moindre question, c'est la tétanie. Manque de confiance en soi, pas de place légitime dans ce monde, sentiment d'être usurpateur, estime de soi à zéro... Vous avez dit zéro ????
Autant de pistes qui expliquent le problème de la note en forme de "0".

Créer un chemin ensemble
Lui offrir l’idée que dans la vie, tout le monde un jour « se plante » et que la note (ou l’erreur) doit maintenant appartenir au passé. Qu’est-ce qu’on va construire ensemble, maintenant ? Quel chemin pour changer son attitude devant l’interro ? Ou pour désormais vraiment apprendre ses leçons ?

Vous n’avez pas criez. Georgette n’en est pas revenue. Elle a du entrer dans l’univers de sa note et comprendre qu’elle a un défi à relever et que vous allez l’aider à le relever. Moins de cris, moins de panique, moins de fatalisme. Un chemin, avec du travail nécessaire, pas des punitions en plus. Au boulot, Georginetta !

* Nota bene : le zéro est peu pratiqué de nos jours… quoique ...

22.02.2008

Rentrée scolaire 2008 : qui est vraiment contre ?

Annoncée en février, le retour aux traditions fait râler un peu. Juste un peu. Car dans le fond, enseignants et parents ne sont pas si mécontents que cela.

Nouvelle répartition horaire
• Les horaires reviennent se caler sur les matières. Cela est moins favorable à l’interdisciplinaire mais c’est plus lisible.
• Français et mathématiques redeviennent les « matières premières » : cette idée n’est pas une nouveauté car ces matières l’ont toujours été.
• Le Français est doté de 10 hebdomadaires en cycle 2 et de 8 heures en cycle 3 (du CE2 au CM2).
• Le sport passe de 3 à 4 heures par semaine. S’ils avaient pu transformer cela en une vraie après-midi de sport gratuit le mercredi et ainsi favoriser une heure de moins par journée d'école… nous aurions fait un grand pas dans les rythmes scolaires et l’occupation des enfants en milieu de semaine. (Les mamans retireraient aussi ½ journée de temps partiel, donc augmenteraient leur pouvoir d'achat).

Les disciplines sur le chemin des traditions
• La grammaire revient au sujet-verbe-complément. Vous connaissez ma démonstration sur la grammaire générative ;)
• L’orthographe redevient un exercice à part entière. Oui, mais il faudrait être honnête. Les enfants acquièrent surtout l’orthographe dans leurs 1ères années de lecture. L’orthographe, cela s’incorpore par la lecture, avant une explication structurelle rébarbative.
• Les enfants doivent savoir leurs conjugaisons à tous les temps de l’indicatif (futur antérieur et plus-que-parfait y compris). Franchement, si on comprend la construction du passé composé (auxiliaire au présent + participe passé), on peut retenir le futur antérieur (auxiliaire au futur + participe passé).
• La récitation et les rédactions reprennent du service. Les poètes sont si peu achetés en livres de nos jours que leur reconnaissance culturelle à l'école est un beau geste. Savoir utiliser sa mémoire et rédiger, cela permettra toujours de survivre quand l'électricité et tous nos joujous électroniques seront en panne...
• Les 4 opérations de calcul et la règle de trois doivent être maîtrisées. Cette perte de compétence est issue depuis 40 ans de la montée en puissance des machines. Pourquoi apprendre à calculer mentalement ? Pour ne pas se faire berner, pour compter ses sous, pour se situer citoyennement, pour peut-être inventer les machines de demain et bricoler plus efficacement…
• L’Histoire redevient une vraie discipline… traitée de manière chronologique en s’appuyant sur les grandes figures. De la chronologie oui, mais des mauvaises photocopies non ! Les enfants d’aujourd’hui vivent avec d’autres supports. Arrêtez cet enseignement rebutant ! Vite, un quizz Histoire sur Nintendo !!!

Deux nouvelles disciplines
• L’Histoire de l’art fait une entrée remarquée dès le CP et se trouve reliée aux périodes de l’Histoire. 20 heures annuelles sont prévues en cycle 3. Pour avoir dispenser des cours d’Histoire de l’art dans une école d’ados en échec scolaire, je peux affirmer que l’art permet de faire passer beaucoup, beaucoup de savoir et… ouvre le regard.
• Le développement durable s’invite aussi tant dans les cours de géographie qu’en science. Là aussi, il faut changer les supports d’activité.

Promotion du civisme
Cela s’appelle « l’instruction civique et morale ».
• On revient aux grandes maximes : « La liberté de l’un s’arrête où commence celle d’autrui »).
• Les enfants découvrent les règles qui régissent la société et les institutions.
• Des notions comme la France, la nation, l’Europe, la francophonie doivent être connues.

Attention soutenue à la maternelle
Elle prépare explicitement les enfants à l’apprentissage du Français et des mathématiques.

09.11.2007

Temps scolaire : comment situer nos enfants dans la durée ?

118676c68caf827bb07a5bfbddbaf979.jpgLe temps scolaire, c’est celui qu’organisent les adultes entre eux et que les enfants vivent au quotidien.
Mais de même qu’ils ont bien du mal à dire « à quoi ça sert l’école », les enfants ne sont pas en mesure de « visualiser » leur année scolaire en terme de temps qui s’écoule.

Le temps long est pour eux une abstraction
Si je vous dis : « le temps jusqu’à Noël, le temps jusqu’aux vacances de février, Pâques », il est vraisemblable que vous allez parvenir, selon vos moyens d’appréhension du temps à avoir une vision de ce calendrier. Parce que vous êtes un adulte. C’est tout à fait impossible à un enfant (et même un ado) de le faire spontanément. Au mieux, s’il s’agit d’un enfant très organisé, va-t-il être en mesure de s’organiser sur sa semaine et pour les plus costauds à planifier d’une semaine à l’autre. Mais pas plus loin. Un enfant n’a pas le même champ visuel que nous, ce qui le rend vulnérable dans la circulation urbaine. Il n’a pas non plus la même capacité à élaborer une stratégie dans le temps.

Faire du temps un allié
Quelle en est la première conséquence ? Et bien si vous interpelez votre cher Arsène sur ses notes d’un « Il est temps de te ressaisir », d’un « Ton trimestre va être une cata », « attention à tes contrôles », l’alerte que vous croyez lui transmettre lui passe carrément au dessus des antennes !!!
Se presser par rapport à quoi ? Ils n’en ont pas la moindre idée.

L’exercice de la Toussaint
La Toussaint, c’est au mitan de la rentrée scolaire et des vacances de Noël. Environ deux sessions de 7 semaines. Prenez un calendrier panoramique et faites colorier à l’enfant tous les jours d’école de la rentrée aux vacances de Toussaint. D’une autre couleur, faites de même de la rentrée de la Toussaint aux vacances de Noël. Placez du rose sur les vacances car c’est aussi du temps qui passe (plus vite, bizarrement !).
L’idée, c’est aussi de mieux les situer dans le temps, donc – aussi - de leur apprendre la régularité de l’effort : un petit peu chaque jour. « Tu vois, Jeanine, ce que tu ne fais pas aujourd’hui, ça va s’accumuler, tu vas stresser. Alors qu’en en faisant un peu tous les jours (les devoirs, les poésies, les exposés), on apprend ensemble à ne pas faire à la dernière minute ».

La durée, facteur de calme
Vous verrez que c’est un facteur d’accalmie. Au lieu de "fonctionner" sans trop savoir pourquoi du lundi au samedi, comme un hamster tourne dans sa roue, vous allez situer votre enfant dans un temps plus long, lisible. Admettez que si vous n’aviez pas, vous, cette capacité, vous ne tiendriez pas toujours à votre travail.
Au début, privilégiez le temps du trimestre, puis faites-lui visualiser son année en trois trimestres. Situez aussi sur le calendrier les anniversaires et les fêtes. Voilà, notre soucieux Arsène, notre délurée Jeanine vont se situer dans le temps, savoir dans quel contexte ils avancent. L’éducation des enfants passe souvent par ce décryptage de nos évidences qui sont pour eux de parfaits mystères. C’est un cadeau sans prix… et qui dure pour toute la vie. Un temps que l’on souhaite le plus long possible ;)

03.09.2007

Rentrée scolaire : ne ratez pas la réunion parents enseignants

Leur lâcher la main dans la cour de l'école, c'est toujours un grand moment d'émotion. Mais vous aussi avez quelques devoirs en perspective pour cette rentrée scolaire (en dehors de dégainer votre chéquier).

Cela commence par la réunion de rentrée scolaire où vous êtes conviés à rencontrer l'enseignant. Très souvent, c'est dans la classe même, à la place de votre champion.

C'est donc très important pour visualiser où notre enfant va évoluer toute l'année, où se rangent les manteaux, où sont afficher les dessins et les règles qui entourent le tableau.

Ensuite, on a un peu la "feuille de route de l'année".
- Savoir ce qu'on attend pédagogiquement des enfants,
- Comment se gèrent les devoirs,
- Connaître les activités proposées,
- S'il y aura des sorties,
- Comment l'enseignant entend communiquer avec les parents...

Comment pourrait-on faire l'impasse sur une telle opportunité de rencontre et de mise en phase ?

C'est aussi le moment de poser vos questions (pas trop perso : les autres parents, à ce moment-là, se moquent de savoir que votre petite Huguette a peur des araignées).

Voilà. Bonne rentrée. N'oubliez pas que dans 3 semaines, ce sera l'élection des représentants des parents d'élèves au sein de l'école et que c'est votre devoir - encore - de voter.

J'ajoute des notes de la rentrée passée... qui n'ont pas pris une ride :
- Militons pour des cartables légers
- Bien organiser sa chambre

28.08.2007

T'en veux une ? Non, merci !

Il est toujours intéressant d'écouter ce que disent les parents et les enfants. C'est le bon vieux truc : "Qu'est-ce que tu me dis quand tu me parles ?". Et bien, avec un peu d'attention, on découvre des choses étonnantes.

Par exemple, cette propension des parents à questionner au lieu d’ordonner calmement ou encore à menacer sans fin et sans mise en exécution (heureusement parfois, étant donné les menaces !!!).
C’est une question de relation, d’autorité, de légitimité et de confrontation, parfois de prise de pouvoir des petits sur les grands.

Ainsi entend-on souvent les parents demander à leur enfant de faire telle ou telle chose sous la forme d’une question :
- « Adèle, veux-tu bien mettre ton bonnet ? ».
Adèle a une réponse très logique : « Non, pas maintenant ! ».
- « Adèle, je te dis de mettre ton bonnet ! »
A nouvelle formulation, nouvelle inflexion dans l’amabilité de mademoiselle : « Non ! j’ai pas envie ! » (au cas, maman, où tu n’aurais pas compris).
- « Adèle, tu le mets ce bonnet, oui ou non ? Tu sais que tu commences à m’énerver ! »
Adèle traduit le « tu commences à m’énerver » (seulement ?) comme une bonne marge de manœuvre en perspective.
Le tout est usant pour le parent comme pour l’enfant. Cela ne trace aucun contour lisible pour l’enfant qui, telle une bille de flipper, fait sa vie comme il peut, sans repère véritable, balloté selon sa propre humeur.

La menace annoncée est un autre exemple. Je pense à ce dynamique Anselme qui, dans la verdeur de ses 4 ans, s’est précipité devant moi cet été, à travers les voitures en attente dans une station service. Son but ? Appuyer sur un magnifique bouton d’urgence rouge situé, il est vrai, à sa hauteur. Le père voyant son fils démarrer en trombe, croit intervenir en posant cette question magnifique :
- « Mais Anselme, qu’est-ce que tu fais ? »
Il court Monsieur, il court et pris par l’élan de sa motivation à pousser ce beau bouton rouge, il a franchement autre chose à faire que de répondre à son père.
- « Anselme, tu vas t’arrêter, oui ? »
Et bien non, pas le temps. Du coup, Daddy sort la menace suprême, audible juste avant que la sirène ne soit déclenchée par sa progéniture :
- « Anselme, t’en veux une ? »
Alors, la réponse fusa, intelligente, et bien tournée quant à la politesse : « Non, merci papa ! ».
"Oin-Oin-Oin" fit la sirène de service paniquant les vacanciers alentour.

Voilà. Dire les limites, veiller à ce qu’elles ne soient pas dépassées, ou peu. Expliquer avant, appliquer pendant, cela n’est pas facile mais cela donne toute sa légitimité à notre parole de parents. Comme la pub (qui sait si bien parler aux enfants de ce qu'ils connaissent) le disait : « Tu as dépassé les bornes des limites, Maurice ! ». Bonne rentrée !

08.06.2007

Pourquoi les voyages forment-ils la jeunesse ?

medium_Enfants_voyages.jpgDe retour d’un récent voyage en famille à Amsterdam, je viens d’expérimenter les bienfaits de ces escapades qui mettent les enfants à la fois dans l’exotisme et la pleine réalité. Ce n'est pas si courant dans leur existence.

Dans la même logique qu’un grand investissement dans le "faire" avec les mains, manier, construire, élaborer est une richesse fondamentale à offrir à son enfant dans ses toutes premières années (cf mon article sur la cuisine), faire un voyage peut prendre une dimension éducative, un partage et une transmission de parent à enfant extrêmement structurante. C’est aussi "faire", en quelque sorte.

Car à bien regarder évoluer nos petits héros quotidiens, force est de constater que Madeleine, Gaston, Louisette et même Gustave ne sont pas, comme leurs prédécesseurs, des fabricants. Sans revenir sur le bon vieux temps du Meccano, nous leur donnons peu l’occasion d’être industrieux.

Pourquoi parler de faire pour évoquer les voyages ?
Et bien, ce n’est pas si loin. J’évacue tout de suite le voyage en clubs services, sorte de prison dorée (avec parfois barbelés et militaires dans certains pays comme l’Egypte ou la République dominicaine), lieux où les parents décompressent sachant leurs enfants pataugeant et mangeant au buffet géant ce qui leur passe par la tête, tout en apprenant le rock à 6 ans avec une animatrice étudiante.
Non, je parle du voyage préparé et vécu ensemble. Voici quelques idées, faciles à appliquer et très éducatives (et sympas) :

- En voiture, on commence par éteindre le GPS (arrêtez avec le GPS : 90% des gens ne savent pas le programmer et conduisent en tripotant des boutons !). Lire une carte, c’est… pas facile mais passionnant. « Madeleine, tu fais le copilote ! ». On aura pris du temps avant pour expliquer les autoroutes, les routes, les km affichés, prendre une direction, etc… Pour les plus calés, on fera des calculs de distances, en combien de temps, etc… et la géographie en générale : le pays, la région, la ville, le fleuve d’à côté…
- Si l’on voyage en voiture en Europe, il faut se préparer à un étonnement : nos enfants ne bronchent pas une oreille quand on dit « Regardez, on entre en Belgique ! ». Non événement absolu : vous avez des européens à bord.
- Préparer votre voyage par Internet ensemble : que va-t-on aller voir ? Discussion et arbitrage en famille assurés. Profitez-en pour commander de chez vous vos entrées aux musées ou dans les parcs d’attractions. Plus de files d’attente sur place.
- Offrez-leur un carnet de voyage (avec une trousse). On colle les tickets, on marque le soir à l’hôtel ce qu’on a vu. Exercice d’expression libre… très libre ! (à conserver au retour, car écrire ancre aussi la mémoire de son vécu).
- Confiez-leur des sous. Compter son budget, surtout dans une autre monnaie, fait travailler les tables d’addition, de soustraction aussi, malheureusement…
- Si vous optez pour la version campagne, c’est sans doute que vous avez déjà l’attitude de mettre en pratique leurs savoirs sur le terrain. Jouez-la « explorateur » avec l’équipement (jumelles, attrape insecte, boussole).
- Investissez dans des appareils photos jetables et surtout laissez-les faire : vous serez étonnés de leur talent et de la pertinence de ce qu'ils photographient ! (à coller dans leur carnet, bien sûr).

Voilà, les vacances approchent. J’espère vous avoir convaincus un petit peu. Mettre en pratique ses savoirs, c’est la meilleure façon de démontrer à son enfant que ce qu’il apprend à l’école sert à quelque chose de tangible : découvrir, explorer, engranger, être autonome, s’enrichir, ouvrir son regard.

Côté Amsterdam, la maison d’Anne Frank (la file d’attente est un peu longue, mais c’est très émouvant pour les enfants et les grands. Grande leçon d’histoire)
Pour équiper Gustave, l'explorateur : un tour chez Nature & Découvertes

02.05.2007

Violence éducative, la plus cruelle des transmissions

medium_OVEO_Violence_éducative_ordinaire.gifFrapper un enfant pour qu’il obéisse, tel un âne bâté, semble encore un geste ordinaire à certains. Une belle initiative vient pourtant demander que cela change.

Imaginez un instant :
Vous êtes dans votre bureau, ou bien dans votre atelier, devant votre machine. Toujours est-il que vous avez en tête, avec un peu de culpabilité, cette fichue tâche que vous n’avez toujours pas faite. Ce n’est pas un drame en soi, mais cela reste à faire…
C’est vrai, vous êtes un peu débordé en ce moment, il y a vos soucis personnels, l’obligation de finir cette tâche… que vous avez eu tendance à négliger un peu.

Tout à coup votre chef de service, ou votre chef d’atelier, rentre dans votre espace de travail et vous hurle dessus :
« C’est quoi ce truc ? Pourquoi t’as pas fini ? Je te l’ai pas dit 100 fois de finir ce machin là ?! Tu te fous de moi, hein, c’est ça, tu me nargues ? »…
Et sans vous laisser le temps de lui répondre, il fonce sur vous et vous flanque une claque magistrale. Pas du tout inquiet de votre air terrorisé ou que vous puissiez souffrir, il vous en retourne une autre encore plus forte. « Ca t’apprendra à te moquer de moi ! ». Et il sort, vous laissant là sous le regard de quelques témoins. Blessure, honte et haine mêlées. Ne cherchez pas de l’aide. Ce type a une autorité absolue sur vous.

Réveillez-vous, ce n’est qu’un cauchemar,... des plus invraisemblables, n’est-ce pas ?

Malgré la très petite prise de conscience que frapper une femme est interdit et sacrilège, il est encore convenu et implicite pour certains qu’une bonne raclée de son propre petit enfant, « ça peut pas faire de mal ».

Pourtant, celui qui est frappé enfant frappe à son tour ses enfants… ou ses élèves. Je suis d’ailleurs bien persuadée que l’enfant qui, dans la cour de l’école, ne sait que frapper les autres, est un enfant souvent frappé lui-même. Cycle accablant des transmissions de la violence.

Pourquoi frappe-t-on son enfant ? Vaste sujet...
Ceux qui battent ont leur part de gifles anciennes à régurgiter sur quelqu’un mais aussi un trop plein de peur de l’échec, du ratage de la porte « réussite », souvent du à leur propre parcours et aux pressions qu’ils ont subies. Aux pressions qu’ils subissent encore. Franchement, avec un peu d’aide extérieure, il est possible de faire baisser ces angoisses en soi, donc de ne pas en investir son enfant.
Un piou-piou, ça change avec tant de souplesse, contrairement à nous ! La violence ne peut que le tétaniser, en faire un adulte sans estime de soi. « L’enfant tétanisé dans son corps est sidéré dans sa pensée », dit la psychologue Suzanne Robert-Ouvray. La coopération, elle, épanouit. Et cela s’apprend.

Heureuse initiative
A l’initiative de l’Observatoire de la violence éducative ordinaire (OVEO), 115 associations françaises ont donc signé un appel pour que les enfants soient comme les adultes préservés des violences physiques. « En procédant à cette interdiction par la modification de l'article 371-1 du Code civil, la France remplira les engagements qu'elle a pris en signant la Convention relative aux droits de l'enfant, convention dont l'article 19 impose aux États de "protéger les enfants contre toute forme de violence".
Et elle rejoindra les 18 États, dont 16 États européens, qui ont déjà interdit sur leur territoire toute forme de punition corporelle infligée aux enfants. »

+ A consulter : le site du OVEO
+ Etre écouté ou se former dans une école des parents et des éducateurs
+ Découvrir le collectif « Ni claques, ni fessées »
La Fondation BODY SHOP contre la violence domestique

23.04.2007

Le vote manuel, belle leçon de citoyenneté

medium_France_tricolore.jpgLe débat est enclenché sur le vote électronique. Il semble tout de même curieux que cette disposition soit sortie au grand jour, à trois semaines du premier tour à la présidentielle et sans que les électeurs aient encore reçu leur carte électorale.

Côté éducation, je prône le vote manuel. Il me semble essentiel de maintenir cette ballade en famille un peu particulière. Vous vous rappelez sans doute vous-même comme un vrai souvenir d’enfance, d’avoir accompagné vos parents à l’école municipale du quartier (tout un symbole, ceci dit en passant) pour les voir voter.

En France, on vote le dimanche, contrairement à beaucoup de pays où cela se passe en semaine, en glissant son bulletin dans l’urne, avant ou après sa pause déjeuner.
Nous, en France, on vote le dimanche. Avant ou après le Poulet-Belle-mère. Du coup, les enfants sont aussi là pour nous accompagner. Et nous avons beaucoup à leur dire à ce moment-là. C’est complémentaire à l’éducation civique scolaire. Parents, une fois de plus, prenez votre part… transmettez !

Donc, on entre dans la cour (super propre la cour), on cherche son bureau de vote. Là, il y a des gens comme nous, enfin encore mieux que nous puisqu’ils passent leur dimanche à proposer des bulletins à l’entrée à leurs concitoyens. Acte gratuit, si il en est.
« Et pourquoi y’en a d’autres à l’autre bout de la pièce qui prennent des notes ? Et pourquoi y’en a un (une) qui reste debout en répétant sans cesse « a voté » devant une grande boîte en plastique ? », s’interrogent la petite Raymonde et l’espiègle Gilbert qui soulève le rideau de l’isoloir comme la jupe d’une fille !. « Non, Gilbert, le vote, c’est secret ». Maman a-t-elle dit « c’est secret », ou « c’est sacré » ? C'est pas le moment de la faire répéter : elle est concentrée. Le p’tit Gilbert sent bien qu'il faut lâcher sur la pitrerie. Les parents ont expliqué à table à quel point c'est du sérieux.

Et bien voilà : voter, c’est exprimer sa voix, tous les citoyens ont une voix et elle compte la même chose, elle a le même poids que celle du jeune black, celle du pâtissier et celle de la mamie qui font ensemble la queue pour atteindre l’urne.
C’est à la fois très secret (son choix) et très public : le nom de papa ou de maman a été prononcé bien haut, avec l’adresse même, et 4 personnes au moins ont été témoins du vote.
Impressionnant.

Face à la dématérialisation étendue de nos actes – écrire une lettre d’amour, retirer de l’argent, payer ses impôts – il est vraisemblable que nous aurons droit au vote électronique généralisé pour la prochaine présidentielle. Outre le risque évident de fraude, il faut s’inquiéter de cette virtualisation de la voix du peuple qui, en France et en Europe, a un privilège si rare en ce bas monde : voter.
Nos enfants doivent être convaincus que notre devoir citoyen est aussi… un droit. Eux aussi demain, auront leur mot à dire…

NB : A lire, et méditer : l'exemple fameux du vote électronique au Brésil.

Toutes les notes