18.02.2008

La fin de la grammaire générative ?

Le retour à la grammaire classique "sujet-verbe-complément" est donc annoncé. Pour les parents qui ne s'en sortent pas avec les groupes nominaux et autres déterminants, voici un petit rappel du problème à travers deux textes de ce blog.

Qu'en est-il de la grammaire générative ?

Le groupe nominal sujet : notion et fonction

L'année scolaire étant loin d'être terminée, tous les lecteurs de ce blog seront ravis (moi aussi !!!) de profiter de vos lumières et astuces pour gérer efficacement ces leçons de grammaire actuelle.

14.01.2008

Le groupe nominal sujet : notion et fonction

Bon. Ceci est un casse-tête chinois pour parents désemparés… avec solution intégrée. Je vous propose une piste d’explication pour apaiser petits et grands. J’avais déjà traité du GN (groupe nominal). Quid du GNS ?

Envergure du problème
Nous en sommes tous passés par là : la grammaire n’est plus celle que nous avons apprise. Je reviens sur le GNS, autrement dit le groupe nominal sujet car la confusion règne. J’avoue avoir mis un peu de temps à faire le tri.

Deux concepts, une confusion
D’abord, il faut poser le 1er concept. Qu’est-ce qu’un groupe nominal ? « C’est un groupe de mots dont le CHEF est un nom ». Soit : « le petit garçon ». « Garçon » est le chef du GN.

Là où les enfants décrochent, c’est que l’enseignant passe souvent dans la foulée au 2ème concept : le groupe nominal sujet.

GROSSE ERREUR de communication ! Car le 1er concept, c’est la CONSTRUCTION du groupe nominal, alors que le 2ème concept, c’est l’une des FONCTIONS que peut prendre ce groupe nominal. Hors, faute d’en faire la remarque à Yvonne et Prosper, ces derniers (et tous leurs copains) traduisent que ce sont là deux sortes de groupes nominaux distincts.

Exemple : « le petit garçon » va à l’école
- « Le petit garçon » est un groupe nominal. Il se trouve que ce groupe nominal est sujet de la phrase.

Exemple : « Nous avons vu le petit garçon »
« Le petit garçon » est toujours un groupe nominal. Mais sa fonction est d’être ici complément.

Repartons maintenant du sujet
Pour éclairer la lanterne d’Yvonne et Prosper, repartons du sujet qui peut être de 4 natures différentes : un nom propre, un groupe nominal, un article, un verbe à l’infinitif. Nos deux piou-piou peuvent vérifier par eux-mêmes que :

§ Un groupe nominal peur avoir fonction de sujet
§ Mais que tous les sujets ne sont pas des groupes nominaux
§ un groupe nominal peut avoir un autre rôle dans la phrase que d’être un sujet.


Cette clarification est essentielle pour que les enfants n’apprennent pas ces leçons de grammaire dans la confusion la plus complète. Elaborer une phrase, faire les accords (on accorde avec le CHEF du groupe nominal), c’est bien difficile si on confond construction et fonction, n’est-ce pas ?

Si vous avez des pistes d’explication pour d’autres notions, n’hésitez pas !

Voici un premier texte de ce blog sur la grammaire casse-tête :
Qu'en est-il de la grammaire générative ?

10.02.2007

L'orthographe, les parents et la citoyenneté

Le Monde révèle (9/2/07) que le niveau d’orthographe des 5èmes actuels est celui des CM2 d’il y a… 20 ans. La Vox Populi s’insurgera : « Ces profs, franchement, sont des incapables ! ». Et si les familles prenaient leur part ?

Les méthodes peuvent certes être discutées, le nombre d’heures consacrées à l’orthographe enfin revalorisées… et j’ai moi-même longuement dans Heureux à l'école fustigé le concept "d'observation de la langue" fixée dans les programmes. Mais il n’y a pas que cela. Trois points fondamentaux restent peu évoqués. Les occulter, c’est fausser le débat.

1 l’orthographe ne s’inculque pas à 6 ans mais avant, en famille
L’orthographe, bien avant l’école, s’incorpore. Pour cela, dès les premiers mois de la vie, les histoires racontées par les parents bercent l’oreille de bébé. Ensuite, ce sont les petits albums. La production de livres illustrés et de petits magazines est de haute qualité en France, fondés sur les sons, les lettres, associés aux couleurs.
Cela, bien avant l’école, ce sont les parents, grands parents, grands frères et sœurs qui y concourent. Bien avant les enseignants.
A l’âge de la maternelle, blottissez-vous dans un canapé avec votre enfant et lisez, (pas trop vite et en insistant sur le ton). Vous remarquerez encore que l’enfant ne regarde pas le plafond et pas si longtemps que ça les illustrations. Si vous placez votre index sous la ligne lue, comme il (elle) le fera bientôt en classe, les mots seront absorbés très naturellement.
Evidemment, s’il a une gameboy à 5 ans, la télé dans sa chambre (25% des enfants) et a lancé un « NON ! » péremptoire au premier album suggéré… Mais alors, ce n’est pas à l’enseignante de CM2 qu’il faut s’en prendre. Ou pas seulement.

2 Qui leur révèle le bénéfice et la joie d’une bonne orthographe ?
Les enfants ne savent pas toujours à quoi rime ce qu’ils apprennent à l’école. Comme nous, ils sont d’autant plus motivés dans leurs actions qu’ils en perçoivent le bénéfice ! L’orthographe leur semble avant tout une contrainte. Or, cela peut devenir - presque - un jeu. Comme on apprend l’orthographe en regardant tôt les mots, on absorbe mieux la logique avec ce petit fil rouge, déroulé dès les premières années = « Dans le mot « carottage », qu’est-ce que tu entends ? »… « Carotte !», s’exclame vainqueur le petit Marius. Pourquoi « é » ne se prononce pas « è », pourquoi y-a-t-il 2 « t », ou 2 « ll » ? Cela n’est pas le fruit du hasard ! Cela a une logique toute aussi passionnante à acquérir que de faire sauter Super Mario et ses pizzas.
Parce que l’orthographe est perçue bêtement comme un artifice, un truc superficiel, alors qu’elle n’est que le résultat d’une bonne maîtrise du fond, de la structure de la langue. "en sang » n’est pas « encens » / « en sainte » n’est pas « enceinte ».

3 L’orthographe a quelque chose à voir avec la citoyenneté
Si ! Car savoir ce que les mots expriment, ne pas se laisser refiler un mot pour un autre, partager une langue qui a une histoire, ce n’est pas rien. « Ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement », dit l’adage. Le charabia des mystificateurs, bâteleurs et autres mauvais prophètes en serait un peu moins facilement gobé. En cela, les familles les plus fragiles – question de citoyennenté aussi – doivent être aidées par la communauté (je ne dis pas « collectivité »).

06.11.2006

Après la méthode globale, la grammaire générative ?

Exit la méthode globale par le ministre de l’Education nationale en personne. Rappelons qu’il s’agit pour apprendre à lire, de partir de blocs de mots dans la phrase plutôt que des lettres formant des syllabes, qui elles-mêmes forment des mots, (d’où le terme de syllabique).

Mais les parents restent tout aussi perplexes quand le soir venu, ils regardent les leçons de grammaire de leurs enfants. Eux qui ont appris la doctrine du « sujet-verbe-complément » (d’objet direct COD ou indirect COI), doivent entrer (s’ils le peuvent) dans la logique de la grammaire générative.
Vous ne connaissez pas ? C’est pourtant indispensable. Résumons.

La grammaire générative a été mise au point à la suite des travaux de M Noam Chomsky, éminent américain qui souhaitait par cette analyse structurelle de la phrase rendre compte de la totalité du sens de la phrase concernée. Il est d’ailleurs souvent dit que cette démarche n’est pas si éloignée du code informatique ou des mathématiques modernes.

La phrase se compose donc de sous-ensembles : groupes verbaux et groupes nominaux.

Un groupe nominal a pour structure :
Déterminant (notre ancien article ou pronom personnel) + adjectif + nom
Soit :

- la veste est rouge à col bleu, (déterminant + nom)
- la petite veste est rouge à col bleu, (déterminant + adjectif + nom).
- la petite veste de ma soeur est rouge à col bleu, (déterminant + adjectif + groupe nominal)


Dans ce cas on dira que le chef du groupe nominal est « veste ». Il faut bien trouver sur quoi accorder le verbe.

Le groupe verbal a pour structure :
Verbe + groupe nominal.
Soit :
- la petite veste est rouge à col bleu,

On parle tout de même de sujet. Là on reprend la notion dans l’autre sens :
Un sujet peut être :
- un groupe nominal (cf ci-dessus),
- mais aussi un nom propre,
- un verbe à l’infinitif
- un nom commun.

Bon, voilà. Cela perd les parents. Les moins matheux de nos enfants ne seront vraisemblablement pas bons non plus en grammaire moderne… Si cette petite note peut vous aider à faire le tri ou entamer le dialogue avec l’enseignant, ce sera déjà pas mal… n’est-ce pas ?

A lire pour compléter votre formation : Le groupe nominal sujet : notion et fonction

31.03.2006

Fin officielle de la méthode globale

Un arrêté ministériel du 30 mars 2006 met donc officiellement fin à l'utilisation de la méthode globale pour l'apprentissage de la lecture. Avec application dès la rentrée 2006.
En fait, elle n'a jamais vraiment été appliquée "pure et dure", cette méthode globale. Mais certains enseignants passaient effectivement par la découverte des mots visualisés dans leur globalité pour entamer les premières semaines de découverte des mots et de leur lecture. (un petit chapitre dans "Heureux à l'école" pour bien faire le distinguo).
Retour donc à la méthode classique, plutôt côté beu-a-ba... beu-u-bu.
La dimension globale reste toutefois immiscée dans quelques leçons de "structure de la langue". Je pense à cet exercice : ne pas confondre "son" (le sien) et "sont" (verbe être à la 3è personne du pluriel).
En fait, les enfants ne se posent a priori aucune question sur ces deux mots à la sonorité semblable mais à la visualisation dissemblable. J'ai essayé avec mes enfants ou des copains du même âge. Ils "patatent" tous complètement.
Cette pensée globale, cette posture à étudier la structure de la langue est quasi impossible pour une pensée enfantine. Espérons qu'au-delà de la lecture, grammaire et orthographe sauront aussi "refaire plus simple"...