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27.06.2008

Contre la violence sur enfants prônée par Naouri

afdab7298d94607e0c96596ead9134b8.jpgJ'avais déjà longuement écrit sur le sujet : "Violence éducative, la plus cruelle des transmissions". Les récents propos d'Aldo Naouri m'imposent en conscience d'en reparler ici, pour le bien de mon ami Anatole et de sa copine Philiberthe.

L'apologie de l'éducateur fasciste
Dans un dossier publié cette semaine par le Nouvel Obs, le pédiatre Aldo Naouri fait l'apologie de la gifle. La notoriété médiatique ne permet pas de dire n'importe quoi et pourtant ce médecin assène : "C'est pourquoi, et je l'assume, j'écris qu'il faut élever les enfants sur un mode dictatorial, «fasciste» même, pour en faire plus tard des démocrates. Car, si on les élève de façon démocratique, on en fera assurément plus tard les pires fascistes qui soient." Voilà de la dialectique de comptoir ! Si vous êtes fasciste avec votre enfant pour en faire un démocrate, ce dit démocrate fera donc de vos petits enfants... des fascistes !

Et pour que l'on comprenne bien l'objectif avoué, il avance : "C'est une façon de les préparer, lorsqu'ils seront adultes et entreront dans le monde du travail, à la rigueur de la hiérarchie".

Une grille d'analyse erronée
Tout cela tenait sans doute dans l'enfance de Monsieur Naouri, dans la Lybie de 1937. Il est facile, quand on a le pouvoir du micro, d'encourager la violence envers les enfants, au prétexte de la verticalité de la relation parent-enfant. Mais dans quel monde vit ce pédiatre retraité ? N'a-t-il pas remarqué qu'Internet, le réseau, les réseaux, la mobilité, la féminisation de l'entreprise (quoique...) ont particulièrement opéré cette révolution cybernétique : l'horizontalité, les rhisomes de la communication ne passent plus par le pater familia et la verticalité de la hiérarchie. Comme je l'écrivais dans mon premier post (lien ci-dessus), votre supérieur hiérarchique n'a plus le droit depuis quelques décennies de vous mettre une beigne pour travail mal fait ! Alors, pourquoi préparerait-on nos enfants à être des soumis ? Pourquoi donc, alors qu'il leur sera demandé de plus en plus de concourir à des stratégies de projet, d'agrégation de compétences et d'intelligence collective ?

L'horizontalité des relations : voilà l'enjeu !
C'est tout l'enjeu de l'éducation d'aujourd'hui auquel sont confrontés les parents. Ne pas frapper ne veut pas dire démissionner mais encadrer, poser des limites, sans hurler ni meurtrir. Cela prend plus de temps, certes, que de lâcher ses pulsions sur un gosse. On peut se faire aider d'ailleurs pour enclencher une relation rénovée.
Rien ne justifie qu'un veil homme en total décalage avec le monde d'aujourd'hui nous serve son analyse erronnée et qu'un de nos derniers grands magazines nationaux boive ses paroles, sous prétexte qu'il fait des ventes.

Pour Anatole et Philiberthe
La société que vont contribuer à bâtir Anatole et Philiberthe leur imposera, c'est vrai, des contraintes hiérarchiques mais la force des chefs sera bien moins dans les coups physiques que dans les coups psychologiques, les pressions harcelantes, les manipulations d'informations, etc... La grille d'analyse et les incitations au "dressage" de Mr Naouri, si elle étaient appliquées, feraient d'Anatole et de Philiberthe des chiens couchés, effrayés par le balai. Alors qu'il leur faudra vivre au milieu des singes légers, mobiles et, sans doute, manipulateurs... Négocier, interpréter, échanger, s'adapter sans cesse. Voilà les défis de leur acquisition d'aujourd'hui. Si possible, de leur maîtrise pour demain. C'est à leurs parents de leur apprendre à "faire face" dans ce monde en perpétuel changement, à "faire face" aux dictateurs, aussi. En aucune façon, les parents ne doivent devenir les maltraitants qui induisent que frapper est légitime, qu'être frappé est acceptable.

Personnellement, je ne conçois pas la relation parent-enfant (ni enseignant-enfant, d'ailleurs) comme celle qu'entretient un vigile avec son berger allemand.

J'avais aussi écris un post sur cette autre incohérence éducative : la menace perpétuelle. Il est donc bien question, là aussi, d'apprendre à poser son autorité par le langage...

Pour comprendre les nouveaux enjeux relationnels qui se tissent actuellement : "Comment le web change le monde", ou l'alchimie des multitudes.
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11:35 Publié dans Bien-être des enfants | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : autorité, violence, Naouri, gifle, fessée, parents, jeunes

Commentaires

Cet Aldo est une calamité et ceux qui lui accordent des tribunes en sont une autre. C'est un peu comme Eric Zemmour paniqué à l'idée que la société se féminise. Ces types devraient être rangés sur l'étagère des curiosités historiques, sous la poussière. Ils prônent des thèses appartenant à des temps moins civilisés que le notre. Et pourtant les médias leur donnent la parole...

Ecrit par : Isabelel Germain | 27.06.2008

Oui, fort heureusement, Sainte Edwige Antier, en détournant les fonds d'une association d'aide à l'enfance (SIC !!!) s'est auto disqualifiée !

Ecrit par : Anne | 27.06.2008

Bonjour Anne,

J'aime le titre de votre Blog, il en dit long sur l'état d'esprit de l'auteur...Heureuse à l'école, même face aux difficultés, je le suis également. C'est important, pour nos élèves!

Pour ce qui est de l'autorité, là encore je vous rejoins. Quelle tristesse de lire ce genre de propos dans la bouche d'un auteur aussi médiatique que Naouri. Le climat dans lequel les familles précaires vivent et dans lequel certaines situations scolaires se trouvent plongées incite à ce genre de propos.

Rétention, injonction, obligation, devoir, intransigeance...ces mots se vendent facilement car ils sont simplistes et n'incitent ni à la réflexion, ni à la remise en cause...

Voilà un petit article tout frais que j'ai écrit sur BLOG BLEU PRIMAIRE la semaine passée.

A bientôt Anne!

http://lewebpedagogique.com/ostiane/2008/06/19/lautoriteune-histoire-dequilibres/

Ostiane

Ecrit par : ostiane | 28.06.2008

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