28.08.2007

T'en veux une ? Non, merci !

Il est toujours intéressant d'écouter ce que disent les parents et les enfants. C'est le bon vieux truc : "Qu'est-ce que tu me dis quand tu me parles ?". Et bien, avec un peu d'attention, on découvre des choses étonnantes.

Par exemple, cette propension des parents à questionner au lieu d’ordonner calmement ou encore à menacer sans fin et sans mise en exécution (heureusement parfois, étant donné les menaces !!!).
C’est une question de relation, d’autorité, de légitimité et de confrontation, parfois de prise de pouvoir des petits sur les grands.

Ainsi entend-on souvent les parents demander à leur enfant de faire telle ou telle chose sous la forme d’une question :
- « Adèle, veux-tu bien mettre ton bonnet ? ».
Adèle a une réponse très logique : « Non, pas maintenant ! ».
- « Adèle, je te dis de mettre ton bonnet ! »
A nouvelle formulation, nouvelle inflexion dans l’amabilité de mademoiselle : « Non ! j’ai pas envie ! » (au cas, maman, où tu n’aurais pas compris).
- « Adèle, tu le mets ce bonnet, oui ou non ? Tu sais que tu commences à m’énerver ! »
Adèle traduit le « tu commences à m’énerver » (seulement ?) comme une bonne marge de manœuvre en perspective.
Le tout est usant pour le parent comme pour l’enfant. Cela ne trace aucun contour lisible pour l’enfant qui, telle une bille de flipper, fait sa vie comme il peut, sans repère véritable, balloté selon sa propre humeur.

La menace annoncée est un autre exemple. Je pense à ce dynamique Anselme qui, dans la verdeur de ses 4 ans, s’est précipité devant moi cet été, à travers les voitures en attente dans une station service. Son but ? Appuyer sur un magnifique bouton d’urgence rouge situé, il est vrai, à sa hauteur. Le père voyant son fils démarrer en trombe, croit intervenir en posant cette question magnifique :
- « Mais Anselme, qu’est-ce que tu fais ? »
Il court Monsieur, il court et pris par l’élan de sa motivation à pousser ce beau bouton rouge, il a franchement autre chose à faire que de répondre à son père.
- « Anselme, tu vas t’arrêter, oui ? »
Et bien non, pas le temps. Du coup, Daddy sort la menace suprême, audible juste avant que la sirène ne soit déclenchée par sa progéniture :
- « Anselme, t’en veux une ? »
Alors, la réponse fusa, intelligente, et bien tournée quant à la politesse : « Non, merci papa ! ».
"Oin-Oin-Oin" fit la sirène de service paniquant les vacanciers alentour.

Voilà. Dire les limites, veiller à ce qu’elles ne soient pas dépassées, ou peu. Expliquer avant, appliquer pendant, cela n’est pas facile mais cela donne toute sa légitimité à notre parole de parents. Comme la pub (qui sait si bien parler aux enfants de ce qu'ils connaissent) le disait : « Tu as dépassé les bornes des limites, Maurice ! ». Bonne rentrée !

Commentaires

Tellement vrai !
:-)

Ecrit par : Lucilius | 27.04.2009

Je me marre et en même temps... je me demande combien de fois j'ai du parler a mes enfants de la sorte ....
en tous les cas ca respire le bon sens tout ca :-)

Ecrit par : Pascallle | 24.06.2009

Merci Pascallle pour votre commentaire. Oui, nous en sommes tous là... En rire permet de ne pas éluder, parfois... ;)

Ecrit par : Anne Leguy | 24.06.2009

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