15.12.2008
Le peuple des enfants dans la Lune : comment être solidaire ?
Pendant des siècles, les gens se sont demandés s’il y avait des gens qui vivaient sur la Lune. La science a prouvé que non. Pourtant, il existe bel et bien un peuple innombrable et finalement méconnu : les enfants dans la Lune. C’est fou comme ils sont nombreux, combien ils perdurent au fil des générations. Pourtant, pour les parents, c’est à la fois un grand mystère et une interrogation de tous les jours.
Qu’est-ce qui fait qu’un enfant « n’est pas là », « dans la Lune », « inscrit aux abonnés absents », « ailleurs » ?
L’enfant qui vit dans sa bulle semble donc avoir trouvé refuge et avec toute sa candeur, s’être unilatéralement autorisé à ne pas participer à des réalités pourtant obligatoires (vu du point de vue des parents !) : l’école, le dîner en famille, et parfois même les copains à la maison.
Cette stratégie d’évitement n’est pas forcément « contre » les autres. Non, le besoin de penser par soi-même, de vivre dans l’imagination, collé au plafond de ses propres histoires plutôt que contraint par la réalité et ses semelles de plomb.
Pas facile pour les parents : une telle attitude laisse présager une belle capacité de créativité. Pourquoi la casser ? Mais c’est aussi un véritable handicap social : comment les aider à revenir dans la partie. Ecouter. Participer.
Il n’y a pas de solution toute faite : mais j’ouvre juste une porte… Essayer de pratiquer avec son enfant un repositionnement. Lui apprendre à « ne pas partir dans la Lune ». Pratiquer avec lui le « Ici et maintenant ». Tu fais telle action, là, ici maintenant, on se concentre ensemble. C’est très difficile au début mais cela peut être un chemin.
Lui conseiller, aussi, de se construire des astuces pour rester accroché au sol, à la réalité. Dès que tu sens ton esprit vagabonder, essaie de te poser la question : la maîtresse, elle est habillée en quelles couleurs ? Elle vient de dire quoi exactement ? Mais là réside tout le problème : cet instant magique et fascinant (mais pas drôle du tout) où ils switchent vers la Lune.
En tout cas, ils ont besoin de notre aide. Car un enfant dans la Lune est bien obligé d’atterrir, secoué par les adultes qui s’impatientent. Et là, voyageur sans billet, l’enfant lunaire se sent illégitime, décalé, pris en faute, pas au courant de ce qui vient de se passer. Son stress est total. Ce n’est donc pas un sujet à laisser en suspens. (Vos commentaires et partages d'expérience concernant ce sujet sont les bienvenus).
Bref, une étude et des chemins appropriés seraient vraiment nécessaires.
11:35 Publié dans Côté pédagogie | Lien permanent | Commentaires (34) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : enfant lunaire, manque de concentration, trouble, attention, pédagogie, rêveur, école, psychomotricité








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Commentaires
Mon fils a huit ans et est souvent absent. Il a une hyperactivite cerebrale qui lui pose beaucoup de problemes a l école. Que faire ?
Ecrit par : Sylvie | 22.11.2007
Sylvie : je vous ai répondu longuement en rubrique "Sante des enfants". A bientôt.
http://heureux-a-l-ecole.blogspirit.com/archive/2007/11/29/mon-fils-hyperactif-et-absent-a-des-problemes-en-classe.html
Ecrit par : Anne Leguy | 29.11.2007
mon fils enzo aime l'ecole ,il est entré en cours préparatoire cette année au CP,mais il a des difficulté a terminé ses devoirs donnée par l'institutrice dans la journée.
cette année l'ecole doit axcéptée des handicapés mentales , la loi l'oblige.ils sont 6 en tout.mon probléme comme enzo a du mal a terminée ses devoirs l'institutrice le met avec ces enfants pour qu'il rattrape le retard pris dans la journée.
que dois-je faire?
Ecrit par : gardez | 02.12.2007
Bonjour Gardez
Je comprends votre souci. Je pense qu'il vous faut prendre vite rendez-vous avec la maîtresse et lui expliquer - très posément - votre difficulté. D'abord, que propose-t-elle pour remédier à cette lenteur ? En CP, écrire est un vrai nouveau défi. Peut être a-t-il à coeur de bien former ses lettres, ce qui lui fait perdre du temps. Ou alors, il rêve : comme je l'indique à Sylvie, la psychomotricité aide beaucoup dans ce cas là. Quel est son diagnostic, à la maîtresse ? Sans aucun irrespect pour ces jeunes enfants handicapés, vous avez aussi le droit de dire votre crainte qu'Enzo le prenne mal. Est-il le seul enfant à rester avec les amis ayant des handicaps ? Si la maîtresse se braque, pensez à prendre rendez-vous avec l'une des associations de parents d'élèves : ils peuvent vous venir en aide. Il y a du nouveau dans votre école avec cette intégration de nouveaux enfants et vous n'êtes sans doute pas seule. Mais pour l'avoir vécu en tant que parent, sachez que les enfants handicapés sont aussi une chance pour nos enfants valides. Voir mon article : http://heureux-a-l-ecole.blogspirit.com/tag/handicap.
Enzo manque un peu de vitesse ? C'est très fréquent en cp... et au delà. Rassurez-le, et essayez à la maison sous forme de jeu de le faire écrire un peu plus vite... Bon courage et à bientôt.
Ecrit par : Anne Leguy | 02.12.2007
mercie pour votre mot ,mais j'ai oublié de vous préciser que je suis parent d'éléve depuis 3 ans (2 ans en maternel et 1 année en cp)
quand enzo nous a expliqué qu'il été avec des handicapés pour rattrapé son retard pris en classe ,ma femme a vue l'institutrice le lendemain matin a 8h30 .
l'institutrice nous a révélée que enzo travailler trés bien quand elle s'occupée de lui mais que malheureusement le retard pris elle était obligée de mettre enzo avec la femme qui s'occupe des handicapés.mes cette femme de la CLIS n'est pas institutrice ?
je tiens a dire que si nous ne faisons pas de dèmarche pour savoir réellement ce qui ce passe ,nous ne s'avons rien du tout.
et en tant que parents d'éléves ,je sais de quoi je parle .
de plus les votes de parents d'éléves qui ont eu lieu debut octobre 2007 ont été catastrophique sur 140 votants il y a eu que 38 personnes qui ont votées. je dit tout ça car il se pourrait qu'une classe pourrée etre encore fermer l'année prochaine car le maire regarde le résultats des votes de l'année écoulée.
Ecrit par : gardez | 02.12.2007
Bonjour,
Je me sens un peu "largué": mon fils, R, bientôt 8 ans, plane. Sa mère et moi sommes divorcés, nous avons refait notre vie, nous gardons de bons rapports et, de mon côtè il a un petit frère de 16 mois.
Il est souvent en retard à l'école... parce qu'il est "dans la lune".
Son maître le secoue un peu (je pense que ce n'est pas bon), et du coup R en fait un rejet et écoute encore moins. C'est un peu le "cas soc'" de cette petite école de campagne.
Je lui ai expliqué qu'il se faisait du mal à lui-même en agissant ainsi et qu'il se coupait des gens autour de lui.
Ce n'est pas un enfant triste en apparence, il pratique le judo, joue de la batterie, a un grand sens de l'humour et de la justice...
Mais il s'invente des mondes, vit beaucoup dans l'imaginaire et est d'une très grande sensibilité.
Je le trouve, de ce fait, d'une grande fragilité et, lorsque je perds patience, il m'arrive de me mettre en colère et de crier, mais j'ai le sentiment que ça le braque plus qu'autre-chose.
Je m'en retourne vers vous car je suis un peu perdu.
Merci
Ecrit par : Sébastien | 17.12.2007
Bonjour Sébastien. Votre message est plein d'indications plutôt positives : certes vous avez divorcé mais l'entente avec la maman de votre fils lui permet de grandir avec l'attention de deux parents responsables. Certes la naissance de son petit frère n'est sans doute pas un truc facile, mais pas forcément inducteur de sa tête dans les nuages, qu'il avait sans doute déjà avant. Oui, les enfants dans la Lune sont de grands inventifs. Il semble que la réalité qui les entoure ne parvienne pas à entrer en concurrence avec leur planète. Et les enseignants s'agacent toujours facilement de ces enfants. Repartons de R : il a des talents, mais pas une bonne image sociale auprès des copains. En-a-t-il, des copains ? Fait-il des trucs avec vous, son papa ? Si je peux me permettre cette piste : les enfants dans la Lune ont besoin d'apprendre à... s'ancrer. Souvent, il y a chez eux une coupure entre la pensée et "l'agir". Pour cela quelques séances de psychomotricité aident beaucoup. Car ils sont tous curieusement très capables de concentration mais pas là où on voudrait qu'ils la mettent. Leur faire faire des choses manuelles, (cuisine, plantations, jeux de société). Inventez des "règles d'or" : quand le maître te dit Marquez les devoirs, tu commences par quoi ? 1 tu ouvres ton cahier, 2 tu écris la matière, 3 l'exercice, etc... Bref, il faut du "terre à terre" et des processus, avec des étapes ! A bientôt, Donnez de nouvelles un de ces jours !
Ecrit par : Anne Leguy | 01.02.2008
bonjour,
je vous remercie de créer des articles afin de renseigner et de rassurer les parents, moi aussi j'ai un fils de 8ans en ce1, il est un enfant lunaire. Trés souvent le soir il a des devoirs de rattrappage qu'il n'a pas eu le temps de faire par rapport à ses camarades, avec la maitresse nous ne savons pas quoi faire pour le motiver et l'aider, il travaille bien et à de bons résultats mais malheureusement par rapport à une norme dictée "d'enfants rapides" il n'est pas dans le moule.
Lui il est tout à fait heureux comme celà, il est calme dans la vie, trés posé, il est apprécié des adultes car trés poli et conversation censée.
Travaillant actuellement à domicile je reste à ses côtés pour faire les devoirs du soir afin de le stimuler, mais que serait 'il bon de faire en plus, une psychomotricienne?.
je vous remercie par avance de votre réponse,
sincéres salutations
sabine
Ecrit par : Sabine | 29.02.2008
Bonjour Sabine,
Si je vous lis bien, votre fils travaille bien et a de bons résultats scolaires, il est un petit garçon heureux et calme. Seulement voilà : il est dans la lune et lent. Est-il vraiment lent d’ailleurs ? N’est-ce pas plutôt qu’étant « aux abonnés absents » pendant quelques minutes, il n’a pas noté ce qu’il fallait et prend le train des exercices en retard ? Ne pourrait-on pas plutôt remarquer qu’il est dans la lune et pas assez rapide pour le compenser à l’écrit ???
Voici donc deux points cruciaux :
- c’est pour la chose écrite qu’il n’assure pas. Ecrit-il encore « bébé » ? Il faudrait l’inviter à écrire plus petit, sans faire de la belle calligraphie. Et voir avec la maîtresse s’il est si indispensable de lui rajouter des devoirs, si ce sont des notions acquises. Si c’est un enfant lecteur (je le parierais…), mieux vaudrait qu’elle lui impose de faire des présentations de livres comme devoir supplémentaire.
- C’est donc sur la lune qu’est le véritable problème !… car ayant de bons résultats, il doit avoir j’imagine une excellente mémoire. (là, il compense mieux que bien).
A priori, il emmagasine vite et décroche car souvent d’un détail dit par la maîtresse, il extrapole. Les lunaires partent dans l’imagination, élaborent des scénarios : l’école parle de la géographie des montagnes françaises et les voilà en train de se demander comment on perce ces immensités pour construire les tunnels. Ce n’est pas qu’ils ne soient pas là. Ils sont à côté ou en avant du propos, ce qui est inenvisageable pour l’éducation nationale !
Vous dites aussi Sabine que son discours est très apprécié des adultes… puisque vous me demander quelques pistes de réflexion, je pense vraiment qu’un test de précocité serait bienvenu (cf mon article sur le sujet). Il ne s’agit pas seulement d’un test de QI, avec un chiffre, mais surtout d’une analyse de la manière dont il opère pour apprendre. Par ailleurs, si votre fils est du genre à ne pas faire le lien entre penser et agir (par ex. en ne sachant jamais où sont ses affaires, quel cours exige quel matériel), quelques séances de psychomotricité aide souvent à apaiser le quotidien. Tout ça, ce ne sont que des pistes sans prétention… Donnez de vos nouvelles !
Ecrit par : Anne Leguy | 05.03.2008
Bonjour,
Merci pour votre réponse. R va beaucoup mieux; Il a des copains dans le voisinage (ils passent le chercher, il va les voir dès que possible). Je trouve ça super pour lui car ils jouent tous ensemble, grimpent aux arbres, font des cabanes... il rentre à la nuit tombée, les genoux terreux et le front en sueur!! Il gagne en autonomie parce qu'aussi, il lui arrive de s'ennuyer. Du coup, je fais en sorte qu'il cherche à s'occuper les mains.
Celà-dit, dés que j'en ai le temps, je fais des choses avec lui.
Aussi, je me rends compte qu'il ne s'ennuie jamais chez sa maman (ce décalage pourrait-il être destabilisant?) mais est-ce utile d'en parler ici?
Les liens avec son petit frère se resserrent et la jalousie semble s'effacer. Il est très protecteur, des fois trop à mon goût.
En ce qui concerne l'école et ses résultats, il travaille bien mais a toujours "peur" de se tromper (il a tendance à paniquer) ce qui fait qu'à la maison, on bosse les maths ensemble (je n'insiste pas trop et il s'en sort pas trop mal... je trouve). Il adore lire. De ce côtè, rien à dire!
Je me rends compte que le temps que nous laissons aux enfants pour grandir fait assez bien les choses. Il suffit de rester vigilants et de savoir se rendre disponible de temps en temps. Merci encore.
Ecrit par : Sébastien | 11.03.2008
je vous remercie pour votre réponse trés compléte et trés appréciable, je vais suivre vos conseils et ne manquerais pas de vous tenir informée.
encore merci pour tout.
sabine
Ecrit par : Sabine | 11.03.2008
Pour Sébastien,
Je suis vraiment heureuse pour vous, Sébastien, de ces nouvelles. Oui, être disponible est vraiment une règle d'or pour nos petits enfants (et un défi dans cette société du tout tout-de-suite très vite). R s'épanouit parce qu'il sait que vous êtes là, attentif, protecteur, (mais pas trop)... bravo, vraiment de cette belle relation que vous tissez... cela lui permettra aussi d'être en confiance avec vous quand il va aborder les 40èmes rugissants de l'adolescence... Bon vent !
Ecrit par : Anne Leguy | 12.03.2008
Bonjour,
Mon fils a presque 5 ans et il est au jardin toute la journee. Il est un fils unique. Je me rends compte que mon garcon est tres agite, il est souvent dans la lune et a de la difficulte a se concentrer. Son professeur me dit qu'il a de la difficulte avec la coordination et ne veux pas participer aux chants et comptines. Elle dit qu'il peut avoir de la difficulte avec le sucre, il n'est pas encore assez mature ou autre. Que penses-vous.
Andlou
Ecrit par : Andlou | 13.09.2008
je trouve que les enfants lune sont courages
Ecrit par : founier | 16.11.2008
BONJOUR
J'ai un fils de 12 ans(5eme)qui plane,qui plane,qui plane....
ce qui lui pose de plus en plus de problemes relationnels avec ses camarades de classe,ils le rejettent et malheuresement le tape et l'insulte.Je suis cela de trés prés et j'en parle avec la cpe et les profs.Ils sont tous d'accord pour dire que mon fils est décalé par rapport aux autres,ils me disent aussi que c'est un garcon trés sympathique(je le sais dèja) et que si il avait les pieds sur terre,il pourrait avoir des résultats trés satisfaisant.Je suis constamment dérrière lui pour le ramener sur terre,parfois avec patience et d'autre fois je rale fort car ca me fatigue.Il aime la musique, il pratique de la harpe mais a beaucoup de mal en sport.Ce n'est pas qu'il n'aime pas le sport c'est qu'il est un peu désordonné dans ces mouvements du coup il est a la traine.Je me fais beaucoup de souci pour lui .Parfois je me dis que c'est certainement nous qui n'avons pas su lui donner ce qu'il faut pour bien grandir.C'est pas facile tout les jours et j'aimerais savoir se qu'il faut qu'on fasse pour qu'il s'épanouisse malgré tout(je ne sais pas si c'est les bons mots).Je précise que notre garcon est de caractère enjoué, trés calin et il est aussi volontaire.
Ecrit par : floc'h | 08.12.2008
Bonjour,
A distance, sans connaître votre contexte de vie, vous comprendrez que je ne peux évoquer que des pistes. Mais il y a beaucoup d’informations dans votre interrogation, permettant d’identifier quelques indices :
J’imagine que cette « capacité à planer » n’est pas récente. Avec la pré-adolescence, cela inquiète encore un peu plus. D’autant que vous sentez bien qu’avec le temps il sera de moins en moins justifié que vous preniez rv avec un CPE pour défendre sa cause. Toutefois, cette année, il serait pas mal de contre carrer le fait qu’on frappe votre fils et qu’on s’en moque. C’est surtout pour qu’il perçoive le signal que vous êtes un parent protecteur.
Si je peux me permettre, vous n’avez pas à vous culpabiliser de cette situation ! Votre fils semble avoir beaucoup d’atouts. Il va bien dans la mesure où il est intéressé par ce qu’il entreprend, s’y tient parce qu’il est volontaire et fait et vit « l’air enjoué », tant qu’il n’est pas obligé de se confronter ou de s’évaluer à ses camarades de collège.
Un manque de confiance en soi ? Une estime de soi dégradée ? Vous voyez le cercle vicieux : il préfère éviter le contact avec les autres, qui le rejettent, ce qui entretient en lui l’idée qu’il n’est pas à la hauteur d’une relation et qu’il est normal d’être rejeté et battu. Donc, retour sur les nuages, etc….
Beaucoup de parents aimeraient pourtant bien avoir un enfant moins collé aux copains et plus attentif à développer ses talents !
Mais le groupe, la collectivité a du toujours lui peser. Cela reste cependant la règle générale de vie sociale, ce dont il faut qu’il prenne conscience. Le grand nombre l’engageant plutôt à fuir dans ses pensées, vous pouvez peut-être l’aider en l’incitant à inviter un ou deux amis. A-t-il un copain avec qui se mettre en phase ? Un garçon – ou une fille, d’ailleurs ! – qui est dans son cours de harpe, par exemple ? Une relation simple aide beaucoup les enfants à s’investir mieux.
Par ailleurs, prendre conscience de son corps dans l’espace est difficile pour les enfants dans la lune. Je parle ici souvent de psychomotricité. C’est un paradoxe auquel vous devez porter attention : votre fils est très coordonné (puisqu’il est harpiste et heureux de l’être) mais mal à l’aise en sport. C’est peut-être moins sa capacité physique que sa gêne vis-à-vis des autres, son peu d’intérêt à courir derrière un ballon, un manque de motivation. Tous les garçons ne sont pas obligés d’être sportifs, après tout !
Dernière petite chose que j’ai déjà écrite dans mes autres réponses. L’enfant dans la lune « s’évade » et s’ancrer au sol est pour lui un problème tellement massif (pour ses parents aussi ;) qu’il semble ingérable. Une des solutions est de découper le pb en morceaux. Il n’aime pas les groupes ? on invite un copain à la fois. Il n’aime pas le sport ? On va juste à deux à la piscine et on encourage ses progrès, etc… des petites choses, sur de petits temps mais où l’attention est demandée à 100%... Il le fait bien pour la harpe ! Donnez de vos nouvelles ! Bonnes fêtes ensemble.
Ecrit par : Anne Leguy | 15.12.2008
Bonjour!
Maîtresse en CM1 et maman de 4 enfants dont 2 "lunaires" je n'ai évidemment pas plus de recette que vous tous ici...pourtant je remarque, malgré la diversité de ces enfants dits "dans la lune", un point commun sur lequel l'adulte peut avoir une "légère" prise. Ce sont presque toujours des enfants qui entretiennent consciemment ou non une relation très particulière à l'espace-temps.
"Cet ICI, et ce MAINTENANT m'appartiennent. Rien ni personne ne peut m'en priver"
Peut-être est-ce là une piste à suivre. Rassurer l'enfant, lui dire que oui, ce présent lui appartient, qu'il est même nécessaire et signe de fertilité intellectuelle et émotionnelle.
Le rassurer encore en lui affirmant que non, nous n'avons aucun droit sur son territoire intime, mais qu'il peut très bien préserver cette part d'intimité si riche et précieuse tout en partageant par ailleurs et en avançant en même temps et aux côtés des autres.
A bien y réfléchir, aujourd'hui, dans le quotidien de l'enfant, il existe peu de lieux et de moments consacrés à la vie intérieure et intime. Pourtant ce besoin d'intériorité est un des besoins fondamentaux de l'homme. Ces enfants là le sentent intuitivement et se protègent peut-être par peur d'en être privés?
Ecrit par : Ostiane | 18.12.2008
Merci bcp Ostiane de vos contributions. C'est donc bien le grand paradoxe. Les enseignants nous alertent parce qu'ils considèrent, vu de leur obligation de mettre en rythme 30 élèves ensemble, que ces enfants dans la lune "ne sont pas là" et souvent gênent la classe. Alors qu'ils sont intensément là, présents à eux-mêmes, champions d'une intériorité dont les autres ont perdu le fil ! Trouver comment les amener à placer cette excellence dans le champ opératoire d'une classe : big problem !!! Ce que je répondais à Floc'h : bcp de parents rêveraient (sic) d'avoir un enfant violoncelliste et heureux (re-sic) de l'être...
Ecrit par : Anne Leguy | 19.12.2008
BONJOUR
Je vous remercie de vos conseils et vous apportent des nouvelles de mon fils.Ces temps si tout va mieux pour lui au niveau relationnel.Les enfants pas sympas avec lui ont étaient convoqués avec la cpe.Mon fils était présent.La conseillère a mis carte sur table et les élèves aprés qu'ils se soient excusés lui ont proposés de se joindre a eux pendant la récré.Il a accepté et tout semble bien se passer.Je dis souvent a mon enfant qu'il est celui de mes songes et je suis tellement fière de lui.C'est juste que c'est pas facile ni pour lui ni pour nous de gérer les dires ou les faits des autres par rapport a ces voyages sur la lune et ce depuis la petite enfance.Pour l'instant ce qu'il a vécu auprés de ces camarades,ces profs,et aussi ces parents, ne semble pas l'avoir affecté plus que cela.C'est lui qui nous a demandé un jour de pratiquer de la harpe et je peut vous dire que c'est nous qui voyageons quand on le regarde jouer, tandis que lui est bien présent a se dire "place bien tes doigts","attention a ta position","pas de fausses notes".Eh oui!!!je peux le dire aujourd'hui,aprés avoir cherché et encore cherché des solutions pour ramener notre enfant sur terre il nous fait un beau "pied de nez".
Ecrit par : floc'h | 19.12.2008
bonjour à tous
il y a aussi plein de petites filles dans la lune, et c'est une ancienne enfant qui vous parle ! j'ai été une fillette puis une adolescente absente/présente au monde et encore maintenant mon "manque de concentration" (tu parles, il s'agit en réalité d'une fabuleuse capacité à s'évader) me joue des tours dans le monde du travail, avec ma famille, dans la vie sociale en général. j'oublie, je n'écoute pas, je suis décalée dans mes interventions, je me trompe alors que c'est évident pour tout le monde. même si la honte me cloue encore parfois sur place, je suis quand meme heureuse d'etre fraiche et candide :). j'ai fait de mon "défaut" mon travail et mon approche est appréciée par mes clients (je suis consultante en évolution professionnelle)
une indication : mon père est ainsi, sa mère l'était, la mère de sa mère... Des générations de moqueries, vous pouvez imaginer !
Et pourtant nous sommes porteurs d'une histoire des décalés, des différents, qui colore notre famille d'un petit air bien à nous (peut-etre que je dis ça pour me rassurer)
solidairement
anne
Ecrit par : anne g | 21.01.2009
Merci pour ce témoignage inédit ! La sublimation est en effet un chemin qui requiert de s'émanciper du regard des autres. Ce qui n'est pas évident pour tout le monde. Vous semblez y parvenir très bien. De toute manière, il ne me semble pas envisageable d'éradiquer en soi-même cette étrange compétence. Ce n'est pas souhaitable car il y règne aussi des richesses (cf les échanges précédents). Toutefois, la découverte pour les petits enfants (et les plus grands) de la notion d'"ici & maintenant" est aussi très enrichissant. Bien que cela passe pour un paradoxe, les "décalés" sont souvent très doués pour la centration, la méditation, le recueillement personnel. Tentez pour voir ! vous serez surprise de découvrir en vous d'autres chemins où vous excellez aussi... Bonne exploration ;)
Ecrit par : Anne Leguy | 21.01.2009
Bonjour,
Quelle joie de lire tous vos commentaires etde voir les nombreuses similitudes avec l'une de mes filles Lou-Anne. Elle va avoir 7 ans, elle est en CP.
depuis le moyenne section, elle est "dans la lune" comme disent les diférentes maitresses qu'elle a eu.
Elle est pourtant bonne élève, elle savait lire avant d'entrer en cp, elle comprend les choses très ite et pose beaucoup de questions sur des sujets qu'elle n'abordera pas tout de suite. Elle joue du violon depuis 2 ans et son prof tient le même discours.
mais elle a une imagination débordante, elle invente des histoires, des machines infernales, des morceaux de musique...
cependant à l'école, elle est souvent en retard dans son travail même si sa maîtresse la trouve très bonne élève.
je m'inquiète pour la suite quand elle devra prendre des notes ...
sa petite soeur me semble plus terre à terre mais qui sait ? après tout étant petite, mes parents disaient aussi que j'étais dans la lune...
Bonne continuation à tous ces grands imaginatifs !
Ecrit par : sandrine | 09.02.2009
Merci Sandrine !... Un message qui débute par "Quel bonheur" est un bon moment à partager. Si nous comprenons bien (vous êtes beaucoup en copie de cette discussion), c'est que votre fille est en questionnement, pose sa motivation sur l'âpre apprentissage du violon, invente des machines. Et elle a la très grande chance de pouvoir compter sur votre compréhension. Sa petite soeur bien campée dans la réalité ? Songez à faire de cette différence un potentiel mutualisé : l'une apportera la légèreté, la capacité à "lâcher prise", élaborer des "machines" ; la grande gagnera à faire quelques processus d'organisation version cadette. Faites paser le message : nous ne sommes pas tous (toutes) organisé(e)s de la même façon. Côté école, il vous faudra créer des chemins. Regardez de temps à autre ce blog. Je vais tenter de vous faire une petite check-liste à mettre en oeuvre. Si vous avez le temps, emmenez-la au concert écouter un violoniste sur scène. Ce pourrait être un bel ancrage dans la réalité ;) Elle lit ? Mais que lisent les filles ???
Ecrit par : Anne Leguy | 09.02.2009
Bonjour,
Mon fils vient d'avoir 6 ans, et son côté lunaire (je dois parfois l'appeler 3 fois - et en hurlant - pour attirer son attention... - je précise qu'il n'a pas de problème d'audition) commence à poser probléme à l'école.
En effet, il semble que d'une part il n'écoute pas toujours les consignes, et d'autre part qu'il n'arrive pas à se mettre au travail quand c'est demandé. par ailleurs, il est peu participatif quelque soit l'activité.
A la maison, c'est un "autre enfant" : trés joueur, manisfestant un caractère bien trempé, toujours prêt à nous proposer un spectacle de son cru.
Que faire?
Ecrit par : Isabelle | 12.02.2009
Je suis heureuse de tout ce que je viens de lire !
oh combien !
Je suis l'heureuse maman de deux enfants
une file de 4 ans et un garçon de 6 ans qui passe sa vie la tête dans la lune... hier j'ai eu son bulletin de 2nd trimestre qui me le dit texto "N. est dans la lune"....
il le sait et quand je lui dit il me réponds "et alors c'est joli la lune..."
Mon fils fait un peu "décalé", il est très sociable, très apprécié.
il est très bon en maths et pour le peu de géométrie qu'il a déjà fait, il s'en sort très bien (il cherche chaque jour le métier ou il ne pourra faire que des maths sans écrire de Français....)
le hic serait plutôt le français ou il faut se concentrer sur un texte... l'écriture aussi ou il passe un temps infini a écrire pour bien faire ses lettres....
il va depuis un mois chez une psychomotricienne... qui lui fait faire de la relaxation... moi qui ai toujours cru que mon fils était relax, en fait il en ressort qu'il est très anxieux... ce que je ne pensais pas.
En tous les cas merci de vos participations, je me sens moins seule depuis ce matin !
Ecrit par : Pascallle | 31.03.2009
Bonjour Pascalle, Merci de votre enthousiasme. D'abord vous dites être "heureuse maman" ce qui augure bien de la douceur dans votre relation avec vos enfants. Bravo pour le travail avec la psychomotricienne. Oui, je pense qu'il y a parfois chez les lunaires une petite stratégie d'évitement des relations. Tranquilles dans leur monde, ça les angoisse moins. La question des copains est souvent pour eux un défi. Pour l'écriture, lisez ma réponse à Sabine le 15/03/2008. Disons que pour le Français en général, il y a aussi des pistes. D'abord, peut-on faire des maths ou de la géonétrie (du moins scolaires) sans comprendre les énoncés, argumenter aussi un calcul ? Passez par l'étymologie avec les matheux marche très bien. C'est la langue dans sa logique. Passez par les maths pour faire du Français. Offrez-lui des livres documents sur les sciences. Mais après tout il n'a que 6 ans !!! Je vous propose de consulter la rubrique "enfant lecteur" de ce blog. Ce serait mieux qu'il ne bloque pas sur le Français qui irrigue l'enseignement de bien d'autres matières. Regardez aussi en rubrique "Vivre ensemble" l'article sur la cuisine (du 26/07/2006) : alliage des maths et du Français assuré !!!. Mademoiselle sa soeur a sans doute choisi en contre-balancement d'être "terre à terre" et organisée ? Ou êtes-vous à la tête d'une fratrie de ballons d'Hélium ??? Donnez-nous des nouvelles.
Ecrit par : Anne Leguy | 31.03.2009
je vais me plonger avec plaisir dans ces lectures
et oui sa petite soeur (protégée avec soin par mon grand lunaire) est très "terre à terre" et rappel son frère a l'ordre.
ils s'entendent à merveille.
elle est maniaque et très organisée... et lui malgré tout est relativement bien organisé....
cela dit il se consacre a certains jeux (légos essentiellement) et les autres jeux restent sagement a leurs places....
il aime les jeux de société aussi, mais part vite dans des "délires" ou les pions attaqueraient bien les autres avec des engins spaciaux (et il part de la table pour aller construire son engin spacial... qui est toujours très bien fait !)
je vais lire vos pistes de ce pas !
merci pour votre réponse.
Ecrit par : Pascallle | 31.03.2009
Bonjour,
Cela me fait un bien fou de lire tous ces témoignages... Je suis la maman de deux adorables loulous : un garçon de 6 ans 1/2 et une fille de 4 ans. Mon fils est cette année au CP, et a toujours, selon moi, été un "un bébé et un enfant tranquille, doux et très calin..."... Je me suis toujours dit que c'était son caractère, qu'il était comme ça... Après la naissance de sa petite soeur, quand celle ci a commencé à grandir, je me suis aperçue qu'elle était beaucoup plus vive, qu'elle avait sans doute les pieds sur terre, qu'elle était plus "présente"... que son frère... Cela s'arrêtait là ! Le problème, cette année, ce sont les bulletins scolaires qui répètent inlassablement "est hors classe", "paraît trop souvent ailleurs", "aucune participation orale"... Cela me navre ... pourquoi ai je ce ressenti devant ce que l'on se permet de juger (trop vite?)... Il a appris à lire en trois mois, comprend tout ce qu'il lit, n'a aucun problème de compréhension en maths... est capable de mémoriser l'orthographe de plusieurs mots... Faut il à tout prix rentrer dans un moule ?? Est ce moi qui le "sur-couve"? La situation se dégrade, nous en venons à nous disputer, son père et moi sur ce point... dommage ? ou suis je aveugle ? nous aimons parler avec notre fils, tous les gens qui le connaissent également... C'est un enfant charmant, intéressant, dans la lune, certes... Je ne remets pas du tout en cause les méthodes de son institutrice... mais que faire ??
Merci pour votre réponse !
Ecrit par : Marjo | 19.04.2009
Je rajoute juste pour info, qu'il fait partie d'une bonne bande de copains qu'il voit régulièrement ailleurs qu'à l'école, (club de sport co, anniversaire, invitations..), mais part souvent dans des "délires" pendant les entraînements : "danse et chante" pendant que l'entraîneur forme les équipes par exemple... :X...
Ecrit par : Marjo | 19.04.2009
Bonjour !
Très agréable, de lire vos témoignages si positifs ! Car à moi, tout me paraît si compliqué. Ma fille de 6 ans est "un peu spéciale", "lunaire"... "dans son monde"...
Elle passe du temps à raconter des histoires, à répéter ce qu'elle a appris à l'école. Apprendre à lire est un plaisir infini : une occasion supplémentaire de s'isoler. Elle retient, emmagasine un vocabulaire délirant, ressasse, récite, et tout ça avec une jouissance manifeste. L'école se passe à merveille.
--- MAIS --- ma Félicie ne sait pas ranger sa chambre. Elle ne retrouve jamais les objets qu'elle a laissés. Lui demander de sortir du bain est une agression dont elle se défend avec véhémence. Mettre ses chaussures ou son manteau n'est jamais une priorité, même si toute la famille l'attend déjà dehors. Manger proprement n'a aucun intérêt à ses yeux. Renverser son verre est quasiment quotidien. Les bons usages envers les adultes lui échappent totalement. La coquetterie coutumière des enfants de son âge lui importe peu. Devenir une grande fille ne l'intéresse qu'à moitié : rester au lit avec un livre et ses figurines, là c'est le bonheur.
Bien pire pour nous parents : bien qu'ayant une bonne audition, Félicie ne nous ENTEND PAS.
Les situations de conflit sont donc fréquentes. La tension monte, je crie, je menace. Je la secoue. Félicie devient très réactive et défensive. Ses réactions sont parfois violentes, toujours impulsives.
Surprenante enfant qui passe des heures à jouer seule en chantonnant mais qui peut faire des colères redoutables ! Difficile à suivre pour beaucoup d'adultes qui tentent de la catégoriser : calme ? capricieuse ? mal élevée ? autonome ?
Toujours est-il que nos relations sont polluées par la difficulté à appartenir au même univers, à être dans le même mouvement. Je suis inquiète pour elle et irritée par sa façon systématique de se "soustraire" à moi.
(Félicie a un petit frère de 3 ans beaucoup plus ancré aux réalités matérielles)
Certains amis ou voisins nous jugent trop sévères, ou pas assez. Faut-il que je m'assouplisse ?
-- Précisons qu'elle a eu une maladie très grave (méningite à pneumocoque) à 1 an. Pas de séquelles neurologiques à notre connaissance... mais un vrai choc psychologique à l'échelle de la famille ! --
Ce message est long. Merci à ceux qui voudront bien le lire et y répondre. Je me sens parfois très désemparée. Je voudrais être plus sereine. J'attends vos conseils avec impatience.
Ecrit par : Adélaïde | 27.04.2009
Bonjour Adélaïde,
Vous comprendrez que ma réponse n’est évidemment pas de l’ordre de la consultation mais de pistes que je voudrais vous confier, à partir de votre texte.
Votre fille est très lunaire, comme vous l’indiquez, avec cet avantage que beaucoup de parents doivent vous envier : au lieu d’être un handicap en classe, votre petite fille fait merveille à l’école. C’est donc qu’elle s’y sent bien, « nourrie » intellectuellement, ce qui semble une priorité chez elle.
On peut imaginer que sa maladie, quand elle était bébé, a modifié votre interaction parent enfant. Sans forcément la protéger, peut-être l’avez-vous laissée installer comme bon lui semblait, le code de conduite que désormais elle édicte par elle-même et pour elle-même. Elle semble, selon vous, disqualifier votre parole de parent, ne pas vous entendre, voire juger vos interventions comme une agression.
Il y a donc entre vous un réel quiproquo sur l’autorité et une inversion des rôles. Elle teste son pouvoir en faisant attendre la famille et sans doute ne répare-t-elle pas le problème du verre d’eau quotidien. Quelqu’un le fait à sa place, en menaçant. Vous sans doute, demain son frère, si terre à terre.
Si vous vous sentez désemparée devant cette situation, il me semble qu’il serait souhaitable de consulter un psychologue. Votre fille a certainement un fort potentiel, qu’elle ressent peut-être intuitivement. Sa manière de l’exprimer est de prendre le pouvoir sur les autres.
L’un des chemins possibles en attendant une consultation avec une tierce personne professionnelle, c’est de pratiquer un peu d’interaction.
Tu ne veux pas sortir du bain ? Je t’informe que le dîner débute dans 10 minutes. Si tu ne sors pas du bain et n'es pas à table dans 10 minutes, c’est ta responsabilité : je ne réchaufferai aucun plat pour toi. Elle finira par sortir de son bain froid et vous n'aurez pas cédé, ni fait de commentaire. Elle aura de quoi méditer.
Tu ne mets pas tes chaussures ? Nous avons décidé d’aller à tel endroit en famille, pas de problème, tu iras en chaussettes.
Il vous faut rompre avec cris & menaces. Toutes les situations que vous décrivez sont créées dans le seul but de vous faire précisément « sortir de vos gonds ». C’est de l’ordre de la vérification que vous êtes préoccupée au plus haut point de sa personne. Reprenez de la distance. Laissez-la devant ses contradictions. Et prenez rendez-vous si vous avez besoin d’être épaulée. Donnez-nous de vos nouvelles.
Je vous suggère un autre de mes articles : "T'en veux une ? Non, merci"http://heureux-a-l-ecole.blogspirit.com/archive/2007/08/28/t-en-veux-une-non-merci.html
Ecrit par : Anne Leguy | 28.04.2009
Merci beaucoup de votre réponse complète et très juste.
À la relecture de mon message je m'aperçois combien il était négatif. Sans doute l'ai-je rédigé à un moment de grande lassitude !!! :-)
Car j'adhère totalement aux conseils de bon sens que vous m'apportez ici. Malgré le texte alarmiste que j'ai rédigé, il existe un rapport de confiance entre Félicie et moi, son papa, son petit frère. Il reste vrai que les ultimatums du type "débrouille-toi, dans cinq minutes nous partons" sont monnaie courante chez nous. On peut dire que ça marche... relativement, puisque nous continuons à y avoir recours !!!
Je reste l'heureuse maman de cette grande fille si spéciale, malgré des moments de doute. C'est compliqué de grandir, et c'est complexe d'être parent.
Félicie est vive et calme, inventive et bricoleuse, très sociable avec les autres enfants, disciplinée en groupe, généreuse... et, à l'occasion, un peu revêche avec ses parents ! Aujourd'hui, il me semble que sa capacité à ne pas se plier au groupe est un grand atout. Son maître d'école l'a d'ailleurs fait remarquer comme une qualité et non comme un problème. Alors, l'un dans l'autre, je suis assez fière d'elle.
Autant dire que je regrette un peu le portrait que j'en ai fait dans mon texte précédent. Précisons également que la phrase "je la secoue" est du langage figuré (!!!) : il y a suffisamment de médiation dans ma famille pour éviter des situations de violence physique, même quand la tension monte. J'imagine combien lourde est la tâche pour un parent seul. Il me semble que la place du papa est trop souvent oubliée, ou reléguée à un rôle de recadrage quand les choses dérapent.
Je serais vivement intéressée de savoir ce que vous pensez de cette question de l'équilibre père-mère. (Chez nous, c'est crucial : nous avons des rythmes de travail à peu près équivalents et notre implication dans les tâches de gestion de la maisonnée aussi. Chacun se sent donc libre de se reposer sur l'autre et de dire quand il se sent mal.)
Merci encore pour vos articles et vos réponses, très éclairants et très justes.
Ecrit par : Adélaïde | 14.06.2009
Bonjour,
je me permets de vous écrire, tout d'abord pour vous féliciter tous pour vos commentaires, qui m'ont fait passer du rire aux larmes. Le rire, car, dans beaucoup de situations que j'ai lues, j'y ai retrouvé mon petit garçon. Et les larmes, presque de soulagement, de comprendre que nous ne sommes pas seuls à vivre ce genre de difficultés.
Nous sommes les parents de 3 adorables frimousses : 2 garçons de 6 et 3 ans 1/2, et une petite fille de 9 mois.
Notre inquiétude majeure, réside dans le comportement de notre fils aîné, entré au CP cette année, qui semble toujours ailleurs. En décalage. Il faut sans arrêt lui répéter les choses. Chaque matin, je ressasse les mêmes paroles.
C'est un petit garçon très sensible et très éveillé, qui s'intéresse à beaucoup de choses. En fait, il n'en a jamais assez. Il est donc très bavard, et pose énormément de questions de toutes sortes. Il a un besoin impressionnant de s'exprimer. Ce qui paraîtparadoxal, c'est que lorsqu'il s'agit de faire des choses pour lesquelles il n'a aucun intérêt, il "zappe" complètement.
Au début, je prenais cela pour de la fainéantise, mais, je me rends compte qu'il est complètement déconnecté de la réalité. Tête en l'air, dans la lune...Le matin, (je précise qu'il aime aller à l'école, mais pour apprendre, selon lui, car d'après lui, il n'a pas de copains, et passe plutôt ses récréations à s'ennuyer), il est capable de sortir de la maison sans son cartable. Et lorsque je fais l'expérience de voir jusqu'où il va avant de se rendre compte qu'il lui manque quelque chose), en général, son petit frère de 3 ans, est déjà sorti avec le cartable à la main en lui faisant remarquer qu'il a "encore" oublié son cartable...
Il s'en sort très bien à l'école, il lit, et a aussi un très bon rapport avec les chiffres. La maîtresse ma dit qu'il partcipe. "Trop" selon elle. Il ne semble pas à la traîne pour ce qui est de l'apprentissage, mais plutôt pour l'execution des tâches. Il s'applique énormément en écriture, ce qui lui fait perdre beaucoup de temps, car si la lettre ou le mot qu'il a écrit ne lui conviennent pas (même si c'est lisible), eh bien, peu importe le temps que cela lui prendra, il recommence. Cela peut donc durer très longtemps. Et si je lui interdis de recommencer (par exemple lors d'une dictée, il se braque, et réagit de façon démesurée : grosses larmes, et tristesse qui semble excessive...).
Il nous arrive souvent de "ne pas être sur la même longueur d'ondes". Je lui pose une question, et en réponse, il me parle de tout autre chose (bien souvent un sujet dont on avait parlé bien avant, mais que je croyais clos, depuis longtemps...)Et peu importe le contexte : s'il a envie de me parler de son dessin animé préféré ou de savoir pourquoi Ravaillac a tué Henri IV, suite à une discussion qu'on a pu avoir auparavant. Eh bien même si on est très pressé, ou que je suis très occupée (par exemple si sa soeur pleure à côté et que manifestement elle a besoin d'aide, ou que le téléphone sonne, voire que je suis en pleine discussion avec mon mari), ça ne le dérange pas du tout de nous interrompre, et je vous dirais même que je suis convaincue qu'il ne se rend pas compte des situations d'urgence ou de priorités...Ayant eu un problème de santé à la naissance, il est suivi par un ORL tous les 6 mois. J'en ai vu plusieurs (dans le doute), et son audition est parfaite...
Concernant les camarades, depuis son entrée en maternelle, c'est quelque chose qui nous interpelle : il semble qu'il ne parvienne pas à se faire de réels copains. Il ne parvient pas à s'imposer, à sintégrer. Lorsqu'ils sont en groupe, il se sent toujours obligé de se plier à la volonté des autres, et ne dirige jamais le jeu, il est presque soumis aux autres pour pouvoir jouer avec eux. Si bien qu'il préfère parfois jouer seul, car les jeux des autres enfants ne l'intéressent pas toujours, il se crée donc un monde à lui....
Lorsque j'en parle aux institutrices (et ce depuis le début), elles me répondent que ça viendra (de jouer avec les autres), mais je me rends bien compe que mon petit garçon n'est pas comme les enfants de son âge. Le corps enseigant ne se rend compte de rien, car c'est un enfant très sociable avec les adultes, il n'a pas peur de les aborder et de discuter avec eux.
Je fais appel à vous pour obtenir des conseils, car nous sommes attristés et ne savons pas quoi faire, conscients que la situation ne dépend pas de notre enfant.
Je me dis que se suis probablement responsable de cette situation. Etant l'enfant aîné, je l'ai peut-être trop couvé. Faisant tout moi-même pour aller plus vite...
Le pire, c'est que lorsque je le gronde parce qu'il n'a toujours pas mis ses chaussures, par exemple, et qu'il finit par en prendre conscience, il finit par les mettre, sans se presser le moins du monde...Je souffre beaucoup de cette siuation parce que j'ai l'impression de toujours crier sur mon enfant, et le pire est que je suis persuédée qu'il en souffre aussi.
Merci d'avance pour votre aide.
Ecrit par : galtier | 28.09.2009
Bonjour « Galtier », désolée de ne pas vous avoir répondu plus tôt mais votre commentaire était long et riche, requérant de ma part un peu de temps pour y réfléchir.
Je pense effectivement que vous avez du déjà trouver des pistes dans tout ce qui est écrit précédemment.
Votre présentation commence magnifiquement par l’évocation de votre tribu de 3 frimousses.
Comme toujours, ce que j’avance ici est plus le déroulement de quelques fils qu’une consultation personnelle.
Je remarque que votre Monsieur LaLune est l’aîné.
Il est « ailleurs » quand les autres parlent mais omniprésent quand lui s’exprime. Et il parle beaucoup pour envahir l’attention des autres. C’est souvent le cas des aînés qui ont vécu l’arrivée des cadets comme une invasion. C’est leur réponse : ils s’absentent parce qu’ils traduisent l’attention portée aux cadets comme une perte absolue de relation avec le parent. Et pour vivre cette relation au parent, ils sont à leur gré dans la surenchère de demande d’attention. Vous le dites : même si sa sœur pleure, rien n’arrête sa prise de parole. Prendre du temps pour lui faire faire une activité seul avec vous (papa ou maman) l’obligera à être « présent », à investir l’instant.
Parler, parler, c’est peut-être aussi parce qu’il a un exemple très proche de lui ! Voyons un peu :
Vous n’en pouvez plus de « ressasser les mêmes choses » ? Ressasser les mêmes choses, c’est en amoindrir le relief, donc la portée. Vous lancez votre disque qu’il connaît par cœur, donc il ferme les écoutilles. Plus vous parlez, plus il zappe. Plus vous montez le ton, plus il y trouve de l’importance. Vos paroles respectives perdent en audition mutuelle. Je me permets de vous renvoyer à mon article : Pourquoi une bonne note est une chance. Ne pas crier, faire ou refaire. http://heureux-a-l-ecole.blogspirit.com/archive/2008/03/20/pourquoi-une-mauvaise-note-est-une-chance.html
J’en viens donc à l’une des pistes « productrices de changement ». Il va s’agir de faire en parlant moins. Car l’enfant lunaire, finalement, organise son confort dans cette « distorsion » de la communication auditive (de fait « son audition est parfaite » !!!). Ils sont souvent d’ailleurs visuels. Mais pas du tout « kinesthésiques », c’est-à-dire à l’aise avec leur schéma corporel et l’agir. J’ai déjà signalé combien la psychomotricité leur apporte cette reconnexion pensée-action. Vous dîtes encore qu’il est excellent en classe mais peu dans les processus.
Il excelle intellectuellement. Mentalement, il est mieux avec les adultes, car à élaborer comme ça tout seul en se posant des questions sur Ravaillac, il est certain qu’il est en décalage avec ses contemporains. Ainsi, il s’écrase face au groupe de copains (« soumis aux autres pour pouvoir jouer avec eux »). Comme avec vous, il n’a pas le code pour « prendre sa place », agir et être. Donc, il s’enfuit par l’esprit. Avoir une meilleure estime de soi. Vous avez en belle perspective de parent de lui rouvrir ce chemin-là : « aie confiance en toi » et de souligner toutes ses petites victoires d’organisation. Aidez-le dans ce sens en étant moins contrôleur et plus partenaire. On va faire ton cartable ensemble. Quand tu vas prendre ta douche, je t’apprends le process : prends une serviette à proximité, prépare le vêtement que tu mettras ensuite, etc… Réapprenez ensemble des process, des chemins, comme si vous lui appreniez à marcher sur une corde. Etape par étape, sans vous énerver. Prenez ce temps-là mais « of course », pas le matin où vous êtes pressés.
Enfin, tout votre texte laisse supposer qu’un test de précocité pourrait être envisagé, avec toutes les réserves à poser sur ces tests.
Cher Galtier, j’ai écris « Heureux à l’école » avec cette idée : nous pouvons faire baisser la pression en décryptant des situations de la vie ordinaire. Evidemment pas béatement en étant toujours « heureux » à l’école, mais moins sous tension, plus à l’aise, en tout cas. Donnez-nous de vos nouvelles !!!
Ecrit par : Anne Leguy | 22.10.2009
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