18.11.2008
Découvrez la joie des maths avec Thérèse Eveilleau
« J’aime pas les maths ! », est un théorème bien connu de votre littéraire Isaure, suivie par son frère Gustin qui, tel un chœur antique, surligne : « Ben, moi non plus ». Je vous ai trouvé la sorcière bien aimée spécialiste de la question : elle se nomme Thérèse Eveilleau.
Je ne connais pas Mme Eveilleau, ce qui me rend très libre de plébisciter son blog consacré aux maths. C’est la prof dont nous avons tous rêvé. Voilà pourquoi.
Un puits de science éclairé comme un phare
Il y a des puits de sciences dont les discours, tels des puits sans fond, assurent notre attention d’une noyade certaine. Après dix minutes, on décroche, par manque de bases mathématiques pour suivre. Et puis, la vie et le surf sur Internet, vous amène un jour à rencontrer Thérèse Eveilleau. Elle vous prend par la main et vous démontre, écrans animés à l’appui, que les mathématiques sont passionnantes. C’est aussi en totale adhésion avec l’histoire, l’histoire des idées, les progrès et les recherches des hommes, leurs découvertes fortuites ou implacablement construites. Car cette enseignante d’Alençon est aussi détentrice d’un DEA « Informatique en Intelligence Artificielle » à Caen. Ce n’est pas un détail : grâce à ces compétences agrégées, si on peut dire, son site vous explique les grands principes mathématiques, mais vous fournit aussi des explications animées. Mieux, elle vous invite à tenter vous-même des expériences.
A découvrir en famille
Avec ce site, on sait quand Isaure et Gustin vont se connecter. Mais il est fort à parier que vous allez avoir des difficultés à les décrocher. Car il est facile de passer d’une découverte ou d’un principe à un autre. Je préconiserais de débuter par la magie où certaines expériences sont bluffantes.
Mais toutes les rubriques sont passionnantes et leurs titres en disent long : Magie (dont des tours de télépathie), histoires, trucs, délices et paradoxes.
Le grand vertige, c’est de penser soudain que nous sommes passés à côté de toutes ces merveilles dans notre enfance. Mais si nous regardions dans la lucarne de Thérèse Eveilleau avec notre cher Gustin et notre formidable Isaure ?
Pas bête, allez-y, car il y a un trésor dans cette histoire : vous allez faire, expérimenter et découvrir ensemble. Rien ne rend plus heureux un enfant que cette expérience-là.
Le site de Thérèse Eveilleau
14:27 Publié dans Cahier de maths | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : maths, magie, théorème, mathématiques, science, calcul, pédagogie
12.03.2007
Le calcul à l'école? La réponse limpide de l'Académie
En vous disant « Un avis de l’Académie des Sciences… », je vous vois déjà tomber en narcolepsie. Et bien réveillez vos préjugés, je vous offre un petit texte limpide. Thème ? Ce que nos académiciens les plus matheux pensent de la place que le calcul devrait réellement avoir dans le parcours scolaire de nos petits enfants.
En relisant cette préconisation, je repense à la fin du film « Le bonheur est dans le pré » : les protagonistes questionnent agacés, un monsieur qui avait la solution à tous leurs problèmes :
- « Ben, pourquoi vous n’avez rien dit ? »
- - Ben, parce qu’on ne me l’avait pas demandé ! ».
Ici, un ministre - M. de Robien, avant d'entreprendre ses cartons - a eu l’idée de questionner des gens pertinents et peu tapageurs. Il faut farfouiller au fond du site Internet de l’Académie des sciences (à découvrir) pour extraire cette pépite intelligente, du reste bien tournée. « Elèves scientifiques de haut niveau, maîtrisant très bien la langue française et sachant travailler en groupe ». 20/20 pour nos académiciens ! Voici leur copie :
1. « L’amélioration souhaitable des performances en calcul à l’issue de l’école primaire requiert des mesures significatives mais prudentes, accompagnées d’analyses plus approfondies et d’expérimentations.
2. Le calcul doit s’enseigner en étroit contact avec les autres matières : français, sciences de la nature, géographie, musique, sport, afin de se référer à des situations concrètes, indispensables compléments et supports du développement des capacités abstraites.
3. Son apprentissage, s’appuyant sur une intuition arithmétique présente chez tous les
jeunes enfants, suppose effort mais aussi jeu. La mise en place d’automatismes
s’accompagne de représentations mentales nouvelles, elle implique réflexion et
compréhension. L’automatisation ne peut qu’être le résultat ultime et naturel d’une
pratique régulière et bien comprise du calcul.
4. L'enseignement du calcul doit commencer par une pratique simultanée de la numération et des quatre opérations, une gradation en complexité se faisant entre maternelle et fin de primaire, jusqu’aux nombres décimaux et aux fractions.
5. La capacité en calcul se développe selon plusieurs modalités, toutes pertinentes, nécessaires et complémentaires :
- calcul mental,
- calcul posé écrit,
- calcul approché,
- calcul instrumenté.
Le premier, omniprésent dans la vie quotidienne, développe la mémoire ; le deuxième, riche de développements ultérieurs, est important pour la structuration des connaissances ; le troisième est essentiel dans les sciences de la nature et la manipulation des ordres de grandeur ; le quatrième doit trouver sa juste articulation avec les autres modalités. Toutes ces modalités de calcul doivent être maîtrisées par le citoyen.
6. L’apprentissage du calcul ne saurait être développé indépendamment de celui de la géométrie. Les liens entre géométrie et calcul doivent être introduits très tôt, d’autant plus que tous ne sont pas immédiats pour l’enfant.
7. L’importance de la proportionnalité dans plusieurs champs disciplinaires, et singulièrement les sciences de la nature, requiert une maîtrise solide de la règle de trois en fin de primaire, et donc d’une certaine manipulation des fractions.
8. Tous les enfants peuvent calculer comme tous les enfants peuvent nager. C’est affaire de volonté, de travail et de plaisir. Les enfants aiment jouer, les jeux sont une source naturelle de calculs, parfois naïfs, parfois subtils, et le calcul lui-même peut devenir un jeu. Nous devons et pouvons avoir l’ambition que tous les enfants aiment le calcul.
16:44 Publié dans Cahier de maths | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : maths, pédagogie, calcul, arithmétique, sciences, culture, france







